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Les libéraux n’ont pas respecté leurs promesses, accuse Blanchet

logo de Le Devoir Le Devoir 2020-05-20 Hélène Buzzetti
Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, demande au premier ministre Justin Trudeau de respecter sa parole. © Adrian Wyld La Presse canadienne Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, demande au premier ministre Justin Trudeau de respecter sa parole.

Justin Trudeau vient de perdre l’un de ses alliés au Parlement. Le Bloc québécois ne s’engage plus à appuyer son désir de suspendre encore les travaux parlementaires, car il accuse le gouvernement libéral de ne pas avoir respecté les promesses qu’il leur avait pourtant faites en échange.

Les travaux parlementaires sont interrompus à la Chambre des communes depuis la mi-mars. Les élus siègent en nombre réduit uniquement le mercredi, et de façon virtuelle les mardis et jeudis. Et pour prolonger ces séances modifiées, M. Trudeau doit obtenir l’accord d’au moins un des partis d’opposition puisqu’il dirige un gouvernement minoritaire. Jusqu’à présent, il a pu le faire grâce à l’appui du Bloc québécois et du Nouveau Parti démocratique.

Mais l’entente actuelle prend fin lundi prochain et le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a prévenu mardi qu’il n’appuiera pas un nouvel accord à moins que le gouvernement Trudeau respecte une série de conditions.

« On veut continuer selon les règles particulières ; il faut juste que le gouvernement respecte sa parole », a argué M. Blanchet.

Le gouvernement a notamment fait adopter son projet de loi créant la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants en promettant au Bloc d’y inclure des incitatifs pour que les jeunes continuent de travailler. Trois semaines plus tard, les libéraux ont reconnu vendredi dernier qu’ils n’avaient pas modifié leur PCUE en ce sens. « Je trouve ça un peu ordinaire », a commenté M. Blanchet.

Son parti demande en outre que l’aide aux aînés soit bonifiée, tout comme celle aux entreprises, car il juge que le programme épongeant une part de leurs loyers commerciaux est mal ficelé et ne convient pas à un tropgrand nombre d’entrepreneurs.

Négociations

Les libéraux n’ont pas répondu aux demandes du Bloc québécois et ont refusé de dévoiler ce qu’ils proposent aux partis d’opposition — soit de poursuivre la formule actuelle ou d’augmenter le nombre de séances en personne. Les négociations se poursuivent en coulisses, dans l’espoir d’en venir à une entente d’ici lundi.

Mais déjà, le chef conservateur, Andrew Scheer, s’oppose lui aussi à la reconduction des séances modifiées, comme il s’y était opposé le mois dernier, car il exige que la Chambre reprenne enfin ses travaux en personne à Ottawa pour permettre notamment aux partis d’opposition de présenter eux aussi des projets de loi et des motions.

« Il fallait suspendre le Parlement pour protéger la santé de tous les Canadiens. Mais comme les provinces commencent à réduire les restrictions sanitaires et que les gens retournent travailler, nous devons faire la même chose », a argué M. Scheer. Il ne s’oppose pas à ce qu’il y ait également davantage de séances virtuelles, mais il estime que ces séances ne devraient pas servir à voter des projets de loi, et encore moins un budget.

Le premier ministre a cependant réitéré qu’il n’était pas prêt à voir le Parlement reprendre tout de suite ses travaux principalement en personne.

« Ma crainte c’est que, si nous reprenons [les travaux] avec un nombre réduit [de députés] sans des séances virtuelles, il y a beaucoup, beaucoup de députés de régions plus éloignées du pays qui ne pourront pas ou qui ne voudront pas venir à Ottawa pour protéger la sécurité de leur famille. Et que, conséquemment, certaines régions du pays ne seront pas représentées dans nos institutions démocratiques », a fait valoir M. Trudeau.

Aucun des partis d’opposition n’a réclamé, publiquement, que les Communes ne siègent désormais qu’en personne. Pour ne pas avoir à revenir à Ottawa lundi, il faudrait que les quatre partis s’entendent. Comme une telle unanimité ne semble pas possible, les députés voteront probablement alors une nouvelle suspension du déroulement parlementaire normal.

Pour cela, les libéraux n’ont besoin de l’appui que d’un seul des trois partis d’opposition. Mais ils admettent loin des micros qu’ils préféreraient obtenir l’assentiment d’au moinsdeux partis pour donner une image de collaboration.

Le Nouveau Parti démocratique n’a pas précisé sa position mardi.

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