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Moins de la moitié des gens allergiques utilisent leur Epipen

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2018-09-07 Delphine Jung
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D'après une étude, seuls 41 % des adultes et enfants faisant une réaction allergique alimentaire utilisent leur auto-injecteur d'épinéphrine avant de se rendre aux urgences. Un constat qui démontre que des campagnes de sensibilisation sont nécessaires.

Moins de la moitié des gens allergiques utilisent leur Epipen © Jim Bourg Moins de la moitié des gens allergiques utilisent leur Epipen

Un texte de Delphine Jung

La conclusion de cette étude est « décevante », d’après le Dr Moshe Ben-Shoshan, spécialiste en allergie et immunologie pédiatriques.

Elle a été menée entre 2011 et 2017 par Santé Canada, AllerGen, un réseau de recherche nationale, et l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM).

Les chercheurs se sont penchés sur 483 cas de réaction anaphylactique traités dans neuf services d’urgence canadiens.

Peur de faire mal

La peur de faire mal aux enfants avec l’aiguille serait la principale explication du bas taux d'utilisation.

« Les gens ont parfois aussi du mal à voir les symptômes et ils hésitent à s'injecter de l'épinéphrine. Ils redoutent d'éventuels effets secondaires, mais cette crainte n'est pas justifiée. Même si l'épinéphrine est administrée inutilement, il n'y a aucun risque. Le risque survient lorsqu'on ne se l'injecte pas », a expliqué Marie-Josée Bettez, présidente de Déjouer les allergies , un blogue d'information sur le sujet, dans une entrevue accordée à l'émission Le 15-18 sur ICI Première.

Par contre, la recherche a démontré que « les adolescents possédant un auto-injecteur d’épinéphrine au moment de la réaction anaphylactique étaient plus susceptibles de l’utiliser que les enfants plus jeunes ou les adultes âgés de plus de 20 ans ».

Pas un réflexe

Marie-Christine Beaupré, maman d’Audrey, une petite fille souffrant d’allergies alimentaires, raconte qu’elle n’a pas eu « ce réflexe » lorsque son enfant a fait une crise. Elle l’a plutôt amenée directement à l’hôpital.

Annie Gagnon a un fils allergique aux noix et aux arachides. Elle assure qu’elle n’hésitera pas à utiliser son Epipen en cas de crise.

« [Faire mal avec l’aiguille], ce n’est pas le genre de question que tu te poses quand ton enfant fait une crise sévère et qu’il ne respire plus », dit-elle.

Pour le Dr Ben-Shoshan, il faut faire connaître les signes et symptômes de l'anaphylaxie et mettre en place de nouveaux programmes d’éducation pour augmenter l’utilisation d’auto-injecteur d’épinéphrine.

Mme Bettez recommande également aux personnes allergiques de s'exercer avec un auto-injecteur disponible en ligne gratuitement et sans aiguille, pour développer les bons gestes.

L'étude révèle par ailleurs que parmi les cinq provinces visées, l'Alberta est celle affichant le plus faible taux d'utilisation d'auto-injecteurs d'épinéphrine.

Avec les informations de Yasmine Khayat

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