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Pénurie de main-d’œuvre : Québec lance une offensive de 3,9 milliards de dollars

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2021-11-30 Stéphane Bordeleau
Le premier ministre Francois Legault, entouré des ministres Jean Boulet et Danielle McCann, a annoncé un programme pour contrer la pénurie de main-d'œuvre au Québec. © Jacques Boissinot/La Presse canadienne Le premier ministre Francois Legault, entouré des ministres Jean Boulet et Danielle McCann, a annoncé un programme pour contrer la pénurie de main-d'œuvre au Québec.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a annoncé le lancement d’un programme d’allocations et de bourses de 3,9 milliards de dollars sur cinq ans pour aider les Québécois à se requalifier et pourvoir plus de 170 000 postes vacants dans des secteurs névralgiques.

Baptisé Opération main-d’œuvre», ce programme vise à pourvoir en priorité les emplois jugés essentiels ou stratégiques» répartis dans six secteurs d’activité, dont la santé, l'éducation, le génie, les services de garde, les technologies de l'information et la construction.

Des 170 000 postes qu'espère pourvoir le gouvernement, 60 000 jugés essentiels» se trouvent en santé, en éducation et dans les services de garde.

Les 110 000 autres postes qualifiés quant à eux de stratégiques» se situent dans les secteurs des technologies de l'information, du génie et de la construction.

Parmi les mesures phares de ce nouveau programme, le gouvernement Legault met en place une allocation de 475 $ par semaine – l’équivalent du salaire minimum – pour les personnes qui n’ont pas d’emploi actuellement et qui désirent suivre une formation ou se requalifier.

Cet argent n’est pas pour aller travailler, mais pour étudier dans les secteurs où il y a pénurie», a précisé François Legault.

Les travailleurs sans emploi pourront recevoir 475 $ par semaine pour la durée de leurs études pour se requalifier dans les secteurs prioritaires. © /iStock Les travailleurs sans emploi pourront recevoir 475 $ par semaine pour la durée de leurs études pour se requalifier dans les secteurs prioritaires.

Bourses d'étude

Par ailleurs, en vertu de sommes annoncées dans la mise à jour budgétaire du gouvernement de la semaine dernière, Québec offrira également des bourses d’études substantielles dans cinq secteurs aux niveaux collégial et universitaire, soit en santé, en éducation, en service de garde, en technologie de l’information ainsi qu’en génie.

Ces bourses-là vont être en place dès la prochaine rentrée scolaire, donc à l’automne 2022», a promis le premier ministre.

Au niveau collégial, ces bourses atteindront 1500 $ par session jusqu’à concurrence de 3000 $ par année.

Au niveau universitaire, les étudiants de ces programmes pourront toucher 2500 $ par session jusqu’à concurrence de 5000 $, et ce, pour toute la durée prévue de leur formation.


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Et cela, ça s’ajoute à tout le programme de prêts et bourses qu’on a déjà au Québec, qui est déjà le plus généreux au Canada», a ajouté François Legault.

Conciliation travail-étude dans les services de garde

Le gouvernement promet également des mesures pour accommoder l'alternance travail-étude pour les éducatrices en garderie. L'idée mise de l'avant consiste à pourvoir un poste à temps plein en y affectant deux personnes qui partagent leur temps entre travail et étude alternativement.

Les éducatrices pourront partager leur horaire en alternance entre le travail et les études qu'elles poursuivent. © Christian Milette/Radio-Canada Les éducatrices pourront partager leur horaire en alternance entre le travail et les études qu'elles poursuivent.

On est capable d’avoir, dès demain matin, des personnes qui acceptent de commencer à travailler dans un service de garde, qui travaillent grosso modo une semaine sur deux. Une semaine ils travaillent au service de garde et l’autre semaine ils sont en formation [...] Donc, avec deux personnes en alternance travail-étude, on est capable de combler un poste immédiatement», a expliqué le premier ministre Legault.

L’Opération main-d’œuvre» du gouvernement Legault comprend aussi des mesures pour inciter les personnes en fin de carrière à prolonger leur séjour sur le marché du travail, mais aussi à y faire revenir des retraités sans pénalités fiscales.

De son côté, Investissement Québec va continuer d'intervenir pour soutenir la productivité des entreprises québécoises, notamment en matière de robotisation, de numérisation et de formation de la main-d'œuvre pour arriver à produire plus avec moins d'employés», pour reprendre les mots de M. Legault.

Pas de hausse de l'immigration en vue

Pour plusieurs, le remède à la pénurie de main-d'œuvre passe par une augmentation significative de l'immigration. Or, il s'agit d'un pas que le gouvernement Legault n'est pas encore prêt à franchir dans la mesure où l'immigration représente un double défi au Québec, notamment en raison de l'apprentissage du français par les nouveaux arrivants.

Je veux rappeler qu’au Québec, on a 50 000 nouveaux immigrants par année. C’est plus que les États-Unis, toutes proportions gardées, c’est plus que la France, c’est plus que la majeure partie des pays au monde», s'est défendu François Legault.

N’oublions pas qu’on a un défi additionnel au Québec, seule société francophone en Amérique du Nord, d’intégrer les nouveaux arrivants pour qu’ils apprennent le français. Il ne faut jamais perdre ça de vue.»

Accueil favorable des dirigeants d'entreprises

Dans les rangs patronaux, on se réjouit du sérieux que Québec accorde au problème de la pénurie de main-d'œuvre qui, faut-il le rappeler, affecte actuellement de nombreux pays en Occident.

Karl Blackburn, président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec, se dit pour sa part rassuré de voir le gouvernement mettre autant d’efforts, d’énergie et de sommes dédiées à la pénurie de main-d’œuvre».

En consacrant ces milliards de dollars, le gouvernement prend les grands moyens», selon M. Blackburn, non seulement pour accroître la formation et la diplomation, mais aussi pour aider les travailleurs déjà sur le marché du travail à acquérir de nouvelles compétences.

On se réjouit que le gouvernement se montre ouvert à élargir éventuellement les secteurs d’activités visés aujourd’hui. Il y a plusieurs autres domaines tout aussi importants pour l’économie du Québec et ses régions, ajoute le président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec.

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