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QS réclame un «mini» revenu minimum garanti de 2000 $ par mois

logo de Le Devoir Le Devoir 2020-03-26 Isabelle Porter
La volonté d’introduire un revenu minimal garanti n’est pas nouvelle chez Québec Solidaire. Lors de la dernière campagne électorale, le parti avait promis d’en faire un projet-pilote s’il était élu. © Jacques Nadeau Le Devoir La volonté d’introduire un revenu minimal garanti n’est pas nouvelle chez Québec Solidaire. Lors de la dernière campagne électorale, le parti avait promis d’en faire un projet-pilote s’il était élu.

Québec solidaire suggère au gouvernement Legault d’offrir un revenu minimum garanti de 2000 $ aux Québécois à compter du 1er avril en attendant que l’aide financière fédérale arrive à destination.

 

«C’est une proposition concrète pour donner un peu d’air aux Québécois et Québécoises qui font les frais de la crise», avance le co-porte-parole du parti Gabriel Nadeau-Dubois. Ce «mini revenu minimum garanti» ou «revenu minimum garanti temporaire» serait offert à toute personne qui en ferait la demande.

 

Il servirait à «faire le pont jusqu’aux mesures fédérales» qui «vont prendre encore quelques semaines à se matérialiser».

 

Mercredi, le gouvernement Trudeau s’est engagé à verser une «prestation» d’urgence mensuelle de 2000 $ pendant quatre mois aux gens frappés par les conséquences du coronavirus.

 

Or il faudra attendre environ deux semaines avant que les chèques soient transmis, le temps de créer un portail pour traiter les demandes et les acheminer, note M. Nadeau-Dubois.

 

«Les factures, elles n’attendent pas», dit-il. «Nos bureaux de circonscriptions sont inondés [d’appels] de gens qui nous disent qu’ils ne seront pas capables de passer à travers des prochains jours, semaines.»

 

Une aide imposable

 

Les Solidaires ne sont pas les premiers à lancer l’idée. En entrevue à la Presse canadienne lundi, l’ancien Premier ministre libéral Philippe Couillard, a, lui aussi suggéré d’implanter un tel programme pour éviter que des personnes soient privées de revenus pendant la crise.

 

À cette étape-ci, Gabriel Nadeau-Dubois évalue que la mesure pourrait facilement coûter plus d’un milliard de dollars au gouvernement.

 

Mais il plaide que c’est un bon investissement. «Ce 2000 $-là, il s’en ira pas dans les paradis fiscaux ni dans les REER, il va être consommé, dépensé dans l’économie québécoise. Ça va contribuer à la faire rouler.»

 

Mais qu’en est-il des risque d’abus ? Étant donné que le programme proposé serait «universel» et sans condition, rien n’empêcherait des gens bien nantis de recevoir leur chèque.

 

Or la mesure serait «imposable», précise le député de Gouin. «Si des gens plus riches essaient d’en passer une petite vite […], ils vont le repayer à la fin de l’année en impôts.»

 

Pas question par contre de soustraire un tel montant des autres aides financières qui vont suivre. «Il faut accepter qu’il y ait des dédoublements dans certains cas mais c’est le prix à payer, je crois, pour qu’on n’échappe personne.»

 

Le mini revenu minimum garanti s’ajouterait aussi au chèque des assistés sociaux qui le demanderaient, d’ailleurs. «Les gens sur l’aide sociale font partie des victimes de la crise actuelle. Ce sont souvent des gens qui ont souvent recours aux banques alimentaires qui en ce moment sont à pleine capacité, des organismes communautaires dont certains sont fermés», juge Nadeau-Dubois.

 

La volonté d’introduire un revenu minimal garanti n’est pas nouvelle chez Québec solidaire. Lors de la dernière campagne électorale, le parti avait promis d’en faire un projet-pilote s’il était élu.

 

La formule a aussi été testée, ces dernières années, en Finlande et dans la ville de Hamilton en Ontario. Mais dans un cas comme dans l’autre, l’aventure a cessé à la suite de l’élection de gouvernements plus conservateurs.

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