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Un chauffeur de la STM devra s’expliquer pour son comportement envers un cycliste

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2018-04-13 CBC/Radio-Canada
Un chauffeur de la STM devra s’expliquer pour son comportement envers un cycliste © Stefan Popovic Un chauffeur de la STM devra s’expliquer pour son comportement envers un cycliste

Une vidéo tournée par un cycliste alors qu'il se déplaçait rue Sherbrooke, à Montréal, pourrait bien mettre un chauffeur de la Société de transport de Montréal (STM) dans l'eau chaude auprès de son employeur.

Stefan Popovic, 44 ans, habite et travaille rue Sherbrooke. Mercredi matin, il se rendait au boulot en vélo quand un autobus de la STM l’a doublé en le frôlant de près.

Il s’avère que le casque de M. Popovic était muni d’une caméra et que toute la scène a été filmée, puis publiée sur YouTube par la suite.

La vidéo est rapidement devenue virale.

On y voit le cycliste rattraper l’autobus afin de s’entretenir avec le chauffeur. « Passe un peu plus proche, la prochaine fois », lui lance de façon ironique M. Popovic. « Prend la piste cyclable en bas [rue Maisonneuve], le grand », lui répond l’employé de la STM.

« On a le droit de passer ici, pis toi, ta job , c'est de faire attention aux plus vulnérables », renchérit plus tard M. Popovic.

Le cycliste trouve inacceptable un tel comportement, surtout de la part d'un professionnel de la conduite. « C'est un exemple de rage au volant, carrément. Il s'est servi de son véhicule pour intimider. C'est un comportement dangereux, inadmissible », tranche M. Popovic.

Une plainte

L’incident, qui remet de l'avant l'enjeu du difficile partage de la route, a incité le cycliste de 44 ans à porter plainte à la STM. Il dit vouloir sensibiliser la société de transport et les automobilistes à l'importance de respecter les distances légales de dépassement d'un cycliste.

« Ça m'est arrivé quelques fois des autos qui passent proche, qui passent trop proche, raconte-t-il. C'est arrivé quelques fois, mais pas avec un autobus, ça, c'est sûr. »

Depuis quelques mois, M. Popovic, qui se décrit comme un cycliste expérimenté et prudent, filme d’ailleurs tous ses déplacements à vélo afin de documenter sa vie de cycliste et d’avoir des preuves en cas d'incidents.

« Le but de tout ça, c'est surtout la sensibilisation. Il ne faut pas que ça se reproduise. Il faut que les gens comprennent pourquoi il ne faut pas faire ça et comment on peut partager la route en sécurité à Montréal pour éviter d’avoir d'autres vélos blancs », conclut-il.

Des règles

Pour Suzanne Lareau, PDG de Vélo Québec, il ne s'agit pas d'un événement isolé. « Ça n'a pas de sens qu'un véhicule, que ça soit un autobus, un camion ou une voiture, double un cycliste d'aussi près, lance-t-elle. On le sait, comme cycliste, que c'est hyper dangereux. C’est une question de vie ou de mort, pour la personne qui circule à vélo. »

Mme Lareau juge donc que l’employé de la STM a eu un comportement téméraire.

Le porte-parole de la Société de l'assurance automobile du Québec, Mario Vaillancourt, rappelle pour sa part que les cyclistes ne sont pas tenus d'emprunter les pistes cyclables et qu'il existe certaines règles à respecter pour dépasser un vélo.

« Il y a une distance qui doit être maintenue lorsqu'un véhicule dépasse un cycliste. On parle d'un mètre sur les routes de 50 km/h et moins et de 1,5 mètre sur les routes de plus de 50 km/h », explique-t-il.

M. Vaillancourt poursuit en offrant un conseil aux automobilistes : « Le conducteur doit analyser la situation, s'assurer que le dépassement peut se faire en toute sécurité, signaler ses intentions et respecter la distance. Si, évidemment, tout ça n'est pas possible, l'automobiliste doit rester derrière. »

Par communiqué, la STM a fait savoir qu'une enquête interne en lien avec cet incident est en cours.

Avec les informations de Fannie Bussières McNicoll

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