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Un réseau d'organismes anglophones accuse Québec de chercher à le diviser

logo de La Presse canadienneLa Presse canadienne 2019-10-29
© Fournis par Canadian Press Enterprises Inc

MONTRÉAL — Un réseau de groupes communautaires anglophones du Québec accuse le gouvernement provincial d'essayer de le déstabiliser en semant la discorde parmi ses membres. Une allégation que le premier ministre François Legault a qualifiée de «complètement fausse».

Le président du Quebec Community Groups Network (QCGN) allègue que l'adjoint parlementaire du premier ministre pour les relations avec les Québécois d’expression anglaise, Christopher Skeete, encourage les organismes membres du réseau à le quitter ou à désavouer ses positions s'ils souhaitent conserver leur financement public.

Le QCGN a annoncé la semaine dernière que neuf de ses membres se retiraient, soulignant que la concurrence accrue pour l'obtention de financement avait créé «quelques divergences d'opinions au sein du réseau». Un dixième membre a quitté depuis a confirmé mardi le QCGN.

Le président du réseau, Geoffrey Chambers, souligne qu'il s'est fortement opposé à plusieurs positions du gouvernement de la Coalition avenir Québec, dont la Loi sur la laïcité de l'État et la proposition visant à abolir les commissions scolaires.

M. Chambers croit que ces conflits ont mené le gouvernement à chercher un moyen de déstabiliser la solidarité de saper l'unité du groupe.

«Ils ont rencontré ces organisations à part, dans toutes sortes de contextes, et leur ont dit: "Votre financement dépend ou peut varier en fonction de votre efficacité à vous opposer, à l'intérieur du QCGN, à ces plaidoyers efficaces», a-t-il soutenu lors d'un entretien téléphonique.

François Legault a répliqué qu'il est vrai que Christopher Skeete a choisi de rencontrer individuellement les quelque 50 organismes anglophones de la province, mais qu'il est «complètement faux» de prétendre à l'existence d'une campagne pour démanteler le réseau.

«Certaines organisations préfèrent désormais interagir directement avec le gouvernement plutôt que d'être représentées par ce regroupement», a déclaré M. Legault aux représentants des médias à Québec. «C'est leur choix, et je ne vais pas intervenir dans la façon dont ils veulent être représentés.»

Lorsque La Presse canadienne a communiqué avec deux des groupes membres qui ont quitté le réseau, ceux-ci ont catégoriquement nié avoir subi des pressions de la part du gouvernement.

Sharleen Sullivan, directrice générale de l'Association régionale des voisins de Rouyn-Noranda, a qualifié cette idée de «complètement ridicule».

«En fait, je trouve assez insultant que M. Chambers avance des paroles disant que la voix de la population anglophone de l'Abitibi-Témiscamingue puisse être achetée», a-t-elle commenté lors d'un entretien téléphonique.

Brigitte Wellens, qui dirige une association représentant les anglophones de la ville de Québec, a été tout aussi directe.

Le retrait de son groupe «n'était pas dû aux pressions du secrétariat (anglophone) ni du gouvernement ou de qui que ce soit», a-t-elle assuré. «Cela détourne l'attention du véritable problème, c'est-à-dire le leadership du QCGN et la façon dont il traite ses membres.»

Les deux femmes ne voient aucun problème à ce que le QCGN tienne tête au gouvernement. Leur problème se trouve dans la manière dont le réseau est géré.

Mme Sullivan estime que le réseau se concentre de plus en plus vers la revendication plutôt que dans l'application de programmes, ce qui le met parfois en concurrence directe avec certains de ses membres et donne l'impression qu'il cherche à centraliser le contrôle du financement. Elle croit également que la direction ignore les voix régionales lors de l'élaboration de ses prises de position.

Pour sa part, Mme Wellens voit une «déconnexion claire entre le QCGN et les membres qu'il prétend représenter».

Geoffrey Chambers répond à son tour qu'il est bien au fait des désaccords face à son approche. Toutefois, dans une lettre publiée sur le site web du QCGN, le réseau nie les accusations d'anciens membres selon lesquelles il aurait tenté de centraliser le contrôle du financement, d'empêcher ses membres de participer aux consultations publiques ou qu'il aurait outrepassé son mandat.

Sa solution pour l'instant est de «continuer à faire ce que nous faisons», a-t-il conclu.

Morgan Lowrie, La Presse canadienne

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