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Vers un vote pour déterminer la prochaine source d’eau potable d’Iqaluit

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2022-06-25 CBC/Radio-Canada

Dans la capitale nunavummiut, les conseillers municipaux devront voter d’ici la fin de l’été pour décider de la nouvelle source qui alimente en eau potable la population. Deux options sont sur la table.

Depuis 2015 environ, des signaux d'alarme sont tirés à Iqaluit : le réservoir d'eau actuel de la ville, le lac Geraldine, est trop petit et peu fiable pour répondre aux besoins de la population croissante. La capitale a besoin d'un nouvel approvisionnement, qui pourrait venir du lac Sans Nom ou de la rivière Sylvia Grinnell.

Selon l’agente administrative principale d’Iqaluit, Amy Elgersma, les fonctionnaires recommandent plutôt d’utiliser le lac. Nous avons acquis l'expérience de travailler avec le lac Sans Nom au cours de l'année 2019 où nous avons tiré de l'eau de cette source», indique-t-elle. 

La Ville avait déclaré une deuxième urgence liée à l’eau en 2019 lorsque les niveaux de la rivière Apex n’étaient pas suffisants pour alimenter le lac Geraldine. Iqaluit avait alors complété l'approvisionnement en eau en pompant l'eau du lac Sans Nom, à environ trois kilomètres de la rivière, pour remplir le lac Geraldine.

C'est une option réalisable de pouvoir faire fonctionner un pipeline avec des besoins en énergie et une infrastructure minimes par rapport à certaines des autres options.»

Pompage saisonnier ou à l’année

Si le conseil municipal vote pour cette première option, il devra également choisir quel système utiliser pour récupérer l’eau.

L’administration recommande de ne pomper que l’été et de garder l’eau dans un réservoir pour le reste de l'année, ce qui signifie que la Ville devrait faire construire un nouveau réservoir.

Si nous n’avons pas ça, nous pouvons livrer toute l’eau que nous voulons pendant l’été, mais nous en manquerons d’ici le mois de mai [de l'année suivante],» explique Walter Orr, un ingénieur civil de Stantec qui a présenté les options au conseil jeudi.

Le lac Sans Nom est très proche du lac Geraldine, actuel réservoir d'eau de la ville d'Iqaluit. © Kieran Oudshoorn/CBC Le lac Sans Nom est très proche du lac Geraldine, actuel réservoir d'eau de la ville d'Iqaluit.

La viabilité du lac Sans Nom fait toujours l’objet d’études, notamment en ce qui concerne les débits sortants.


Vidéo: Contexte difficile (Radio-Canada.ca)

Le lac peut alimenter 17 000 personnes en eau, un chiffre qu’Iqaluit atteindrait dès 2040, selon le modèle de croissance démographique élevée de la ville.

Je veux un plan d’approvisionnement sur le long terme et ce que vous proposez verrait certains des enfants d’aujourd’hui manquer d'eau avant même d'avoir terminé l'école secondaire», déplore pour sa part le conseiller Kyle Sheppard.

Amy Elgersma assure que la Ville a proposé que d’autres études soient entreprises pour s'assurer qu’il s’agisse d’une stratégie à long terme.

Une autre méthode d’extraction consisterait à pomper de l’eau toute l’année, ce qui impliquerait de remplir le lac Geraldine au maximum de sa capacité et réapprovisionner ce qui est utilisé quotidiennement à partir du lac Sans Nom.

Les communautés de Rankin Inlet, Gjoa Haven, Cambridge Bay et la station des Forces canadiennes Alert utilisent toutes ce type de système.

Le lac Sans Nom se trouve à environ 100 mètres en amont du lac Geraldine, ce qui fait que le transfert d’eau nécessiterait peu d’énergie.

L'eau qui s'écoule [dans les canalisations] contient suffisamment d'énergie pour alimenter une petite centrale hydroélectrique», précise Walter Orr.

L’option de la rivière Sylvia Grinnell

L’autre option pour la source d’eau est la rivière Sylvia Grinnell, mais les experts comme M. Orr la considèrent plus chère et plus énergivore.

Pour les experts, l'approvisionnement en eau consommable à la rivière Sylvia Grinnell n'est pas la meilleure option. © David Gunn/CBC Pour les experts, l'approvisionnement en eau consommable à la rivière Sylvia Grinnell n'est pas la meilleure option.

L’eau aurait besoin d’être pompée à sept kilomètres en amont pour être par la suite transportée au réservoir ce qui est l’équivalent d’environ 700 chevaux-vapeur [515 kW], en fonctionnement continu pendant quatre mois», soutient l’ingénieur.

La capacité en eau de la rivière permettrait en revanche de répondre aux besoins de la ville dans un avenir prévisible. Toutefois, le pompage de cette rivière n'aurait lieu qu'en été pour protéger l'habitat des poissons, comme les ombles chevaliers, ce qui obligerait également la ville à construire un autre réservoir.

Lors de réunions le mois dernier, l’Association des chasseurs et trappeurs Amaruq a réitéré que la solution de la rivière Sylvia Grinnell était inenvisageable à cause de l’importance des ombles chevaliers pour la pêche.

Une fois que le conseil municipal aura choisi une option, en août, la Ville demandera un nouveau permis d’utilisation de l’eau auprès du Conseil de l’eau du Nunavut. Le processus devrait prendre au moins un an.

Avec les informations de Jackie McKay

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