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Anthony Brodeur rêve à la... PGA

logo de Le Droit Le Droit 2020-10-24 Martin Comtois - Le Droit
Anthony Brodeur © Courtoisie, Gee Gees de l'Université d'Ottawa Anthony Brodeur

Anthony Brodeur aurait pu continuer à jouer au hockey. Il aurait pu se frayer un chemin jusqu’à la LNH, où son père Martin a réécrit le livre des records en tant que gardien de but.

Mais le jeune homme de 25 ans a pris une décision importante, le printemps dernier, lorsque la pandémie a mis fin prématurément à sa dernière saison chez les Gee Gees d’Ottawa. Ses jambières et son masque ont été remisés.

Il rêve maintenant d’une carrière professionnelle sur les verts et allées, loin des patinoires.

Brodeur veut faire son propre nom au golf. Il s’est élancé dans ses quatre premiers tournois professionnels durant l’été, affrontant des joueurs du Mackenzie Tour, un circuit de développement ayant mis au monde plusieurs futurs joueurs de la PGA.

« C’était deux tournois à Victoria, deux autres dans la région de Toronto. J’ai fait la ‘cut’ à deux reprises. Je n’ai pas nécessairement bien joué, mais j’ai vu ce que je dois améliorer », raconte-t-il.

« J’ai vu aussi que je suis fort. Je suis capable de frapper loin. Mes coups de départ sont ma force. »

Accéder un jour à la PGA lui trotte en tête, même si le golfeur droitier de 5’11’’ demeure réaliste.

« C’est beaucoup plus tough à percer que la LNH. Mais j’ai hâte de relever ce défi, de voir à quel point je peux m’améliorer. J’ai hâte de voir jusqu’où je peux me rendre. »

Brodeur sait de quoi il parle. Il a participé à quelques camps d’entraînement des recrues dans le circuit Bettman. D’abord chez les Devils du New Jersey qui l’avaient repêché en septième ronde en 2013, puis chez les Maple Leafs de Toronto.

Le gardien a roulé sa bosse dans les rangs juniors, évoluant à Gatineau et Drummondville dans la LHJMQ et Penticton, dans la BCHL.

« J’ai grandi dans le monde du hockey, à voir mon père jouer dans la LNH. Des gens s’attendaient peut-être à me voir percer. Mais selon moi, ces attentes n’étaient pas réalistes. En étant un golfeur, il n’y a pas la même pression », confiait-il dans une récente vidéo tournée par l’équipe des communications du Mackenzie Tour.

Son passage chez les Gee Gees lui aura procuré une stabilité dans sa carrière sportive. Brodeur a passé quatre saisons au sein de la formation de hockey masculin, qui s’était qualifiée en vue du championnat canadien en mars dernier.

En même temps, l’étudiant-athlète en sciences de l’activité physique faisait partie d’une autre équipe de l’Université d’Ottawa. L’équipe de golf est un peu moins prestigieuse. À son arrivée, il est rapidement devenu un de ses meilleurs joueurs.

Anthony Brodeur a mis fin prématurément à sa dernière saison chez les Gee Gees d’Ottawa le printemps dernier. © Courtoisie, Gee Gees de l'Université d'Ottawa Anthony Brodeur a mis fin prématurément à sa dernière saison chez les Gee Gees d’Ottawa le printemps dernier.

Ses coéquipiers et lui ont remporté le championnat ontarien en 2018 au concours par équipe. Brodeur a obtenu le bronze lors du volet individuel.

« J’ai toujours aimé les deux sports. Mais dernièrement, j’avais plus hâte que l’été arrive que l’hiver. J’avais hâte de jouer au golf. Ma décision n’a pas été aussi difficile que les gens pourraient croire », ajoute-t-il.

« C’est pas mal fini, pour moi, le hockey. Je suis en paix avec tout ça. Je vais peut-être faire du coaching quand j’aurai un peu de temps. »


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Ses parents l’appuient dans son choix de carrière.

Papa Martin sait à quel point fiston excelle au golf. « Je le bats depuis que j’ai 15 ou 16 ans », lance Anthony Brodeur en riant.

Ce dernier a eu l’occasion de participer à des compétitions lors de son passage à l’école secondaire privée Shattuck-Saint Mary’s, au Minnesota.

« Le golf, c’était surtout pour le simple plaisir. Après ma première saison de hockey à l’Université d’Ottawa, j’ai décidé de passer l’été dans le coin. Je cherchais un endroit où jouer souvent au golf. »

Brodeur s’est retrouvé au club Tecumseh, de Gatineau. Là-bas, le propriétaire du terrain, Pierre-Hugues Fortin, lui a fait comprendre qu’il possédait un certain talent. De fil en aiguille, l’équipe de golf des Gee Gees s’est montrée intéressée à ses services.

Mais il lui restait à parler à une autre personne. « Il fallait que je demande à mon coach au hockey s’il était OK avec ça », mentionne Brodeur.

« J’ai été chanceux. Il m’a dit oui. Il avait lui aussi pratiqué deux sports en même temps quand il était à l’université St-FX. »

Ce coach, Patrick Grandmaître, se souvient encore de cette discussion.

« J’avais apprécié à l’époque que mon entraîneur au hockey me laisse essayer le soccer. Cela avait été une expérience de vie phénoménale pour moi. Je pensais que ce serait une belle occasion pour Anthony », explique Grandmaître.

Patrick Grandmaître © Etienne Ranger, Archives Le Droit Patrick Grandmaître

Le fait que Brodeur se démarque maintenant au golf ne le surprend pas.

« C’est un athlète, et non juste un hockeyeur. Il excelle dans tout ce qu’il fait. Quand nos gars dans l’équipe jouaient du basket à deux contre deux, c’était notre meilleur. Quand nous avions des tournois de quilles, c’était le meilleur. Quand on m’a dit qu’il était tout un golfeur, ça ne m’a pas surpris », confie Grandmaître, qui conserve le souvenir d’un étudiant-athlète humble.

« Veut, veut pas, c’est un jeune homme qui est identifié à la carrière de son père. Mais tu le mets dans une salle, il ne tirera jamais avantage de son nom de famille. Il pense toujours à ce qui est mieux pour l’équipe. »

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DIRECTION FLORIDE POUR AMÉLIORER SON JEU

Il a vécu un peu partout en Amérique du Nord, mais la capitale nationale conservera une place spéciale dans son cœur.

« C’est un de mes endroits favoris dans le monde. J’y ai passé six ans de ma vie, rappelle Anthony Brodeur, qui a porté les couleurs des Olympiques de Gatineau de 2013 à 2015 avant de se joindre aux Gee Gees à l’automne 2016.

«J’ai eu du fun. J’ai rencontré beaucoup d’amis. Je n’oublierai jamais tous les coachs qui m’ont aidé et les familles chez lesquelles j’ai habité.»

Au moment de l’entrevue, Brodeur se trouvait à Oshawa chez sa copine. Il devait prendre la direction du New Jersey pour rendre visite à sa famille.

Après cet arrêt, il prendra la route de la Floride. Il doit se rendre à Boynton Beach. Il y passera l’hiver pour travailler sur les diverses facettes de son jeu sur les allées, mais surtout les verts. «Je dois améliorer mon jeu court», avoue-t-il.

Des tournois devraient aussi se retrouver à son calendrier.

Brodeur croit que toutes les années à jouer sous pression devant un filet de hockey l’aident dans sa transition vers le golf. «Surtout l’aspect mental. Au golf, tu es seul sur le terrain. Comme gardien, j’étais habitué d’être le dernier mur. Tu dois croire en toi-même», précise-t-il.

Ce qui l’excite le plus en ce moment ?

«J’ai un parcours différent des autres golfeurs. J’ai commencé sur le tard, rappelle-t-il. Là, je peux pratiquer tout le temps au golf pour la première fois de ma vie.»

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