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S’envoler au Costa Rica pour une cure de désintoxication, faute de place en Ontario

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2021-11-22 CBC/Radio-Canada
Des comprimés de fentanyl, un puissant opioïde. © Graeme Roy/La Presse canadienne Des comprimés de fentanyl, un puissant opioïde.

Une famille de Kemptville en Ontario en quête d’une cure de désintoxication pour leur fils de 21 ans n’a d’autres choix que de s’envoler pour le Costa Rica, faute de places disponibles dans la région.

À 15 ans, Connor O'Callaghan était sociable, actif et aimait s’amuser. Il était à l’image de bien des adolescents, dit sa mère, Lyn O'Callaghan.

Puis, un traumatisme crânien est venu chambouler sa vie. Il a rapidement commencé à avoir des sautes d’humeur, des accès de colère et de l’anxiété», rapporte sa mère, en ajoutant qu’il a ensuite subi quatre autres commotions cérébrales, pour finalement abandonner l’école.

C’est là que les opioïdes sont entrés dans la vie de son fils.

Aujourd'hui âgé de 21 ans, sa mère indique qu'il a fait 12 surdoses d'opioïdes au cours des six dernières années. À chaque fois, ses parents n'étaient pas sûrs qu'il survivrait.

À ma connaissance, il n'y a aucun sentiment au monde qui ressemble à être assis dans une salle d'urgence et à attendre que le médecin vienne vous dire si votre enfant est toujours en vie», exprime Lyn O'Callaghan.

Tout aussi terrifiant, dit-elle, est le peu de soutien qu'il semble y avoir pour des personnes comme son fils : Les hôpitaux l'ont toujours libéré quelques jours après ses surdoses parce qu'il n'y a pas assez de lits et trop peu d'infirmières».

Lyn O'Callaghan, mère d'un fils de 21 ans qui est parti en cure de désintoxication au Costa Rica. © /Radio-Canada Lyn O'Callaghan, mère d'un fils de 21 ans qui est parti en cure de désintoxication au Costa Rica.

Mme O'Callaghan soutient qu’à chaque fois, l’hôpital leur a seulement dit de revenir aux urgences si leur fils faisait une autre surdose.

Le Costa Rica, une meilleure option?

Après une récente surdose qui lui a presque coûté sa vie, Connor O'Callaghan a dit à ses parents qu'il était enfin prêt à obtenir de l'aide.

Cependant, de nombreux programmes de désintoxication financés par la province ont des listes d'attente de deux à huit mois. Mais Lyn O'Callaghan craint que son fils ne survive pas» aussi longtemps.

La famille s'est également tournée vers des programmes privés, avec des temps d'attente plus courts, mais ceux-ci coûtent entre 20 000 $ et 30 000 $ par mois.

La famille O'Callaghan, avec Connor au centre. © /Radio-Canada La famille O'Callaghan, avec Connor au centre.

C'est ce qui a poussé la famille O'Callaghan à explorer d’autres options, dont la possibilité de faire une cure de désintoxication dans un autre pays.

Lyn O'Callaghan est tombé sur un centre de désintoxication pour toxicomanes au Costa Rica qui a pu accepter son fils en quelques jours.

Le prix est de 10 000 $ par mois pour un programme de trois mois. Ils ont puisé dans leurs économies afin d’offrir le traitement à leur fils.

Plus de demande pour des traitements

La demande pour des cures de désintoxication en toxicomanie a augmenté de façon exponentielle dans les dernières années, ce qui a entraîné une pénurie de ressources, selon la Dre Leslie Buckley, psychiatre au Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto.

La pandémie et l'utilisation croissante d'opioïdes comme le fentanyl en sont la cause principale, dit-elle : Nous devrions tous être préoccupés et inquiets de ce que nous voyons maintenant».

À travers le Canada, il y a eu plus de 5500 hospitalisations liées aux opioïdes depuis le début de la pandémie, selon Statistique Canada.

Près de 1500 hospitalisations liées aux drogues se sont produites entre janvier et mars de cette année seulement, ce qui représente une augmentation de 35 % par rapport à la même période en 2020.

La plupart de ces hospitalisations ont eu lieu en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario.

Pas assez de ressources

Les listes d'attente pour les cures de désintoxication sont habituellement entre trois et quatre mois, mais la Dre Buckley estime que ces délais ont désormais doublé ou même plus.

Pourtant, il est crucial que les toxicomanes puissent accéder à de l'aide rapidement lorsqu'elles se sentent prêtes à le faire, indique-t-elle.

Cependant, davantage de ressources et de places sont nécessaires dans les établissements de la province pour répondre à cette demande.

Pour sa part, le gouvernement de l'Ontario a annoncé qu’il allait investir 32,7 millions de dollarspour soutenir les Ontariens ayant des problèmes de toxicomanie à toutes les étapes de leur parcours».

La province a déclaré que cela concerne un large éventail de programmes et de services communautaires de santé mentale et de lutte contre les dépendances», y compris un traitement intensif pour les troubles liés à l'utilisation de substances».

Le gouvernement n’a toutefois pas indiqué comment il allait faire diminuer les délais d’attente pour les cures de désintoxication.

Avec les informations de Nicole Williams, CBC News

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