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Katerine Martineau : l’insouciante adolescence

logo de Le Droit Le Droit 2021-07-31 Claudia Blais-Thompson - Le Droit
La scénariste et réalisatrice originaire de Buckingham, Katerine Martineau. © Courtoisie La scénariste et réalisatrice originaire de Buckingham, Katerine Martineau.

Marqué par une volonté d’affirmation, le court métrage Les filles ne marchent pas seules la nuit fait présentement le tour du monde à travers une vingtaine de festivals, après avoir récolté le Prix 100 % régions au Festival REGARD en juin dernier. Inspiré de l’adolescence de la scénariste et réalisatrice originaire de Buckingham, Katerine Martineau, le film se tourne vers l’immensité de la campagne où rites de passage se mêlent à l’envie d’exister.

Premier film depuis la fin de ses études en cinéma en 2017, il s’agit d’un acte digne des meilleurs coming of age movies (films sur le passage à l’âge adulte). Katerine Martineau confie qu’elle a voulu explorer ce moment déterminant, cette fête qui suit traditionnellement l’obtention du diplôme d’études secondaires, pour mettre en scène une période de la vie qui la captive.

Sa caméra suit Chantal (Amaryllis Tremblay) et Delphine (Nahima Ricci) qui doivent retourner chez elles à pied après une fête tardive. Au milieu de la forêt, elles marchent et se laissent guider par l’insouciance de l’adolescence.

Filmé près de Sorel et de Vaudreuil-Dorion, l’espace devient source d’apprentissage et de transformation pour les deux protagonistes.

« Idéalement, j’aurais aimé faire ce film en Outaouais, admet la cinéaste. Ce n’était pas possible avec le budget du film de s’éloigner autant et d’amener toute l’équipe avec nous en Outaouais. »

Mais elle y a pensé au point même d’évaluer la situation. L’un de ses rêves et d’ailleurs de tourner un long métrage en Outaouais.

Katerine Martineau dirige l’actrice Amaryllis Tremblay. © Facebook Katerine Martineau dirige l’actrice Amaryllis Tremblay.

« On faisait beaucoup de partys dans les pits de sable dans le coin de L’Ange-Gardien. Je serais vraiment retournée dans les lieux où j’ai vécu mon adolescence. C’est un de mes rêves de faire un long métrage à Buckingham. J’aimerais vraiment ça. »

Filmer les voyages intérieurs

Même dans le cadre académique, Katerine Martineau s’intéressait déjà à ces quêtes identitaires, à ces histoires où les personnages sont transformés par une série d’événements qui prennent souvent forme durant l’été de tous les possibles.

« Il y a quelque chose que j’ai voulu explorer qui est ce moment dans la vie où tu cherches à t’autodéterminer, à sortir de ta culture et faire les choses à ta manière. Mes films sont comme des journey, des films à obstacles. Mes personnages ont toujours eu 16, 17 ou 18 ans. […] Il y a une insouciance que je trouve très inspirante.»

Le parcours de Katerine Martineau pourrait être celui d’un personnage qui quitte sa campagne natale pour la métropole montréalaise où tout peut arriver. À 17 ans, l’été suivant la fin de ses études secondaires, elle est partie du domicile familial pour aller en cinéma au cégep à Saint-Jérôme « pour voir autre chose ».

« Pourquoi à 30 ans mes personnages ont encore 17 ans?, se questionne-t-elle. C’est une bonne question. Je suis en train de penser à mon prochain film et j’étais plus dans des personnages autour de 45 ans, mais on dirait que ça ne débouche pas et que tranquillement je glisse vers l’adolescence pour un quatrième film. »

Déjà une actrice fétiche

Comme Xavier Dolan avec Anne Dorval, Katerine Martineau a découvert son actrice fétiche en Amaryllis Tremblay. Pendant la deuxième année de son baccalauréat en études féministes à l’Université du Québec à Montréal, elles se sont rencontrées pour le premier film de Katerine Martineau. L’année suivante, la réalisatrice tenait absolument à travailler de nouveau avec la jeune actrice.

« Il y a une facilité, une connexion, avoue-t-elle. Je sentais qu’il y avait eu une rencontre, mais je n’étais pas allée jusqu’au bout du potentiel. Après le deuxième film, je voulais faire autre chose avec elle. Se faire comprendre par les autres, ce n’est pas nécessairement facile. C’est une actrice très réceptive, qui sait bien improviser et lire entre les lignes. »

En attendant de trouver l’âge parfait de ses personnages qui inspireront son quatrième film, Katerine Martineau continue de naviguer entre son travail de recherchiste de lieux de tournage où son oeil de réalisatrice se laisse bercer vers la créativité pour de futurs projets cinématographiques.

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