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L’enfer du confinement pour les victimes de violences conjugales

logo de Journal Métro Journal Métro 2020-11-04 Chloe Machillot
Violences conjugales confinement © Fournis par Journal Métro Violences conjugales confinement

Près de huit mois après le début de la pandémie, les organismes qui viennent en aide aux victimes de violences conjugales sont unanimes : le confinement accentue le phénomène et soulève de nouveaux obstacles pour secourir les femmes qui en sont la proie.

«Le confinement a accru les tensions et les épisodes de violence dans beaucoup de foyers, dit Claudine Thibaudeau, travailleuse sociale à SOS Violences Conjugales. Les victimes n’ont plus le répit que leur donnaient certaines sorties, comme aller au travail. Et sans regards extérieurs, les agresseurs se limitent moins, car il n’y a plus besoin de cacher les blessures et les marques de leur violence.»

L’organisme reçoit un nombre croissant d’appels à l’aide depuis plusieurs années. La pandémie a renforcé cette croissance mais, parallèlement, Mme Thibaudeau révèle que les demandes d’hébergement ont diminué. «En cette période pleine d’incertitudes, les victimes sont plus réticentes à quitter leur partenaire violent. Elles choisissent d’attendre que ça aille mieux, quitte à se mettre en danger», dit-elle.

Escalade de la violence

Perte d’emploi, chamboulement des habitudes, craintes sanitaires… La situation actuelle engendre une hausse du stress et d’anxiété pour beaucoup de citoyens. Dans les foyers où une dynamique de violence conjugale était déjà installée, ou en voie de l’être, ces maux ont pu exacerber les agressions.

«Le fait d’avoir moins de contacts avec l’extérieur a été un facteur aggravant, dit Anik Paradis, coordonnatrice pour Info-Femmes. Pour les victimes, qui ont moins de possibilité de s’éloigner de la maison, de souffler ou d’organiser leur départ, mais aussi pour les agresseurs, qui ont pu y trouver un sentiment d’impunité.»

Plus difficile d’appeler à l’aide

Confinées avec leur bourreau, privées du contact avec leurs proches, de nombreuses victimes ont rencontré des difficultés pour appeler à l’aide.

«Certaines femmes n’ont plus de moment seules pour nous appeler, ou à peine quelques minutes parce que leur agresseur est parti au dépanneur. On a donc développé des canaux de communication plus discrets», explique Mme Thibaudeau.

Depuis mi-septembre, SOS Violences Conjugales est ainsi joignable par texto, clavardage et courriel, en plus de sa ligne téléphonique ouverte 24 heures par jour.

Obstacles au relogement

Les restrictions sanitaires ont aussi dissuadé des femmes de quitter leur foyer violent. «La Santé publique dit de rester chez soi alors certaines victimes n’osent pas demander de l’aide. D’autres ont été découragées par les contraintes pour se reloger, notamment la quarantaine obligatoire dans les maisons d’hébergement», dit Louise Riendeau, coresponsable des dossiers politiques au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

Les établissements d’accueil sont cependant toujours ouverts et leurs équipes pressent le gouvernement de leur donner un accès prioritaire au dépistage du COVID-19, ce qui permettrait d’abréger la quarantaine des pensionnaires au résultat négatif et encouragerait les victimes à venir s’y réfugier.

 

La ligne téléphonique de SOS Violence Conjugale répond en tout temps au 1 800 363-9010. L’organisme Info-Femmes donne des ateliers Zoom pour outiller les victimes et devenir un témoin actif, affichés sur sa page Facebook.

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