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Déconfinement: les magasins s’adaptent aux contraintes sanitaires

logo de Le Devoir Le Devoir 2020-05-05 Guillaume Bourgault-Côté
Chez Frabricville, beaucoup de clients se sont retrouvés devant des portes closes aujourd'hui. © Renaud Philippe Le Devoir Chez Frabricville, beaucoup de clients se sont retrouvés devant des portes closes aujourd'hui.

La réouverture graduelle de milliers de commerces s’accompagne d’un défi logistique particulier pour ceux-ci : trouver où s’approvisionner en désinfectant, en masques et en divers équipements anti-COVID, qui s’ajouteront à la distanciation physique. La situation n’inquiète toutefois ni Québec ni les entreprises, qui affirment avoir trouvé des solutions.

« La réouverture des commerces, des chaînes de production et des chantiers entraînera certainement une hausse de la demande pour du matériel de protection, notamment pour du désinfectant et des masques », reconnaît le ministère de l’Économie dans une réponse écrite à des questions du Devoir.

Mais on signale à Québec que « depuis le début de la crise, plusieurs entreprises québécoises se sont mobilisées pour produire du matériel médical, et de nouvelles sources d’approvisionnement ont été identifiées à l’international ».

Ces démarches ont permis de soulager « en bonne partie la pression sur l’approvisionnement de certains équipements de protection individuelle [EPI] dans le réseau de la santé », soutient le ministère en citant des efforts communs avec le ministère de la Santé.

Cela dit, les canaux par lesquels le réseau de la santé s’approvisionne pour les EPI ne sont pas nécessairement les mêmes que pour les entreprises — qui ne cherchent de toute façon pas les mêmes produits. Pour les commerces, il s’agira principalement de Plexiglas, de masques (sans que ce soit des N95) et de désinfectant, dit-on.

« On travaille avec nos membres depuis au moins trois semaines sur ces questions, mentionne Stéphane Drouin, directeur général du Conseil québécois du commerce de détail. Il y a eu une certaine inquiétude au début : on savait que trouver des fournisseurs serait un défi. »

Par exemple, les pharmacies du Québec n’ont pas de grandes quantités à offrir à la vente. « Nous ne sommes pas prêts, pour le moment, à confirmer la disponibilité pour les clients de produits comme du gel hydroalcoolique et des masques, mais nous y travaillons », indique Hugues Mousseau, directeur général de l’Association des bannières et des chaînes de pharmacies du Québec, qui regroupe les acteurs importants de cette industrie. « Les équipes d’approvisionnement travaillent avec des fournisseurs à évaluer différents scénarios. »

Adaptation

Mais les commerçants ont trouvé d’autres solutions, note Stéphane Drouin. Et selon lui, le niveau de préparation des entreprises est bon, même s’il est inégal. « La plupart des grands détaillants sont prêts, ou finalisent leur plan d’opération et d’approvisionnement. Pour les plus petits commerçants, c’est plus mitigé. Certains sont bien prêts, d’autres moins. Mais on ne pense pas que ce sera un gros enjeu à terme. »

À Québec, le gouvernement indique que « la décision de Santé Canada de permettre temporairement l’utilisation de [l’éthanol de qualité] technique est venue soulager les fabricants de désinfectant, qui faisaient face à une pénurie d’alcool pour leurs produits. Les produits désinfectants sont donc disponibles en quantité suffisante pour assurer la protection du public ».

Sinon, M. Drouin souligne que les « distributeurs d’équipements de magasins se sont bien adaptés et ont ajouté ce genre de produits à leur offre ». Les échos sont semblables dans le secteur manufacturier, où les enjeux sont différents puisqu’on n’y accueille pas de public — mais il faut adapter les usines aux consignes.

« Je n’ai pas entendu dire qu’il y aurait des problèmes » concernant le matériel de protection, indique Véronique Proulx, p.-d.g. de Manufacturiers et exportateurs du Québec, qui représente quelque 1200 entreprises. « Beaucoup de manufacturiers [de secteurs essentiels] ont déjà eu à s’adapter, ont installé des stations de lavage des mains, etc. On échange entre nous pour partager les protocoles et les mesures trouvées. Les gens ont été créatifs », dit-elle.

Les entreprises de certains secteurs de l’économie québécoise ont pu reprendre leurs activités lundi, sauf dans la grande région de Montréal. Certains détaillants qui auraient pu ouvrir leurs portes — comme Simons et IKEA, notamment — ont néanmoins décidé d’attendre un peu avant d’accueillir de nouveau le public.

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