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L'Inde sévit contre les escrocs ayant usurpé le nom de l’Agence du revenu du Canada

logo de Radio-Canada.ca Radio-Canada.ca 2018-10-31 avec CBC News
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En Inde, la police multiplie depuis deux semaines les rafles dans des centres d'appel clandestins à partir desquels des escrocs ont fraudé des milliers de contribuables canadiens en se faisant passer pour des représentants de l'Agence du revenu du Canada (ARC).

Au cours des derniers jours, la police indienne a procédé au démantèlement de plusieurs centres d’appel illégaux dans diverses villes du pays en collaboration avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

C'est une enquête de l’émission Market Place de la CBC qui a mis la GRC sur la piste des auteurs de « l'escroquerie de l’ARC ».

Ce stratagème aurait permis de voler plus de 10 millions de dollars à des milliers de contribuables canadiens, selon CBC News.

Les fraudeurs, qui se faisaient passer pour des employés de l’Agence du revenu du Canada, contactaient leurs victimes par l'entremise d'appels robotisés pour les avertir qu'ils devaient des montants importants au fisc canadien.

Les victimes étaient invitées à rappeler le plus tôt possible à un numéro donné, faute de quoi elles risquaient d’être arrêtées et emprisonnées. La technologie utilisée par les fraudeurs leur permettait d'imiter des numéros de téléphone se trouvant au Canada et parfois même ceux d’un vrai centre de service de l'ARC.

Lorsque les victimes rappelaient, elles étaient de nouveau menacées de sanctions judiciaires, mais se voyaient ensuite offrir une chance unique de régler l'affaire en payant immédiatement le solde dû.

Alertés par de nombreux contribuables floués, les journalistes de l'émission Market Place ont remonté la filière jusqu’en Inde, où des entreprises clandestines emploient des dizaines de personnes pour frauder des étrangers au téléphone et possiblement aussi sur Internet.

Depuis deux semaines, les opérations de la police indienne ont permis de saisir d’importantes quantités de matériel informatique, des téléphones, ainsi que des listes de noms et les coordonnées de contribuables étrangers, dont de nombreux Canadiens.

Selon la police indienne, pas moins de 28 personnes ont été arrêtées en une seule opération contre des centres d’appel clandestins.

« Ce n'est que le début, assure Ajay Pal Sharma, chef de la police de Noida, une localité située en banlieue de la capitale, New Delhi.

L'Inde sévit contre les escrocs ayant usurpé le nom de l’Agence du Revenu du Canada© martin-dm L'Inde sévit contre les escrocs ayant usurpé le nom de l’Agence du Revenu du Canada

À première vue, les sommes dérobées à des étrangers par ces entreprises criminelles sont substantielles.

À eux seuls, deux des centres perquisitionnés par la police indienne ont réussi à extorquer plusieurs centaines de milliers de dollars à des citoyens canadiens, rapporte CBC.

Les agents de la GRC doivent bientôt communiquer avec les victimes pour déterminer la somme qui leur a été volée et leur indiquer s'ils pourront ou non en récupérer une partie.

« Nous allons faire de notre mieux pour y arriver, mais je ne peux rien garantir », a expliqué l’inspecteur en criminalité financière de la GRC, Peter Payne.

La GRC s'est rendue en Inde, à Noida, après avoir été prévenue par les journalistes de Market Place que plusieurs fraudeurs liés à « l’escroquerie de l’ARC » y opéraient.

Un officier de la GRC basé en Inde, en collaboration avec le FBI, aurait alors demandé aux autorités indiennes d’agir contre ces fraudeurs. Ce qu’elles ont fait.

Il existe des dizaines de centres d’appel semblables répartis sur le territoire indien. La plupart seraient situés dans la région de Mumbai, qui est la plus grande métropole de l'Inde.

Chacun de ces centres d’appel illégaux est en général dirigé par un gestionnaire indépendant qui utilise diverses technologies, parfois très sophistiquées, pour éviter d’être détecté par les autorités locales.

Or, plusieurs de ces centres ne sont pas aussi clandestins qu’on pourrait le croire. Selon des observateurs de la sécurité indienne consultés par CBC News, certains d'entre eux opéreraient avec l’approbation de la police, payée pour détourner le regard.

Pour tenter de décourager l’industrie de la fraude téléphonique et montrer aux gouvernements étrangers qu’elle prend ce problème au sérieux, la police indienne a décidé de diffuser à la télévision l’identité des fraudeurs arrêtés lors des rafles contre des centres d’appel clandestins.

La plupart du temps, les victimes sont des personnes âgées ou encore des immigrants, qui connaissent moins bien les pratiques du fisc canadien.

C’est notamment le cas de Gehangir Rashidi, qui a perdu plus de 100 000 $ dans cette fraude. Il se félicite d’ailleurs que les polices indienne et canadienne prennent des mesures contre ces fraudeurs.

Un souhait qui a peu de chance de se réaliser en raison des efforts des intermédiaires financiers qui traitent les paiements à l’étranger de façon à brouiller les pistes en cas d’enquête.

Ces intermédiaires toucheraient autour de 40 % des sommes volées pour couvrir les traces des fraudeurs.

Par ailleurs, de nombreuses plaintes déposées auprès des services de police canadiens par des contribuables lésés n’ont pas eu de suite, notamment parce qu’il leur est en général impossible d’enquêter sur des crimes commis à l’étranger, où ils n’ont aucune autorité.

D'autres victimes contactées par CBC ont communiqué directement avec le Centre antifraude du Canada, géré conjointement par la GRC et d'autres organismes, mais ici encore, la majorité des plaintes n’ont pas eu de suite.

Lors de l’enquête de Market Place, en juillet dernier, de hauts responsables de la police indienne ont par ailleurs déclaré qu'ils n'avaient jamais reçu de demande d'aide spécifique de la GRC pour intervenir contre cette arnaque.

La GRC assure cependant être aujourd’hui en contact étroit avec les autorités indiennes avec qui elle entend poursuivre sa collaboration pour mettre un terme à ces fraudes à grande échelle.

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