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Gaz naturel liquéfié : une solution pour les communautés éloignées?

logo de ici.radio-canada.caici.radio-canada.ca 2017-12-17 Stéphany Laperrière
Gaz naturel liquéfié : une solution pour les communautés éloignées? © DON WILKIE/Getty Images Gaz naturel liquéfié : une solution pour les communautés éloignées?

Cinq municipalités du Nord de l'Ontario attendent toujours une réponse de la province pour un projet de gaz naturel liquéfié. Elles espèrent ainsi réduire leur dépendance à l'électricité, dont les coûts élevés continuent de faire réagir.

Un texte de Stéphany Laperrière

En mars 2015, cinq municipalités unissent leurs forces afin de permettre à leurs résidents d’avoir accès au gaz naturel.

Actuellement, les trois principales sources d’énergie à Manitouwadge, Schreiber, Terrace Bay, Marathon et Wawa, toutes situées dans le Nord-Ouest de l’Ontario, sont l’électricité, le gaz propane et le mazout.

« Les coûts augmentent d’année en année », dit le directeur général de Marathon, Daryl Skworchinski, qui ne croit pas que les plans du gouvernement pour réduire le montant des factures d’électricité offrent un véritable remède.

Approchées par l’entreprise torontoise Northeast Midstream, ces cinq municipalités décident de soumettre une demande de financement pour un projet de gaz naturel liquéfié.

L’idée est simple : au lieu de transporter le gaz naturel par pipeline, dont la construction n’est pas rentable pour de petites communautés, le gaz est d’abord liquéfié, puis transporté par camion .

Rapport encourageant

Selon un rapport commandé par Northeast Midstream, la conversion au gaz naturel permettrait aux résidents qui utilisent de l'électricité pour se chauffer d'économiser plus de 2000 $ par année en moyenne.

L'entreprise estime qu'environ 60 % des résidents opteraient pour le gaz naturel si le projet proposé voyait le jour.

L’arrivée d’une nouvelle source d’énergie stimulerait aussi l’économie de la région, affirme Joshua Samuel, le président de Northeast Midstream.

« Le gaz naturel liquéfié peut aider aux grands développements miniers, comme le cercle de feu, ou aux plus petits, qui sont souvent dans des lieux reculés », dit-il.

Ce projet permettrait également de réduire les émissions de gaz à effet de serre, soit l’équivalent de retirer 3591 véhicules de la route, selon le rapport.

Bénéfique pour l’environnement?

Ian Bruce, de la fondation David Suzuki, est cependant sceptique.

« De nouvelles études démontrent que l'empreinte énergétique du gaz naturel est beaucoup plus élevée que ce qui est rapporté », dit-il.

M. Bruce explique que les émanations de méthane qui proviennent de l’extraction du gaz naturel sont sous-estimées.

Selon lui, les communautés éloignées devraient plutôt explorer des sources d’énergie renouvelable, notamment la bioénergie et l’énergie solaire.

Une réponse qui tarde à venir

À l’heure actuelle, il n’existe qu’une station de conversion de gaz naturel en liquide en Ontario, située à Hagar, à l’est de Sudbury.

Dans son plan énergétique à long terme, l’Ontario promet d’élargir l’accès au gaz naturel.

En 2016, la province annonce, à cette fin, un programme de prêts de 200 millions de dollars et de subventions de 30 millions de dollars.

Ce programme est ensuite aboli, au profit d’un seul fonds d’investissement totalisant 100 millions de dollars , un changement qui provoque la colère des cinq municipalités impliquées dans le projet de gaz naturel liquéfié.

« Ça nous a retardés d’un an, dit Daryl Skworchinski, nous avions passé des mois à préparer un plan d’affaires basé sur un prêt, et non une subvention, il a fallu tout revoir pour répondre aux nouveaux critères du gouvernement. ».

Il s’attend à une réponse en janvier 2018 et se dit optimiste.

Forte demande

Or, l’intérêt est grand envers ce nouveau fonds d’investissement pour l’accès au gaz naturel, indique Craig MacBride, porte-parole du bureau du ministre de l’Infrastructure de l’Ontario.

« Les demandes de subvention dépassent de loin le montant disponible et incluent plusieurs propositions de projet de gaz naturel liquéfié », dit-il.

Questionné sur les raisons pour lesquelles la province a décidé d’investir dans le gaz naturel, M. MacBride répond qu’il s’agit d’une option moins chère pour les Ontariens que l’électricité, le propane ou le mazout.

Il assure que les émissions de gaz à effet de serre de chaque projet font partie des critères d’évaluation du programme de subvention.

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