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Des entreprises face à l’incertitude

logo de Le Devoir Le Devoir 2020-03-24 François Desjardins
L’annonce d’une suspension des activités des entreprises et des commerces non essentiels jusqu’au 13 avril a eu l’effet d’une bombe, même si la décision a été respectée. © Ryan Remiorz La Presse canadienne L’annonce d’une suspension des activités des entreprises et des commerces non essentiels jusqu’au 13 avril a eu l’effet d’une bombe, même si la décision a été respectée.

Dans tout le Québec, des PME aux chantiers de construction en passant par des usines d’assemblage et le monde des services, l’annonce d’une suspension des activités des entreprises et des commerces non essentiels jusqu’au 13 avril a eu l’effet d’une bombe, même si la décision, prise pour des motifs sanitaires jugés capitaux, a été respectée.

Rapidement, plusieurs entreprises se posaient une question : qui sera sur la liste des activités essentielles ? Qu’en est-il des alumineries, par exemple, qui ne peuvent pas tout arrêter du jour au lendemain ?

Vers 16 h 45, la liste gouvernementale est arrivée : les « activités manufacturières essentielles » comprennent ainsi la production agroalimentaire, de produits chimiques, de produits sanitaires et de composantes de microélectronique. « Les complexes industriels (notamment le secteur de l’aluminium) et miniers doivent réduire au minimum leurs activités », mentionne-t-elle. On y trouve aussi les services financiers, le transport de personnes et de marchandises, certaines opérations en infrastructures et divers types de commerces.

Santé avant tout

La santé de la population passe avant tout, selon le président du Conseil du patronat du Québec (CPQ), Yves-Thomas Dorval, qui a dit comprendre la décision du gouvernement du Québec. Il reste que, pour les entreprises, cette fermeture pendant trois semaines représente « une catastrophe ». « C’est plus qu’un tremblement de terre. C’est un tsunami », a dit M. Dorval en après-midi.

Après la publication de la liste, le CPQ a affirmé qu’elle « reflète la grande majorité de nos demandes ». Cela dit, « il est nécessaire de garder la tête froide, car d’autres mesures et précisions sont à attendre de la part du gouvernement du Québec », estime l’organisation, selon laquelle « il est plus que jamais essentiel que les gouvernements viennent à la rescousse des employeurs pour permettre à un plus grand nombre d’entreprises de passer à travers cette crise sans précédent et d’être prêtes pour la phase de relance ».

Il est de notoriété publique que le processus industriel des alumineries est lourd. Le secteur a remercié le gouvernement d’avoir tenu compte de son caractère « stratégique ».

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« Le maintien de nos activités essentielles se fera en appliquant les meilleures pratiques d’hygiène dans les circonstances et l’ensemble des recommandations de la Santé publique », a déclaré l’Association de l’aluminium du Canada, qui regroupe Alcoa, Rio Tinto et Alouette.

« Cette contribution à l’effort national n’est pas sans conséquence pour notre secteur, mais nous nous devons, comme tous les Québécois, de mettre l’épaule à la roue, afin de limiter les impacts de cette crise. »

Du flou

La liste « reste floue », a déploré les Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), tout en parlant d’un « jour sombre » pour ce secteur où travaillent environ 490 000 personnes. MEQ « comprend et respecte la décision » de Québec, « mais des mesures supplémentaires sont nécessaires », a affirmé le regroupement qui demande des « subventions, des mesures fiscales et des congés fiscaux » pour faire face aux pertes. « Cette fermeture prolongée aura inévitablement un profond impact. »

Le vice-président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, François Vincent, a souligné que les mesures sanitaires, qu’il appelle à respecter, doivent s’accompagner d’une aide économique aux entreprises. Comme reporter les versements de TPS et de TVQ.

À l’usine d’American Biltrite, qui produit du couvre-plancher en caoutchouc à Sherbrooke, on mettait les bouchées doubles lundi après-midi pour fermer l’établissement dans les délais imposés.

« Il y a une logistique importante pour essayer de tout fermer en 36 heures, car, normalement, ça prend à peu près 36 heures entre le début de la production et l’emballage. Je ne veux pas être pris avec des produits demi-finis sur le plancher, car avec les polymères, avant la cuisson, il y a un temps où ils pourraient être gaspillés », a expliqué au téléphone le vice-président et directeur général d’American Biltrite, Jean-Pierre Benoit.

Avec Marie-Eve Cousineau

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