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Un soupir de soulagement et un appel au respect des règles

logo de Le Devoir Le Devoir 2020-04-29 François Desjardins
À lui seul, le secteur de la construction non résidentielle représente 35 000 travailleurs qui seront appelés à reprendre le boulot. © Ryan Remiorz La Presse canadienne À lui seul, le secteur de la construction non résidentielle représente 35 000 travailleurs qui seront appelés à reprendre le boulot.

Une opération complexe et graduelle, reçue avec soulagement, mais aussi un appel au respect des travailleurs quant aux mesures de protection devant être déployées pour limiter les risques de propagation. Attendu avec impatience par des pans entiers de l’économie, des PME aux grandes entreprises en passant par le secteur de la construction, le plan de déconfinement du gouvernement Legault suscite l’optimisme dans le monde affaires, mais Québec prévient qu’il pourrait être revu « à tout moment ».

L’annonce est une « bonne nouvelle » et l’expérience des dernières semaines, dans les secteurs demeurés ouverts et ceux qui ont partiellement repris leurs activités, permettra d’éclairer le redémarrage, a estimé le p.-d.g. du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval.

« Il faut quand même être très prudent, car s’il y a une résurgence et qu’on grimpait trop rapidement dans le nombre de cas d’hospitalisations ou de soins intensifs, ça mettrait à mal toutes les entreprises qui auront redémarré. » Les sociétés ont « tout intérêt » à ce que les bonnes mesures soient en place et suivies, selon M. Dorval, « parce que la pire chose qui pourrait arriver, c’est ce qu’on appelle du stop and go, et ça ne serait pas viable ».

Règles strictes

Selon le plan, tous les commerces québécois situés à l’extérieur de la Communauté métropolitaine de Montréal pourront redémarrer le 4 mai s’ils ont un accès direct vers l’extérieur. Ceux de la CMM suivront une semaine plus tard. Tous devront suivre des règles strictes développées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) : distanciation, barrières physiques lorsque l’espace est restreint, équipement de protection adéquat, limite du nombre de clients, sens de circulation, etc.

Le secteur manufacturier reprendra ses activités le 11 mai, à condition de limiter le nombre d’employés par quart de travail à 50 personnes plus 50 % du nombre d’employés excédant ce chiffre. Le 25 mai, il n’y aura plus de restrictions, mais les règles sanitaires demeureront en vigueur.

Si les conditions ne le permettaient pas, Québec pourrait réviser le plan, a précisé le gouvernement. En d’autres termes, il n’y a aucune garantie. « Si tout va bien, on continue, mais il y a quand même un “mais” », a dit la p.-d.g. des MEQ, Véronique Proulx. « Quand vous redémarrez vos lignes de production, il y a des coûts fixes. Fonctionner à 50 % de la capacité, il y a un impact. »

Chez American Biltrite, qui produit des couvre-planchers en caoutchouc à Sherbrooke, la nature de certains clients a permis de maintenir une partie des activités. Mais l’accélération anticipée force une reconfiguration des vestiaires et des douches. Or, les contracteurs commerciaux sont toujours en arrêt, a fait remarquer le directeur général, Jean-Pierre Benoit. Des travaux ont été faits à l’interne. « On est prêt à suivre les directives et on va s’adapter. »

Courte saison

Dans la construction, toutes les entreprises peuvent redémarrer le 11 mai, ce qui rouvrira d’innombrables PME qui constituent la chaîne d’approvisionnement, a fait remarquer le cabinet du ministre du Travail, Jean Boulet. Selon ce dernier, 300 inspecteurs de la CNESST se promèneront sur les chantiers.

À lui seul, le secteur de la construction non résidentielle représente 35 000 travailleurs qui seront appelés à reprendre le boulot. « Les entrepreneurs mettront l’épaule à la roue pour relancer l’économie du Québec. […] Retarder davantage la reprise aurait pu avoir des inconvénients, notamment sur la longueur de la saison qui est déjà courte et provoquer ainsi une fin de saison automnale problématique », a indiqué l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec. Il sera capital que les entrepreneurs suivent les règles de la CNESST, a-t-elle précisé.

Le tiers des PME est actuellement inopérant, a rappelé la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, qui a parlé notamment d’une « lumière au bout du tunnel » en soulignant toutefois que « pour plus de la moitié des PME, une aide financière continue est nécessaire ».

Quant aux secteurs présentement suspendus, dont les « centres commerciaux, la restauration, les soins personnels, les lieux de diffusion ainsi que les secteurs culturel et touristique », ils font l’objet de pourparlers au sein des autorités.

Les secteurs en arrêt auront besoin d’aide des gouvernements, a plaidé la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Bien qu’elle salue le plan, la FTQ a souligné l’importance du dialogue entre toutes les parties prenantes pour un respect maximal des règles. « Cela veut aussi dire qu’il ne peut y avoir de compromis, que les équipements de protection doivent être accessibles et que les travailleurs puissent se laver les mains le plus souvent possible. Le message des organisations patronales aux entreprises et aux commerces doit être clair et sans nuance, particulièrement en ce qui a trait aux règles de distanciation sociale », a déclaré le président de la centrale, Daniel Boyer. La CSN s’est dite « grandement préoccupée » par l’accès des travailleurs à de l’équipement adéquat.

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