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Les signes d'un déclin des insectes s'accumulent au Québec

ENVIRONNEMENT Les signes d’un déclin des insectes s’accumulent au Québec Les insectes sont partout autour de nous, mais sans qu’on y porte trop attention. Ces dernières années, toutefois, des études ont montré que des populations d’insectes se sont dégarnies dans plusieurs écosystèmes de la planète. Voilà maintenant trente ans que Christian Hébert, entomologiste, place des pièges dans les forêts du Québec. Et avec ses observations, certains constats « troublant » commencent à émerger. Les insectes d’ici seraient, eux aussi, en déclin. M. Hébert étudie l’évolution des communautés d’insectes après des perturbations. Pour chacun de ses projets, des parcelles témoins, en dehors des secteurs touchés, permettent d’établir des comparaisons. Au fil des décennies, l’équipe de M. Hébert a visité plus de 200 sites d’échantillonnage sur la Côte-Nord. Résultat : les insectes sont 30 % moins nombreux qu’avant dans cette région. Faire le suivi à long terme des populations d’insectes requiert une rigueur et une patience monastique, sur le terrain comme au laboratoire. L’insectarium René-Martineau du Centre de foresterie des Laurentides (CFL), à Québec, compte, selon la dernière estimation, environ 200 000 spécimens. Identifier les nuées d’insectes amassés lors des expéditions demande beaucoup de travail. Des analyses génétiques des échantillons, méthodes nouvellement implantées dans le centre de recherche, permettent une identification complémentaire à celle fondée sur la morphologie. « Au fédéral, nous sommes les seuls avec les reins assez solides pour retourner au même site vingt ans plus tard », soutient Sandrine Picq, une généticienne du CFL. Difficile d’expliquer pourquoi les populations d’insectes déclinent. Chose certaine, dans les régions du monde très peuplées, la destruction des habitats et l’utilisation de pesticides expliquent en grande partie le problème, avec le réchauffement climatique comme facteur aggravant. Et dans la forêt boréale du Canada et du Québec ? Malgré ses décennies d’expérience, M. Hébert ne sait pas ce qui se passe. Les forêts qu’il a étudiées sur la Côte-Nord et dans Charlevoix semblent en tout cas assez éloignées des terres cultivées pour qu’on puisse exclure l’hypothèse agricole. Pour bien comprendre les causes du déclin au Canada, il devra d’abord être plus précisément documenté, croit M. Hébert. Celui-ci rêve de voir des stations permanentes de surveillance dans les parcs nationaux du Canada.
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