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Vélo de bureau: comment j’ai arrêté d’être sédentaire

logo de Châtelaine Châtelaine 2019-01-21 Andréanne Moreau
© Utilisé avec la permission de © Rogers Media Inc. 2019.

Le gym? Très peu peur moi. Je préfère, et de loin, maintenir la forme en pédalant… tout en travaillant!

J’avais l’impression d’être piégée. Entre le travail, les enfants, le souper et le ménage, je n’arrivais jamais à trouver le temps de m’entraîner. Gym, jogging, vélo, rien ne fonctionnait. Du moins, pas à long terme. Quand un ami m’a parlé d’un vélo stationnaire petit format qu’on pouvait simplement glisser sous notre bureau sans réaménager notre espace de travail, ma curiosité a été piquée.

Le bidule ressemble assez peu à un vrai vélo stationnaire. Mesurant tout juste 27 cm de hauteur et environ 60 de longueur, ce vélo est doté d’un pédalier de moins grande envergure qu’un vélo traditionnel. Aussi, puisqu’il est placé devant la chaise, et non dessous, le mouvement ressemble plus à celui qu’on ferait assise dans un pédalo que filant sur une piste cyclable. Malgré tout, cet exercice de faible intensité permet une dépense énergétique comparable à la marche, et même un peu plus si on en augmente la résistance.

Cela semblait fait sur mesure pour la grande adepte du multitâche que je suis.

Quelques minutes plus tard, je m’en procurerais un en ligne, au coût de 300$. Une dépense qui, je l’espérais, allait devenir un bon investissement santé… Et ne produirait pas un ronron agaçant qui mettrait mes collègues à bout de nerfs.

J’ai vite été rassurée. «La seule différence, c’est que je vois un peu ta tête bouger au-dessus du paravent», résume ma voisine de bureau. Plusieurs ont même voulu l’essayer, mais mon bidule n’a pas fait l’unanimité. Notre adjointe administrative n’arrêtait pas de se cogner les genoux sous le bureau. «J’ai les jambes beaucoup trop longues pour ça», s’exclame-t-elle en me le rendant, un peu déçue que ça n’ait pas fonctionné pour elle.

Bienfaits insoupçonnés

En six mois, j’ai parcouru plus de 5000 kilomètres, soit l’équivalent d’un roadtrip de Rivière-du-Loup à Los Angeles. Je n’étais pas peu fière! Mais qu’on ne me demande pas où j’en suis maintenant, après un an. Si, au début, je notais chaque jour le temps pédalé (une à deux heures, en moyenne) et la distance, accumulant les chiffres comme un analyste de hockey mesurant les chances du Canadien de faire les séries, je me suis lassée de ces statistiques.

Au fil des semaines, mon pédalier est devenu bien plus. Je l’utilise pour me réchauffer si j’ai trop froid, pour me changer les idées quand j’ai envie de grignoter, pour réactiver mon cerveau quand je suis trop distraite… Il est devenu un outil en soi.

Différentes études ont d’ailleurs démontré que les vélos de bureau, les stations de travail assis-debout ou les bureaux à tapis roulant ne nuisaient pas à la productivité des employés et pouvaient même l’améliorer. «On peut faire des essais et voir avec lesquelles de nos tâches cette activité est la plus compatible. Par exemple, cela peut nous motiver pour faire le tri de nos courriels mais être trop déconcentrant pour préparer une présentation», dit Marie-Ève Mathieu, professeure de kinésiologie à l’Université de Montréal.

Seul bémol: il ne faut pas trop compter sur ce merveilleux bidule pour perdre du ventre. Je l’avoue, dès le départ, j’avais cette idée en tête. Mais puisque cet exercice demeure d’une intensité assez faible et que je ne voudrais pas qu’il en soit autrement – je m’imagine mal en sueur et essoufflée au bureau, je ne m’attendais pas non plus à un miracle. No pain, no gain, comme on dit en latin. Et, même si la fonte des graisses espérée n’est jamais arrivée, j’ai maintenant de bien meilleures raisons de persévérer.

Bouger pour être en santé

On n’a pas besoin de courir 5 kilomètres ou de pousser de la fonte au gym tous les jours pour être en meilleure santé. «Ce n’est pas un détail. Il suffit de marcher un peu plus, de travailler debout par moments ou de prendre les escaliers pour avoir un impact positif. Et le vélo de bureau peut aussi être un bon moyen d’y arriver», fait valoir Denis Fortier, physiothérapeute et auteur du livre Lève-toi et marche: le remède miracle existe et il est gratuit. «Chaque contraction musculaire est bénéfique, puisque les muscles sécrètent des substances semblables aux hormones, les myokines, qui ont des bienfaits sur la santé cardiovasculaire, musculo-squelettique, métabolique et mentale.»

Et ces recommandations s’appliquent également aux personnes plus sportives, qui s’entraînent fréquemment. À ses yeux, il est crucial de faire la différence entre sédentarité – c’est-à-dire passer beaucoup de temps assis – et activité physique. L’un n’est pas le contraire de l’autre. «On peut tout à fait respecter les recommandations de 150 minutes d’activité physique par semaine et être sédentaire.»

D’après un test qu’on trouve dans son livre, on est moyennement sédentaire si on passe entre 5 et 7 heures par jour assis. De 8 à 10 heures, on l’est beaucoup. Plus que ça, on est dans l’hypersédentarité. J’ai fait le calcul: deux heures pour les repas, plus de sept heures au travail devant mon ordi, une heure devant la télé le soir, j’en serais déjà à dix heures par jour, si je ne pédalais pas.

Un premier pas

Bien sûr, je ne me sens pas vraiment comme une athlète olympique en pédalant tranquillement sous mon bureau une à deux heures par jour tout en écrivant un reportage. Il n’y a pas la moindre goutte de sueur sur mon front. Mais ce n’est pas une raison pour discréditer ces efforts, selon Denis Fortier.

«On valorise énormément les activités sportives intenses et on a plutôt tendance à regarder de haut celles qui demandent moins d’effort. On a tort, je crois. Il faut valoriser aussi ce qui est facile, simple, ce qui est accessible à tous.»

D’autant que ces activités, comme travailler en pédalant ou en marchant, sont plus simples à mettre en place, croit Marie-Ève Mathieu. «Le plus important, quand on veut modifier une habitude de vie, c’est que le changement puisse être maintenu à long terme. C’est ce qui fait que de petites interventions dans le milieu de travail peuvent, au bout du compte, avoir plus de bienfaits qu’une résolution de faire plus de sport qu’on abandonne au bout de deux mois», souligne-t-elle.

Selon elle, ce changement pourrait également avoir un effet d’entraînement et nous encourager à adopter d’autres bonnes habitudes, comme s’inscrire à une activité sportive, boire plus d’eau ou mieux manger.

C’est ce qui s’est produit pour moi. Je me lève maintenant une demi-heure plus tôt quatre jours par semaine pour faire un programme d’entraînement de haute intensité sur DVD, un geste qui m’apparaissait avant comme une montagne. Comme quoi, même les plus hautes montagnes se gravissent un petit pas à la fois.

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