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«Gilets jaunes» : Macron contraint de monter au front pour déminer le conflit

logo de Le FigaroLe Figaro 27.11.2018 François-Xavier Bourmaud

Le chef de l'État s'exprime ce mardi depuis l'Élysée pour redonner le cap et tenter de trouver une sortie de crise. Il annoncera notamment la création d'un Haut Conseil pour le climat.

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Un discours pour tenter de sortir de la crise. C'est depuis le Palais de l'Élysée qu'Emmanuel Macron répond ce mardi aux «gilets jaunes» dont le mouvement de contestation menace de se prolonger le week-end prochain. Avec une nouvelle journée de mobilisation en perspective resurgit aussi la menace de débordements violents, tels que ceux survenus samedi sur les Champs-Élysées. «Il ne faut pas sous-estimer l'impact sur les esprits, que ce soit en France ou bien à l'étranger, avec parfois des scènes de guerres que beaucoup de médias ont relayées à nouveau», s'est inquiété le président de la République lundi en Conseil des ministres.

Face à cette crise filandreuse dont les contours peinent à se dessiner, l'exécutif semble toujours à la peine. Au départ, le discours de mardi devait être consacré à la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). Il s'agissait alors de donner l'horizon à long terme de la politique énergétique de la France.

Au fil de la montée en puissance de la contestation des «gilets jaunes», le chef de l'État a ajouté à son discours le contenu de la loi mobilités pour tenter de lier stratégie énergétique et politique des transports. «C'est logique, puisque les deux questions sont liées», assurait un ministre la semaine dernière.

Dans la foulée, l'exécutif confirmait la mise en place de débats décentralisés au niveau régional, voire départemental, pour discuter «au plus près du terrain» de toutes les problématiques soulevées par la révolte des «gilets jaunes». «C'est une colère qui vient de loin, assure un ministre. Il ne s'agit pas que d'une question de taxes. Les “gilets jaunes” expriment aussi des sentiments d'abandon et de déclassement. Ici, c'est parce qu'une maternité va fermer ; là, c'est à cause d'un centre-ville qui se meurt ; ailleurs, c'est un hôpital surchargé…»

figarofr: Emmanuel Macron s'exprimera mardi depuis l'Élysée sur la crise des «gilets jaunes». © STEPHANE DE SAKUTIN/AFP Emmanuel Macron s'exprimera mardi depuis l'Élysée sur la crise des «gilets jaunes».

Une impression d'improvisation

C'était avant qu'Emmanuel Macron ne décide de profiter de son discours de mardi pour annoncer la création d'un Haut Conseil pour le climat. Ce sera notamment l'objet de son discours: installer cette nouvelle structure chargée de veiller au maintien du cap écologique de la politique gouvernementale. Le propos du chef de l'État sera suivi d'«une présentation de la stratégie et de la méthode pour la transition écologique en présence du Conseil national de la transition écologique (CNTE)», selon l'agenda du premier ministre, Édouard Philippe.

À défaut de réussir à calmer la grogne, Emmanuel Macron fait déjà en sorte qu'elle ne s'étende pas. L'exécutif a ainsi renoncé à autoriser les villes à mettre en place des péages urbains et à créer une taxe poids lourds, ou du moins dès cette année. De quoi alimenter l'impression d'un pouvoir désemparé et en pleine improvisation face à une colère insaisissable. Et le tout dans l'urgence, puisque Emmanuel Macron doit s'envoler dès mercredi pour l'Argentine, où il assiste à un sommet du G20.

De quoi alimenter aussi le procès en «changement de cap», celui qu'Emmanuel Macron redoute entre tous. «Notre réponse à nous, c'est une réponse globale, une France de l'éducation, une France du mérite, une France du travail, ce n'est pas un renoncement. […] Mais notre réponse n'est pas non plus l'aveuglement», a promis lundi le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

Il n'empêche, il est quand même question d'inflexion, du moins sur la forme. «Le tournant de demain ne porte pas sur le contenu de notre politique, il porte sur la méthode: comment nous pouvons associer les citoyens, leurs représentants - associations, syndicats, corps intermédiaires - et les élus locaux», a expliqué sur LCI le patron des députés LaREM, Gilles Le Gendre. Une sorte d'aveu.

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