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Face à l’attentisme de Smood, Unia monte d’un cran

logo de Tribune de Genève Tribune de Genève 01.02.2022 Anetka Mühlemann

Alors que Syndicom espère toujours signer une convention collective de travail, Unia mise sur les hautes instances.

La grève a démarré à Yverdon le 2 novembre avant de faire tache d’huile. © JEAN-PAUL GUINNARD La grève a démarré à Yverdon le 2 novembre avant de faire tache d’huile.

Après cinq semaines de grève initiée à Yverdon, une pétition munie de 12’247 signatures et une conciliation qui s’est soldée par un échec, force est de constater que le conflit social de Smood pédale dans la semoule. Une quarantaine de livreurs vaudois (sur 220 en Suisse) attendent depuis trois mois que le géant de la distribution améliore leurs conditions de travail, tant au niveau de la rémunération que de l’organisation.

Pour l’heure, Smood attend les recommandations de la Chambre des relations collectives de travail (CRCT) genevoise – qui s’est chargée de la médiation –, tout en rappelant avoir joué un rôle de pionnier en engageant ses livreurs. «Hier, nous étions les premiers à prouver que des alternatives à l’ubérisation existent et, aujourd’hui plus que jamais, nous sommes déterminés à poursuivre cet engagement et contribuer à la mise en place de nouveaux standards dans notre secteur», déclare le fondateur, Marc Aeschlimann, à la tête d’environ 1200 employés.

«Nous devons trouver une solution globale qui va plus loin.»

Malgré la lenteur d’un dialogue amorcé il y a un an, Syndicom croit toujours fermement à la conclusion d’une convention collective de travail (CCT) sur mesure. «Nous avons discuté de plusieurs points sur lesquels nous avons vu l’impossibilité d’un accord, relate David Roth, secrétaire central du secteur logistique. Nous devons trouver une solution globale qui va plus loin. Le moyen de les résoudre, c’est la CCT.»

Au niveau national, dix-neuf boîtes actives dans les services coursiers urbains en ont déjà signé une. À défaut, la pression pourrait venir de Berne: une réglementation de l’ensemble de la branche est actuellement élaborée en vue d’obtenir – cette année encore – l’aval du Conseil fédéral.

Actions en justice

Représentant les ex-grévistes, Unia se montre plus incisif. «On a demandé un arbitrage de la CRCT, indique Aymen Belhadj, secrétaire syndical chargé du transport et de la logistique. Si Smood refuse, nous avons plusieurs moyens à explorer, comme la saisie des autorités et des Prud’hommes.»

Cette véhémence a été renforcée par le licenciement prononcé durant la conciliation de trois coursiers d’Yverdon très actifs dans la contestation. Comme la paix du travail les enjoignait à retourner au boulot mais que leur grille horaire s’était passablement réduite, ils ont cherché à boucler les fins de mois avec Uber Eats. Une infidélité que Smood qualifie de «faute grave». S’agissait-il des représailles, voire d’un piège, pour évincer les empêcheurs de tourner en rond? Ce sera aux tribunaux de trancher.

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