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Homosexualité: l'interview qui met le feu au web

logo de 20 minutes 20 minutes 09.01.2019

L'UDF a lancé le référendum contre la pénalisation de l'homophobie. Sur le plateau de Léman Bleu, une politicienne genevoise a tenu des propos qui enragent internautes et associations.

Sylvie Ruffieux-Guignard combat la loi qui pénalise les insultes ou agressions basées sur l'orientation sexuelle. © Screenshot Facebook Sylvie Ruffieux-Guignard combat la loi qui pénalise les insultes ou agressions basées sur l'orientation sexuelle.

La campagne de récolte de signatures démarre sur les chapeaux de roues pour l'UDF. L'Union démocratique fédérale, petit parti défendant des valeurs chrétiennes, a décidé de lancer un référendum contre la pénalisation de l'homophobie, récemment adoptée par le Parlement. Lors d'un interview sur Léman Bleu lundi, la vice-présidente de la section genevoise a tenu des propos qui font fortement réagir les internautes.

La nouvelle loi, portée par le socialiste valaisan Mathias Reynard, permettra de condamner pénalement l'auteur de toute insulte ou agression basée sur l'orientation sexuelle.

Mais Sylvie Ruffieux-Guignard a estimé sur la chaîne régionale genevoise qu'il s'agit là d'un obstacle à la liberté d'expression. «Là, vraiment, pour nous, on ne peut plus s'exprimer», explique l'invitée face au journaliste médusé. Elle cite en exemple l'impossibilité de parler des personnes qui sont «sorties de l'homosexualité». En effet, cette orientation est selon elle liée à des circonstances, à une éducation, un environnement voire à un type de physique.

Réactions outrées, blessées, déçues

Largement partagée sur Facebook, la vidéo de l'interview a fait un tollé. «Allez 120 minutes, avouez que c'est vous qui avez monté ce sketch de toute pièce», ironise par exemple un internaute. Beaucoup d'autres se sont moqués de l'oratrice, jugeant sa prestation médiocre. D'autres ont rappelé l'isolement de ce petit parti: «Cette petite vidéo m'aura au moins permis d'apprendre l'existence de l'UDF!»

Du côté des associations LGBT, on rit beaucoup moins. «C'est un ramassis d'idioties et de méchanceté, regrette Pascal Messerli, président de Dialogai. Ses propos montrent une immense méconnaissance du sujet. Par exemple, on ne «sort» pas de l'homosexualité, c'est n'importe quoi!» Pour ce militant, ces propos sont blessants, décevants, et rappellent l'ampleur du travail qui reste à faire. Une fois passée la colère, Pascal Messerli ajoute qu'il invite Sylvie Ruffieux-Guignard à venir rendre lui visite chez Dialogai, pour découvrir le travail qui y est fait et la situation des victimes d'homophobie.

«Pas de l'homophobie»

Contacté, le président de l'UDF réfute tout dérapage de la part de sa vice-présidente, qui est également son épouse. «Non, cette interview n'est pas homophobe. D'ailleurs, l'origine du mot, c'est la peur des homosexuels. Nous n'avons pas peur. Nous ne voulons juste pas qu'on commence à idéaliser l'homosexualité, actuellement à la mode.» Selon lui, la loi veut tuer le débat: «En démocratie on accepte la critique des gens qui ne sont pas d'accord avec nous, ou dont les pratiques nous choquent. Par exemple, si quelqu'un conduit trop vite ou de façon trop sportive, on a le droit d'être choqué même si c'est son style.»

La récolte de signature a été lancée ce week-end. L'UDF a jusqu'au 7 avril pour récolter au moins 50'000 paraphes.

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