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Les Français volent au secours des paras suisses

logo de Le Matin Le Matin il y a 5 jours Vincent Donzé

Le tollé traverse la frontière après l'interdiction faite aux aviateurs helvétiques d'accéder à des aérodromes limitrophes.

Les aviateurs helvétiques ne peuvent plus se poser directement à Montbéliard (F). Le premier à l'avoir constaté, le 5 mars dernier, c'est le fondateur de l'école parachutisme Swissboogie, Henri Schürch, contraint de renoncer à l'organisation d'un événement avec un DC-3 historique, entre Bienne et Montbéliard.

C'est lorsque son préavis pour un vol de préparation a été refusé mardi dernier que Henri Schürch a constaté l'application des nouvelles directives: la Suisse n'étant pas dans l'Union européenne, ses aviateurs doivent désormais se conformer à une liste de points de passages comprenant Dôle et Bâle/Mulhouse, mais dont sont exclus les aérodromes limitrophes.

«Nos amis»

Lundi, le directeur de l'aérodrome de Montbéliard Foudil Téguia a écrit sa façon de penser à la Direction générale des douanes en évoquant «les manifestions et échanges mis en place et développés depuis des années avec nos amis de la République et canton du Jura».

Relayant le «désarroi» constaté en Suisse, il rappelle que l’aérodrome du Pays de Montbéliard est une «plateforme transfrontalière, dont bon nombre d’aéronefs basés localement ont pour propriétaires des Suisses». Un de ses grands hangars a par ailleurs été financé par un Suisse.

Vols d'aéronefs

Le directeur de l'aérodrome n'y va pas par quatre chemins: «neutraliser les vols d’aéronefs» venant de ou partant vers la Suisse, c'est une décision «irréfléchie pour ne pas utiliser d’autres qualificatifs». Elle «signe, à coup sûr, la mort» de son aérodrome.

Face à une situation jugée «irrationnelle et insensée», la demande est simple: inclure Montbéliard dans la liste des points de passages établie par la Commission européenne. «Toutes nos manifestations locales sont, soit menées avec nos voisins, soit pensées pour un large public composé en partie de Suisses», rappelle Foudil Téguia

Niveau européen

«Pour faire modifier le règlement européen, il faut vous adresser à la préfecture du Doubs qui devra monter un dossier d’ouverture au niveau français puis le faire approuver au niveau européen», ont prévenu les douanes françaises.

La solution proposée aux aviateurs suisses consiste à se poser dans un aéroport autorisé puis de continuer par un vol intérieur. «Des extensions de vols dans notre concept comme Colmar, Strasbourg ou Dôle ne sont pas possibles», a réagi Henri Schürch. Pour l'événement prévu, outre le surcoût de carburant, les taxes supplémentaires sont estimées à 20'000 francs.

Forme de dérogation

Côté français, une forme de dérogation «pour des manifestations dont les budgets ont été arrêtés et le cours des choses enclenché» est demandée. «Le seul territoire pénalisé, c’est le nôtre, parce que trop proche de la Suisse. C’est invraisemblable à l’heure du Brexit!», plaide Foudil Téguia

Chez Swissboogie, Henri Schürch a déjà mis une croix sur la répétition dans quatre mois de l'événement organisé l'an dernier avec des parachutistes largués d'un DC-3 Dakota parti de Montébéliard pour survoler Bienne/Kappelen (BE).

À l'aérodrome de Bressaucourt (JU), l'ambiance est aussi maussade: l'Ecole d'aviation de Porrentruy avait prévu une partie de sa formation vol de nuit à Montbéliard.

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