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Des «conversions forcées» dans l’ordre de Mère Teresa?

logo de Le Matin Le Matin 14.12.2021 AFP

Mardi, la police indienne a ouvert une enquête pour déterminer si des jeunes filles avaient été forcées à lire la Bible, dans un pays où les incidents antichrétiens ne cessent d’augmenter.

La congrégation catholique a été fondée par Mère Teresa, en 1950. © Reuters La congrégation catholique a été fondée par Mère Teresa, en 1950.

La police indienne a ouvert une enquête à la suite d’une plainte sur «des conversions forcées» au sein de la congrégation catholique fondée par Mère Teresa, ont déclaré à l’AFP des responsables mardi.

Les autorités de l’État occidental du Gujarat ont ouvert une enquête, afin de déterminer si les Missionnaires de la Charité «exigeaient des filles du foyer de Vadodara de porter une croix et de lire la Bible», d’après la plainte déposée par un agent du service social du district.

Le Gujurat, dont est originaire le Premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi, est l’un des États de l’Inde à majorité hindoue où des règles floues contre la «conversion forcée» ont été instaurées ou appliquées plus strictement ces dernières années.

Treize exemplaires de la Bible

L’agent du service social, Mayank Trivedi, a précisé à l’AFP que sa plainte auprès de la police était fondée sur un rapport des autorités de protection de l’enfance et d’autres responsables du district. Selon sa plainte, 13 exemplaires de la Bible ont été trouvés dans la bibliothèque de l’institution et les jeunes filles qui y séjournaient étaient obligées de lire le texte sacré chrétien.

Les Missionnaires de la Charité, ordre catholique fondé en 1950 par Mère Teresa – une religieuse catholique romaine qui a vécu et travaillé en Inde pendant la majeure partie de sa vie et reçu le prix Nobel de la paix en 1979 – ont nié s’être livrés à toute conversion forcée.

Le texte fondateur de l’ordre religieux stipule que les Missionnaires «n’imposent leur foi catholique à personne». Les militants des droits de l’homme s’inquiètent de l’augmentation de la discrimination et la violence que subissent les minorités religieuses depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014. Son gouvernement nie tout «Hindutva», projet d’hégémonie hindoue, et insiste sur l’égalité des droits entre toutes les religions.

Des incidents antichrétiens

En 2020, la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale a cependant inscrit l’Inde sur la liste des «pays particulièrement préoccupants» pour la première fois depuis 2004. Les militants des droits affirment avoir recensé plus de 300 incidents antichrétiens cette année.

La semaine dernière, une foule d’hindous a attaqué à coups de pierre une école chrétienne de l’État du Madhya Pradesh (centre) à l’heure où les élèves passaient des examens, a rapporté son directeur.

«Nous avons déplacé les enfants de l’auditorium vers une autre aile de l’école. Nous les avons gardés au premier étage et leur avons accordé quelque temps supplémentaire pour finir l’examen», a raconté à l’AFP le frère Anthony Tynumkal, dirigeant l’école St Joseph, «mais les élèves, pleurant et tremblant, ne pouvaient plus écrire».

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