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Entre gravité et flamboyance rossinienne

logo de 24 heures 24 heures 07.02.2022 Bernard Halter

L’Opéra de Lausanne a proposé un sublime «Semiramide» de Rossini en version de concert vendredi et dimanche.

«Semiramide» de Rossini en version de concert avec projections vidéo à l’Opéra de Lausanne. © Gianfranco Bianchi «Semiramide» de Rossini en version de concert avec projections vidéo à l’Opéra de Lausanne.

Des solistes de haut vol et la direction élégante de Corrado Rovaris, placé à la tête de l’OCL, ont réussi à tenir le public de l’Opéra de Lausanne en haleine vendredi et dimanche, au fil des quelque trois heures trente que dure «Semiramide» de Rossini. Cet opera seria très rarement monté offre de nombreux rebondissements dramatiques. Relayée par le très beau travail du vidéaste Gianfranco Bianchi, l’ambiance s’installe dès l’Ouverture, célèbre, qui compte parmi les plus belles réussites du compositeur. Lumineuse et construite très posément, la lecture du chef italien ravit par le soin apporté aux phrasés, loin de toute précipitation ostentatoire susceptible de raidir le discours.

Dans le creuset lustré de cette approche orchestrale, visible sur scène plutôt qu’en fosse, avec un chœur de fort belle tenue dans le fond, chaque soliste peut déployer son art et sa maestria, à l’aune de l’écriture virtuose mais très vocale d’un Rossini au sommet de son art. L’Oreo imperturbable et solennel de Raphaël Hardmeyer donne le ton, suivi par le ténor argentin Francisco Brito, campant de sa voix solaire et très bien projetée un Idreno vaillant. Parmi les hommes du plateau, il convient de distinguer l’Assur de Mirco Palazzi, belcantiste de grande classe faisant état d’un indéfectible sens de la ligne que viennent ponctuer des graves solides.

Voix féminines superlatives

Semiramide demeure un opéra qui met en exergue – et avec quel brio! – les voix féminines. Le rôle-titre a révélé la volubilité de Maria Grazia Schiavo, dont c’est la première venue à Lausanne. La soprano napolitaine s’illustre à merveille dans les méandres de l’écriture rossinienne et sert un extrême aigu décoché avec aisance.

Très attendue, l’enfant du pays, Marina Viotti, chantait Arsace, le fils de la reine assyrienne, avec toute l’extraordinaire étendue de sa voix de mezzo-soprano. L’artiste, très complète, chante régulièrement Rosine («Le Barbier de Séville»), aimant découvrir et redécouvrir Rossini. D’une technique qui laisse pantois d’admiration, elle manie beauté vocale et agilité et livre une interprétation qui nous subjugue par sa maturité, bien qu’il s’agisse d’une prise de rôle!

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