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Ignazio Cassis prendra les rênes de la Confédération

logo de Keystone-ATSKeystone-ATS 08.12.2021
© KEYSTONE/KEYSTONE AFP POOL/FABRICE COFFRINI

Ignazio Cassis présidera la Confédération pour la première fois en 2022. L'Assemblée fédérale l'a élu mercredi par 156 voix sur 197 bulletins valables. Le PLR tessinois de 60 ans succède à Guy Parmelin.

"Primus inter pares" dès le 1er janvier, Ignazio Cassis entend placer la Suisse, et non le monde, au coeur de son mandat. En pleine cinquième vague, le pays est de plus en plus polarisé.

"La pandémie de coronavirus a touché chacun d'entre nous. Elle a pointé ce qui nous sépare: les malades et les bien portants, les jeunes et les moins jeunes, les vaccinés et les non vaccinés, les centralistes et les fédéralistes", a relevé le ministre lors de son discours devant l'Assemblée fédérale. "Elle nous a séparés, mais elle ne nous a pas divisés. Et elle ne le fera pas."

"Le combat entre l'homme et les virus existe depuis la nuit des temps. Mais nous sommes toujours retombés sur nos pieds", a poursuivi l'ancien médecin cantonal, jusqu'ici relativement effacé sur le dossier. "Le virus restera, mais la crise prendra fin."

Ode à la pluralité

Face à l'impatience et la polarisation grandissantes de la population, le président élu a appelé à l'unité. L'année à venir sera une année d'écoute réciproque. "L'enjeu sera de nous redécouvrir plus forts et unis que jamais."

La pluralité, que la Suisse connaît bien à travers ces différentes langues, cultures, religions et courants politiques, est parfois laborieuse et inconfortable, a-t-il reconnu. "Mais c'est aussi une grande richesse." Elle permet de trouver de bonnes idées et est une source d'innovation.

"La diversité est notre moteur et notre raison d'être", a assuré le libéral-radical. Elle permet de nous mettre dans la peau de l'autre et de trouver des compromis.

Dossier européen toujours ouvert

Outre la crise du coronavirus, les relations avec l'Union européenne occuperont également une grande partie de son mandat présidentiel. Ignazio Cassis devra renouer le dialogue avec le principal partenaire de Berne après l'abandon de l'accord-cadre.

Une tâche qui s'avère difficile. Bruxelles ne semble pas décolérer et refuse tout nouvel accord d'accès au marché sans régler auparavant la question institutionnelle.

Devant les médias, Ignazio Cassis a semblé mal à l'aise sur la question. "Il n'existe pas de solution magique prête à l'emploi." Avoir de bonnes relations avec les pays européens voisins et établir un agenda commun avec Bruxelles figurent toutefois parmi ces objectifs pour l'année 2022.

La présidence offrira encore au sexagénaire une visibilité accrue bienvenue, alors que le deuxième siège du PLR au Conseil fédéral est sous pression avec la poussée verte aux dernières élections. Le Tessinois, plus controversé que sa collègue de parti Karin Keller-Sutter, est dans leur ligne de mire.

Score pas brillant

Une inimitié qui se ressent dans son score, plutôt mauvais. Le ministre ne coiffe pas pour autant le bonnet d'âne. C'est Micheline Calmy-Rey qui a réalisé la pire élection avec 106 voix en 2011. A l'inverse, le record est détenu par Jean-Pascal Delamuraz et Ueli Maurer. Tous deux ont obtenu 201 voix en 1988, respectivement 2018.

Ignazio Cassis est le cinquième Tessinois à la présidence de la Confédération. Le précédent italophone à ce poste était Flavio Cotti. Le démocrate-chrétien a occupé la fonction en 1991, puis en 1998. Au total, le canton a eu huit représentants au Conseil fédéral.

Alain Berset secondera Ignazio Cassis l'année prochaine. Il a été élu vice-président par 158 voix sur 204 bulletins valables. Le socialiste fribourgeois devrait ainsi devenir président de la Confédération en 2023 pour la troisième fois.

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