Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

La Guinée équatoriale ferme son ambassade au Royaume-Uni

logo de 20 Minutes 20 Minutes 26.07.2021 AFP

Ceci après l’imposition de sanctions de la part de Londres contre le fils du président de Guinée équatoriale, notamment pour détournement de fonds publics et pots-de-vin.

Teodorin Obiang Mangue, vice-président de Guinée équatoriale et fils du président Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 42 ans. © AFP Teodorin Obiang Mangue, vice-président de Guinée équatoriale et fils du président Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 42 ans.

La Guinée équatoriale a annoncé lundi la fermeture de son ambassade à Londres après des sanctions, considérées par Malabo comme «illégales», imposées pour des faits de corruption par le Royaume-Uni contre le fils du président Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir sans partage depuis 42 ans dans ce pays d’Afrique centrale.

«La première décision que le gouvernement a adoptée est de procéder à la fermeture totale de notre mission diplomatique à Londres», a déclaré lundi Simeon Oyono Esono, ministre des Affaires étrangères sur la TVGE, la télévision d’État, sans donner de détails sur la date. Teodorin Obiang Mangue, vice-président de Guinée équatoriale, a été sanctionné jeudi par Londres notamment pour le «détournement de fonds publics» et des pots-de-vin lui ayant permis de financer un train de vie somptueux. Fils de Teodoro Obiang Nguema, 79 ans, Teodorin – Teodoro Nguema Obiang Mangue pour l’état civil – aurait consacré plus de 500 millions de dollars à l’acquisition de résidences de luxe à travers le monde, d’un jet privé, de voitures et d’objets de collection liés au chanteur Michael Jackson.

«Nous n’admettons pas d’ingérence dans les affaires internes de notre pays», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, poursuivant que les sanctions «violent le principe du droit international». Ces mesures, qui prévoient un gel des avoirs et des interdictions d’entrée au Royaume-Uni, ont été prises dans le cadre d’un régime de sanctions anticorruption qui avait déjà permis de punir en avril 22 particuliers de six pays différents, dont la Russie. Le vice-président «n’a réalisé aucun investissement au Royaume-Uni», avaient-elles poursuivi.

«Geste inamical»

Les autorités équato-guinéennes avaient rejeté «des sanctions juridiquement infondées» et exigé qu’elles soient «levées dans les plus brefs délais». Malabo avait considéré ces mesures «comme un geste inamical» du gouvernement britannique. «Les mesures que nous avons prises aujourd’hui ciblent des individus qui se sont enrichis aux dépens de leurs citoyens», a déclaré jeudi le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, dans un communiqué. Le vice-président de Guinée équatoriale a été sanctionné notamment pour avoir «détourné de l’argent public sur son compte en banque personnel» et pour avoir «sollicité des pots-de-vin».

«C’est un pas dans la bonne direction, qui rappelle que la corruption n’est pas un crime sans victime», a réagi samedi dans un communiqué Tutu Alicante, directeur de l’ONG équato-guinéenne de défense des droits humains EG Justice, qui vit en exil estimant que la plupart des 1,4 million d’habitants de Guinée équatoriale vivent sans accès à «l’eau potable et à des écoles décentes».

La Guinée équatoriale est dirigée sans partage depuis plus de 42 ans par Teodoro Obiang Nguema, et Teodorin, omniprésent sur la scène publique depuis plus d’un an, est présenté de plus en plus ouvertement comme son «dauphin». Ce pays à l’économie sérieusement en berne en raison de la chute en 2014 des cours des hydrocarbures, dont elle dépend à 90%, a consacré 95 milliards de francs CFA à la Défense (160 millions de francs) dans son budget 2020 contre 59 milliards à l’Éducation (97 millions de francs).

En France, dans l’affaire dite des «biens mal acquis», Teodorin Obiang a été condamné en appel le 10 février 2020 à trois ans de prison avec sursis, 30 millions d’euros d’amendes et des confiscations de ses biens en France. Un arrêt définitif de la Cour de cassation – la plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français – est attendu le 28 juillet.

Publicité
Publicité

Plus de 20 Minutes

image beaconimage beaconimage beacon