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La victoire des talibans ravive les tensions entre Inde et Pakistan

logo de 20 Minutes 20 Minutes 25.09.2021 AFP

Les dirigeants des deux pays voisins ne sont pas d’accord sur la manière dont ils devraient considérer le régime taliban après le départ des troupes américaines.

Le Premier ministre indien Narendra Modi aux Nations Unies, à New York, ce samedi. © Getty Images via AFP Le Premier ministre indien Narendra Modi aux Nations Unies, à New York, ce samedi.

Le Premier ministre indien Narendra Modi a souligné samedi à l’ONU qu’aucun pays ne devait tirer profit de l’arrivée au pouvoir des talibans en Afghanistan, après avoir échangé la veille des accusations d’extrémisme avec le Pakistan qui a appelé le monde à travailler avec les nouveaux dirigeants à Kaboul. «Il est absolument essentiel de s’assurer que le territoire de l’Afghanistan ne soit pas utilisé pour développer le terrorisme et pour des attaques terroristes», a souligné le dirigeant indien à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU.

«Nous devons également être vigilants et veiller à ce qu’aucun pays ne tente de profiter de la situation délicate là-bas et de l’utiliser comme un outil pour ses propres intérêts égoïstes», a lancé Narendra Modi. La veille, lors d’un entretien avec le président américain Joe Biden à la Maison-Blanche, le Premier ministre indien avait fait part de sa préoccupation sur le rôle du Pakistan en Afghanistan.

Il s’est prononcé pour un «examen étroit et une surveillance du rôle du Pakistan en Afghanistan – le rôle du Pakistan sur la question du terrorisme», a dit aux journalistes, après les entretiens, le ministre des Affaires étrangères indien Harsh Vardhan Shringla.

«Purger l’Inde des musulmans»

Dans son discours à l’ONU, intervenu vendredi via une vidéo préenregistrée, le Premier ministre pakistanais Imran Khan a affirmé pour sa part que les talibans avaient promis de respecter les droits humains et a encouragé la communauté internationale à dialoguer avec eux. «Nous devons renforcer et stabiliser l’actuel gouvernement pour le bien du peuple d’Afghanistan», a-t-il insisté.

M. Khan a également défendu l’attitude de son pays, principal soutien du régime taliban 1996-2001 qui a imposé une interprétation particulièrement rigoriste de l’islam et accueilli Al-Qaïda, ce qui a entraîné l’invasion américaine en Afghanistan, suivant les attentats du 11 septembre 2001.

Des responsables américains ont accusé les puissants services de renseignements pakistanais de continuer à soutenir les talibans, Donald Trump, le prédécesseur de Joe Biden, ayant pris la décision de couper l’aide militaire américaine.

Droit de réponse

Au-delà de l’Afghanistan, Imran Khan a accusé l’Inde de «faire régner la terreur» sur les musulmans, ce qui a entraîné une vive réaction de la délégation indienne. Il a accusé Narendra Modi de vouloir «purger l’Inde de ses musulmans. La pire et la plus répandue des formes d’islamophobie règne désormais en Inde» et concerne les quelque 200 millions de musulmans vivant dans ce pays, a dit Imran Khan.

L’une des questions épineuses opposant l’Inde et le Pakistan est le Cachemire, territoire himalayen que se disputent les deux pays. La colère couve dans le Cachemire indien depuis 2019, lorsque New Delhi a révoqué de manière controversée la semi-autonomie de la région, la plaçant sous son autorité directe. Les habitants de cette région à majorité musulmane affirment que la répression s’est depuis intensifiée.

Imran Khan, qui doit échanger avec le président Biden, a accusé les autorités américaines de fermer les yeux sur les «violations en toute impunité des droits humains» par l’Inde. En fin de débat vendredi soir, une diplomate indienne a réclamé un droit de réponse et a donné une réplique vigoureuse à Imran Khan. Sneha Dubey a accusé le Pakistan d’avoir abrité Oussama Ben Laden, qui a été tué par les forces spéciales américaines en 2011 lors d’un raid dans la ville militaire d’Abbottabad où il se cachait.

«C’est un pays pyromane qui se présente comme pompier», a-t-elle lancé. «Le Pakistan nourrit des terroristes dans son jardin et il espère qu’ils vont seulement faire du mal à leurs voisins», a-t-elle poursuivi. Elle a fait état de violences contre les minorités au Pakistan et évoqué le «génocide culturel et religieux» perpétré en 1971, lorsque le Bangladesh a obtenu son indépendance. Une diplomate de la délégation pakistanaise, Saima Saleem, a aussitôt demandé un droit de réponse pour affirmer que le Cachemire, contrôlé partiellement par Islamabad, était un dossier de politique intérieure à l’Inde.

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