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Les coûts figuraient «dans la mission de base de la police»

logo de 20 Minutes 20 Minutes 30.11.2021 Jérôme Faas

Quel impact pour le contribuable a eu la venue au bout du lac du polémiste français? L’État ne les chiffre pas, alors qu’un élu aimerait plus de transparence.

Le gros des coûts liés à la venue d’Éric Zemmour à Genève a été lié à la sécurisation de la manifestation antifasciste qui s’est déroulée aux Pâquis, a indiqué l’État. © Christian Bonzon Le gros des coûts liés à la venue d’Éric Zemmour à Genève a été lié à la sécurisation de la manifestation antifasciste qui s’est déroulée aux Pâquis, a indiqué l’État.

Qu’a coûté au contribuable genevois la venue d’Éric Zemmour au bout du lac le 24 novembre? La question titille certains élus, dont le député socialiste Sylvain Thévoz. Il peine à comprendre que des policiers, et donc de l’argent public, soient engagés pour sécuriser la venue en Suisse d’un politicien étranger, candidat depuis mardi midi à une élection étrangère, dans le but premier de se faire de la publicité et de lever des fonds – donc «sans le moindre lien avec les autorités locales ou avec le rôle de Genève en tant que place internationale». À une interrogation similaire de «20 Minutes», le porte-parole du Département de la sécurité, Laurent Paoliello, a répondu de manière non chiffrée: «Tout ce qui a été mis en place entrait dans la mission de base de la police.»

Il explique que «le gros des frais» est lié à la manifestation antifasciste, autorisée, qui a déambulé mercredi soir aux Pâquis. «Le propre de la démocratie, c’est de permettre les manifestations. Et quand une manifestation est organisée, on doit la sécuriser.» Ici, assure le communicant, «nous savions qu’elle avait été infiltrée par les black blocs», d’où un déploiement de force important. Celui-ci a certes un coût, «mais nous utilisons des fonctionnaires de police dont c’est la mission. Ils perçoivent un salaire et ne se seraient pas tourné les pouces s’il n’y avait pas eu de manifestation.»

Un raisonnement identique s’applique à la sécurisation de l’Hôtel Hilton, où Éric Zemmour a participé à un dîner-débat payant en présence de 300 invités. Ce sont les menaces adressées à l’hôtel, en particulier les alertes au colis piégé, qui ont nécessité la vérification des lieux. «Là aussi, il s’agit d’une mission de base de la police, qui procède à une levée de doute lors de chaque alerte. On ne peut pas reprocher à l’hôtel, un lieu privé, d’accueillir un événement privé, pour lequel Éric Zemmour disposait par ailleurs de sa propre sécurité privée.» Laurent Paoliello fait la différence avec, par exemple, un match de football, événement pour lequel un forfait est facturé à l’organisateur, c’est-à-dire le club. «Mais, là, il s’agit d’une manifestation grand public.»

Bref, résume le porte-parole, «le critère pertinent, c’est la menace. Quand on sait qu’il y en a une, quelle qu’elle soit, la police peut et doit intervenir.» Pour le reste, il se félicite que démonstration ait été faite qu’à Genève «des gens aient pu exprimer des avis différents sans confrontation». Cette réponse laisse sur sa faim Sylvain Thévoz. «Ce qui me choque, c’est le manque de transparence. Je ne suis pas d’accord avec le fait de dire qu’il s’agit de la mission de base des policiers parce que, justement, s’ils n’étaient pas là, ils seraient ailleurs. Les citoyens ont le droit de savoir comment sont dépensés leurs impôts. Notre rôle de députés consiste à contrôler l’allocation des ressources, et pour cela elle doit être énoncée de manière transparente. Qu’on nous donne donc le nombre de policiers engagés, puis chacun se fera sa propre idée.»

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