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Un forum de Davos pour définir la protection de la biodiversité

logo de 24 heures 24 heures 24.06.2022 ATS

Des centaines de chercheurs, représentants d’ONG et responsables de l’environnement se réunissent dès dimanche dans la station grisonne pour le «World Biodiversity Forum».

Environ un million d’espèces animales et végétales (sur huit millions) sont menacées d’extinction dans les prochaines décennies, selon le recteur de l’Université de Zurich. © KEYSTONE Environ un million d’espèces animales et végétales (sur huit millions) sont menacées d’extinction dans les prochaines décennies, selon le recteur de l’Université de Zurich.

Près de 700 chercheurs, représentants d’ONG et responsables de l’environnement se réunissent dès dimanche à Davos (GR) pour parler de la crise de la biodiversité. Contrairement au climat, ce domaine n’a pas d’objectif clairement défini pour travailler.

«La biodiversité n’a pas son «objectif 1,5 degré», déplore le recteur de l’Université de Zurich, Michael Schaepman, interrogé par Keystone-ATS avant le «World Biodiversity Forum» de Davos. Il fait référence à l’objectif fixé dans les accords de Paris sur le climat en 2015.World Biodiversity Forum

Il est pourtant central de connaître l’objectif, afin de pouvoir définir concrètement un chemin et des mesures de protection, ajoute-t-il.

Au stade de l’alarmisme

Actuellement, on se trouve encore au stade de l’alarmisme: on met en garde contre la sixième extinction de masse en cours, souligne le professeur, qui fait partie du comité de pilotage scientifique de la conférence de Davos.

Environ un million d’espèces animales et végétales (sur huit millions) sont menacées d’extinction dans les prochaines décennies. Mais il s’agit finalement d’un chiffre abstrait, que personne ne peut vraiment appréhender, déplore le géographe. «Nous devons trouver un message clair pour un objectif de biodiversité, analogue à celui de l’accord de Paris sur le climat», affirme-t-il. Ce sera l’un des principaux thèmes du Forum de Davos.

Parmi les participants à cette conférence figurera le «who’s who de la recherche sur la biodiversité». On a atteint une taille critique qui garantit un grand rayonnement à cette conférence, organisée par le programme international de recherche Biodiscovery, dont le bureau de coordination est basé à l’Université de Zurich, et le programme de recherche prioritaire «Global Change and Biodiversity» de la haute école zurichoise, explique le recteur.

Observation spatiale

Il y a encore des lacunes élémentaires à combler dans la recherche sur la biodiversité, souligne M. Schaepman. Alors que la recherche sur le climat connaît les instruments et possède le savoir-faire pour lutter contre le changement climatique, celle sur la biodiversité n’en est encore qu’à ses débuts.

«L’une des questions les plus urgentes est de savoir comment nous devons surveiller la biodiversité à l’échelle mondiale», déclare l’expert. En effet, la biodiversité évolue plus rapidement que ce que l’on peut saisir avec des méthodes de mesure conventionnelles, c’est-à-dire le travail de terrain.

À Davos, des experts, notamment de l’Agence spatiale européenne (ESA), se réuniront pour discuter d’un système de surveillance global basé sur des images satellites. Les spécialistes espèrent que l’observation spatiale permettra de recenser la biodiversité en continu et de manière plus rapide dans le monde entier, même dans les régions difficiles d’accès

Que protéger?

«Une question encore plus fondamentale est de savoir ce qui fait partie de la biodiversité, ce qu’est la nature et donc ce qui est digne de protection», insiste Michael Schaepman. Chez certains peuples indigènes, l’homme et tout ce qu’il a créé font partie de l’inventaire de la nature au même titre qu’un arbre.

La situation est différente dans le monde industrialisé: les villes denses avec leurs bâtiments en béton et leurs routes ne sont guère associées à la nature. Un paysage cultivé, en revanche, l’est davantage, bien qu’il soit tout autant façonné par l’homme. «La question est de savoir quelle nature nous souhaitons», relève le professeur zurichois.

Une COP en Suisse?

Selon lui, les résultats de la conférence devraient être intégrés, sous forme d’une résolution, dans les discussions du 15e sommet de l’ONU sur la biodiversité, qui se tiendra en décembre à Montréal. Un accord global novateur sur la protection de la biodiversité est attendu lors de cette COP15.

M. Schaepman espère que le sommet suivant aura lieu en Suisse. «Il serait judicieux de l’organiser directement après la conférence de Davos», estime-t-il, attendant un signal de la Suisse officielle.

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