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Paris Jackson trace sa route en France

logo de Paris Match Paris Match 10.12.2017 Paris Match

A la manière 
de Kerouac, la fille 
du roi de la pop, Paris Jackson, 
a traversé incognito la France.

Paris Jackson trace sa route en France © Instagram Paris Jackson trace sa route en France

Pour les bougnats d’une brasserie de la rue de Grenelle, elle est une Américaine de plus à qui ils servent un café crème. A Paris, Paris n’est pas connue. Ce n’est poutant pas sa première visite en France. Elle y est venue enfant, avec son père et ses deux frères, Prince et « Blanket » ; la famille descendait alors au Plaza Athénée, le palace de l’avenue Montaigne. Aujourd’hui, la jeune fille de 19 ans préfère louer un appartement sur Airbnb et en changer quasiment tous les jours. Parce qu’elle aime les lumières de la ville, elle attend que la nuit tombe pour sortir et fumer en terrasse avec ses amis. 

Cinquante tatouages sur le corps – dont neuf dédiés à son père –, des yeux bleus perçants, un ukulélé porté en bandoulière, l’héritière Jackson est une routarde venue de Beverly Hills qui aimerait suivre la voie de Jack Kerouac et faire oublier son nom et ses millions. Hippie californienne constamment connectée à Instagram, elle vénère le dieu indien Ganesh autant que les personnages de Walt Disney, et elle assume une certaine fascination pour la morbidité. A Los Angeles, elle se rend régulièrement au musée de la Mort, où elle a découvert les photographies des cadavres de Marilyn Monroe et du président Kennedy, tandis qu’en France, elle visite les catacombes. La mort, Paris l’a frôlée plusieurs fois. En janvier, elle révèle au magazine «Rolling Stone» avoir tenté à trois reprises de se suicider. A 15 ans, dépressive et droguée, elle s’ouvre les veines et avale une vingtaine de pilules. Hospitalisée, elle est ensuite envoyée dans une école thérapeutique de l’Utah. «Ça m’a beaucoup aidée. Je suis une personne très différente, maintenant.» Elle arrête la drogue et l’alcool, couvre ses cicatrices avec l’encre de ses tatouages, soigne ses angoisses par la poésie – elle lit Dante en ce moment – et par l’exercice. En Californie, elle arpente les parcs naturels et campe dans le désert Mojave. 

A Paris, elle prend le métro et marche beaucoup, sur le Champ-de-Mars notamment, jusqu’à la montagne Sainte-Geneviève. Sans programme, elle se laisse porter, aventureuse et autonome, on s’assied sur les pavés, au bord de la Seine, contemplative. Elle a moins de 20 ans et la bohème lui semble un idéal. «Elle est impulsive, très intuitive, et prend ses décisions au jour le jour», explique un Français rencontré dans la capitale. Paris Jackson aurait sans doute aimé naître dans les années 1970, celles de son idole, John Lennon ;  mais elle voit le jour en 1998, alors que son père a déjà sorti tous ses tubes et vendu près de 1 milliard de disques.

Paris Jackson © Instagram Paris Jackson
Ukulélé à la main, le jour de son arrivée à Rennes © Instagram

«Je connais par cœur tous ses morceaux», confie-t-elle, en mars, lors d’une interview dans le «Tonight Show» de Jimmy Fallon. La gamine que le monde a vu s’effondrer en larmes lors des obsèques télévisées de Michael Jackson, en 2009 – elle avait 11 ans –, a décidé de se lancer dans une carrière d’actrice et de mannequin. Elle vient de poser pour Chanel et de jouer son premier grand rôle, aux côtés de Charlize Theron, dans un film prévu pour 2018. Mais la musique n’est jamais loin. Elle en écoute beaucoup, Tupac autant que Tchaïkovski, joue de plusieurs instruments, écrit et chante des airs folks. «Elle a une culture musicale incroyable», confirme la chanteuse Madeline Fuhrman, une amie d’enfance. «Paris et moi étions dans la même école à L.A., nous sommes restées en contact depuis. Je lui ai demandé de me donner un coup de main, elle a accepté.» 

Ainsi, c’est Madeline qui l’a convaincue de pousser son voyage jusqu’en Bretagne où elle est en train de tourner des clips vidéo de «The Humanizing Project», avec le jeune réalisateur Hugues Puyau. En une heure trente de TGV, Paris se retrouve donc à Rennes. Elle loue un petit appartement du centre-ville et explore l’ancienne cité médiévale, le marché des Lices où elle écoute chanter son amie Madeline. Le soir, les deux copines retrouvent la jeunesse rennaise au bar Penny Lane. Paris leur joue du ukulélé; on termine la nuit en chantant. Paris passe la journée du lendemain avec Madeline et Hugues, en studio, à Liffré, une commune d’Ille-et-Vilaine. «Elle m’a aidée pour la direction artistique de l’enregistrement, explique la chanteuse. Elle a de très bonnes idées.» Paris a été jusqu’à enregistrer sa voix, pour la première fois. Mais Rennes n’est qu’une étape avant Paris, Londres et Prague dans un tour d’Europe en solitaire, comme elle a déjà fait celui des Etats-Unis, son sac à dos pour unique bagage. «Mais elle peut aussi décider soudainement de rentrer chez elle», indique le réalisateur Hugues Puyau qui a été surpris de la trouver si «facile d’accès».

Elle a repris les combats chers à son père, contre le sida notamment, et elle s’investit dans la fondation caritative Heal the World qu’il avait créée

A Los Angeles, Paris vit avec ses deux chiens dans un studio, propriété de la famille Jackson, où son père avait commencé l’enregistrement de «Beat It». Son petit ami de 26 ans, un batteur tout aussi tatoué qu’elle, y aurait installé ses instruments. Elle, dont le père dissimulait le visage sous un masque lors de leurs sorties, se montre désormais plusieurs fois par jour, en photo et en vidéo. «J’ai longtemps eu un grand manque d’estime pour moi, déclare Paris. Mais quand je pose, j’oublie […] et je me trouve jolie.» Elle a la peau blanche mais dit se sentir noire: «Mon père me regardait dans les yeux, il me pointait du doigt et me disait : “Tu es noire, sois fière de tes racines.”» Quand des rumeurs attribuent ses origines à un donneur contractualisé, elle ne doute pas être une Jackson. 

Paris Jackson © Instagram Paris Jackson
Selfie sac au dos pour ses 2,3 millions d’abonnés Instagram, à Paris, le 22 novembre. © Instagram

Il y a eu tant de choses étranges dans son existence, dont la célébrité est sans doute la moins déstabilisante: et d’abord la vie en autarcie avec ses deux frères dans un domaine baptisé «Neverland» – 1 000 hectares, un zoo, un parc d’attractions, une salle de cinéma. Les enfants n’en sortiront qu’en 2005, alors qu’elle a 7 ans, quand le procès contre leur père, pour agressions sexuelles sur mineurs, se termine par un acquittement. Michael les emmène alors dans un long périple de quatre années, ponctué par des séjours en Irlande, à Las Vegas et à Bahreïn. C’est là que Paris aurait attrapé le virus du voyage, raison de plus pour s’intégrer si difficilement à l’école, elle qui a été éduquée par des professeurs à domicile jusqu’à ses 11 ans. L’école privée Buckley ne lui a pas laissé que des bons souvenirs: «J’ai voulu grandir trop vite et je n’étais pas quelqu’un de très gentil», confie-t-elle à «Rolling Stone». Elle vit alors avec sa grand-mère, Katherine Jackson. Sa mère, Debbie Rowe, une infirmière divorcée de Michael Jackson quand elle avait 1 an, ne l’a pas élevée. Michael a exigé, par contrat, d’avoir la garde exclusive des enfants. Paris avait 13 ans quand elle a retrouvé Debbie, sur Internet. Celle-ci souffre d’un cancer et sa fille lui a plusieurs fois apporté son soutien… dans des messages publics sur Instagram, où plus de 2 millions de personnes la suivent. 

Paris Jackson © Instagram Paris Jackson
Retrouvailles avec son amie Madeline à sa descente du TGV, à Rennes, le 26 novembre. © Instagram

Cette enfant de Hollywood a décidé de faire quelque chose de la célébrité mondiale dont elle est légataire. Elle a repris les combats chers à son père, contre le sida notamment, et elle s’investit dans la fondation caritative Heal the World qu’il avait créée. En août dernier, lors d’une cérémonie de remise de prix musicaux à Los Angeles, elle a pris le micro pour dénoncer les tensions raciales: «Nous devons montrer à ces nazis, ces suprématistes blancs, de Charlottesville et de tout le pays, que […] nous n’avons aucune tolérance pour leur violence. »

Son amie Madeline insiste: «Paris veut suivre son propre chemin et elle aimerait un peu plus d’unité et de solidarité dans l’industrie de la musique et du cinéma, pour pouvoir changer les mentalités. Elle espère que la France l’accueille et la protège.» Paris aura toujours Paris.

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