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L'actualité économique

Bitcoin menace-t-il de détruire le monde ?

logo de Capital Capital 31.10.2018 Gregory RAYMOND
Bitcoin menace-t-il de détruire le monde ? © Lars Hagberg / AFP Bitcoin menace-t-il de détruire le monde ?

Une étude universitaire américaine déclare que la consommation énergétique du Bitcoin pourrait faire grimper la température de deux degrés d’ici 2048 si sa popularité grandit. Une conclusion un peu hâtive.

Nier le caractère énergivore du protocole Bitcoin est vain. Oui, il consomme beaucoup d’électricité. Selon une équipe de chercheurs de l’université d’Hawaï, il en utiliserait autant qu’un pays de la taille de l’Autriche (9 millions d’habitants). Leur étude a été publiée lundi 29 octobre dans la revue scientifique Nature et cherche à calculer la consommation énergétique que la cryptomonnaie pourrait avoir si sa technologie continue de croître. À terme, estiment les chercheurs, elle pourrait contribuer à faire grimper la température du globe de deux degrés Celsius d’ici 2048.

Si Bitcoin consomme autant d’énergie, c’est pour garantir sa sécurité. Son protocole n’est contrôlé par aucune banque, mais par un réseau d’utilisateurs, appelés “mineurs”, dont le travail consiste à valider les transactions. Leurs ordinateurs effectuent des calculs très complexes et sont rémunérés en bitcoins. Plus le nombre d'utilisateurs augmente, plus la complexité soumise aux ordinateurs aussi, alimentant de facto la consommation électrique. C’est ce mécanisme qui assure la protection du système : si quelqu’un souhaite pirater Bitcoin, il doit réunir plus de la moitié de la puissance de calcul de l’ensemble des ordinateurs du réseau. Soit un coût de plusieurs milliards de dollars forcément prohibitif.

UNE SOURCE MAJORITAIREMENT FOSSILE...

Les mineurs sont incités à installer leurs machines dans des endroits où l’électricité est abordable. Ces derniers trouvent donc parfois un point de chute près de barrages hydroélectriques : dans ce cas, le minage de cryptomonnaies ne produit aucune émission de gaz à effet de serre. Mais dans d’autres cas, les mineurs exploitent des réseaux électriques alimentés en grande partie par des centrales à charbon, comme c’est le cas en Chine, où se concentre une grande partie des mineurs. C’est pourquoi, selon l’étude, Bitcoin pèserait 41 milliards de tonnes de dioxyde de carbone. “Pour moi, c’est hallucinant”, déclare Camilo Mora, l’un des scientifiques signataires.

“Notre analyse suggère que si son taux d'adoption suit celui de technologies largement utilisées (ndlr : carte bancaire, lave-vaisselle, électricité elle-même), il pourrait créer une demande en électricité capable de produire suffisamment d'émissions pour dépasser les deux degrés Celsius de réchauffement de la planète en quelques décennies à peine”, avancent les auteurs.

...MAIS DONT LE RECOURS EST INCERTAIN À L'AVENIR

Cette conclusion est contestable car “l’étude part du principe que le secteur continuera à s’alimenter par de l’énergie d’origine fossile”, souligne Sébastien Gouspillou, patron de Bigblock Datacenter, l'une des leaders français du minage de cryptomonnaies (présent à Nantes, en Ukraine, au Kazakhstan et en Russie). Or pour lui, Bitcoin est paradoxalement un moteur de transition énergétique.

Sébastien Gouspillou résume son argumentation dans “Bitcoin métamorphoses : de l’or des fous à l’or numérique” (Dunod), un ouvrage écrit par Jacques Favier, Benoît Huguet et Adli Takkal Bataille paru en octobre 2018 :

“On nous présente l’électricité issue du renouvelable comme la moins chère, mais pour la plupart des usages connus les centrales “fossiles” sont bien souvent plus efficaces (régularité et abondance) et plus compétitives que les centrales “propres”. (...) Aujourd’hui, nombre de centrales hydroélectriques européennes perdent des clients et se retrouvent en surproduction. (...) Le mining est le client idéal des producteurs d’électricité verte, avec des caractéristiques inégalables : mobilité totale, possibilité de s’installer dans les zones les plus reculées, car il y a peu de personnels à faire venir, pas besoin d’infrastructures de transport pour expédier la production, ni d’infrastructure de stockage de sa production. (...) L’extraction minière Bitcoin, en devenant électro-intensive stimule l’offre. Elle entraînera mécaniquement quantité d’innovations dans l’énergie propre. D’ores et déjà, de grands projets éoliens et solaires intègrent le minage dans leur calcul de faisabilité, et l’hydroélectricité y fait appel pour optimiser sa production.”

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