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Dans cinq ans, un skieur sur deux sera chinois

logo de 24 heures 24 heures 21.04.2018 Ivan Radja
Dans cinq ans, un skieur sur deux sera chinois © (24 heures) Dans cinq ans, un skieur sur deux sera chinois

La Chine met les bouchées doubles en vue des JO d’hiver 2022. Pas moins de 57 stations sont sorties de terre rien qu’en 2017.

On estime à 130 millions le nombre de skieurs dans le monde. Dont 12,1 millions de Chinois. Dans quelques années, ce sera du 50%-50%, explique Laurent Vanat: «L’ambition affichée par Pékin est d’atteindre le chiffre de 120 millions de Chinois adeptes de la glisse, et cela à relativement court terme.», Le spécialiste du tourisme de neige et de montagne présentait cette semaine à Grenoble son 10e rapport international, qui passe en revue pas moins de 2000 stations réparties dans 67 pays.

Le dynamisme chinois a de quoi laisser rêveur: rien qu’en 2017, 57 stations de ski sont sorties de terre, ce qui porte le total à 703, présentes dans la plupart des provinces du pays. «Certes, il y en a de très petites, avec un lift, mais un quart sont de vraies stations, avec plusieurs remontées mécaniques, les hôtels et l’infrastructure nécessaires». La plus grande d’entre elles est Yabuli près de Harbin, dont les récents développements l’ont rapprochée des standards en vigueur en Europe ou au japon, avec un réseau de 46 pistes réparties sur trois montagnes. De 2007 à 2017, le nombre de skieurs a triplé, et la fréquentation des stations a connu un vrai boom depuis l’attribution en 2015 des JO d’hiver pour 2022: lors de la saison 2015/2016, la barre des 15 millions de journées skieurs a été franchie, «ce qui place la Chine en bonne position pour devenir l’un des futurs big players de cette industrie», pronostique Laurent Vanat. Pékin ambitionne d’atteindre les 40 millions de journées skieurs en 2022, réparties dans un millier de stations.

Gros marché pour les constructeurs

Mais attention, la Chine n’a pas la même culture du ski que l’on connaît dans les Alpes. Est considéré comme skieur celui qui ne chausse les lattes qu’une fois par an, et 80% sont des débutants. Par contre, les mentalités changent vite: 80% des skieurs ont moins de 40 ans, et la plupart sont âgés de 25 à 35 ans. La Chine représente un vrai relais de croissance pour les équipementiers, et les constructeurs de remontées mécaniques. «Tous sont là-bas, à l’image de la Compagnie des Alpes par exemple, car Pékin est demandeur d’expertise dans ce domaine», ajoute-t-il. Ce dynamisme, allié à un léger regain de fréquentation aux États-Unis (+3,7% en 2016-2017, soit 54,8 millions de journées skieurs), explique en grande partie l’embellie sur le plan mondial: «Après trois ans de stagnation ou de baisse, le nombre total de journées skieurs affiche une hausse de 4% sur l’hiver 2016-2017, souligne Laurent Vanna. Il suffit que les États-Unis connaissent une bonne saison pour que cela fasse tout de suite quelques millions de journées skieurs en plus». Les modèles d’affaires ont aussi passablement évolué. Nouveaux modèles alpins L’Amérique du Nord, dont l’organisation tourne autour de quelques très grands acteurs (Vail, Altera Mountain Company, entre autres), achève sa consolidation, tandis que les marchés occidentaux ont vu apparaître «des disruptions dans le modèle d’affaires au niveau des abonnements de saison», précise-t-il. Sur ce point, le succès du Magic Pass en Suisse romande confirme la pertinence d’un modèle importé des Montagnes Rocheuses. Les Alpes ont connu une hausse des très grands domaines skiables reliés entre eux, notamment grâce à la construction d’interconnexions en Autriche. «Mais cela ne rend pas pertinent pour autant l’affichage par ces domaines du nombre de kilomètres de pistes, constate Laurent Vanat. Car d’une part les gens y attachent moins d’importance que l’on croit, et seul un petit nombre les parcourt vraiment, et d’autre part on sait que ces calculs sont sujets à caution. Certaines pistes se mesuraient en slalomant, afin d’allonger les kilomètres…». Mais si la saison 2016-2017 s’est avérée mauvaise dans les Alpes, et en Suisse en particulier, celle qui s’achève est plus réjouissante, enneigement oblige. Selon les Remontées mécaniques suisses, le nombre de journées skieurs a augmenté de 6,9% par rapport à l’an passé, et de 1,4% sur la moyenne des cinq dernières années. Et ce malgré les tempêtes de début janvier et le mauvais temps qui a frappé certains week-ends.

Skieurs en baisse en Europe

Il n’en demeure pas moins que la région des Alpes (France, Italie, Autriche, Suisse, Slovénie et Liechtenstein) peine à endiguer la baisse du nombre de skieurs. «La population change, observe Roland Schegg. Tout le monde ne sait pas forcément skier dès son plus jeune âge, comme c’était encore le cas il y a trente ans, et les jeunes issus de l’immigration n’ont pas cette culture dans leur famille». L’essor du ski chinois aura-t-il des retombées sous nos latitudes? «En termes de tourisme, j’imagine que cela restera confidentiel, estime Roland Shegg, professeur à la Haute École de gestion et tourisme de la HES-SO Valais. Mais 1% à 2% de 120 millions, c’est toujours bon à prendre…».

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