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L'OIT réclame des hausses de salaires

logo de Le FigaroLe Figaro 27.11.2018 Armelle Bohineust

L'organisation internationale du travail note une croissance faible des revenus dans le monde alors que PIB et chômage s'améliorent.

figarofr © De DiegoMariottini via Shutterstock figarofr

Les «gilets jaunes» ne sont pas les seuls à militer en faveur d'une hausse du pouvoir d'achat. L'Organisation internationale du travail (OIT) réclame aussi des hausses de revenus pour les travailleurs. «Les salaires qui stagnent sont un obstacle à la croissance économique et à la hausse des niveaux de vie. Les pays devraient explorer, avec leurs partenaires sociaux, les moyens de parvenir à une croissance salariale durable du point de vue économique et social», a affirmé lundi Guy Ryder, directeur général de l'OIT, lors de la sortie du dernier rapport mondial sur les salaires, réalisé dans 136 pays.

Son message vise en particulier les pays riches, où le ralentissement de la hausse des salaires est le plus marqué. En termes réels, c'est-à-dire corrigée de l'inflation, la croissance salariale mondiale a ralenti de 2,4 % en 2016 à 1,8 % en 2017 et elle devrait demeurer à un niveau faible en 2018.

Dans les États «avancés» du G20, la croissance des salaires réels est très faible, souligne l'OIT. Aux États-Unis, elle n'a pas dépassé 0,7 % depuis deux ans. Pour l'Europe de l'Ouest, la progression des revenus est tombée à un niveau proche de zéro l'an dernier. En France, les salaires ont augmenté de 0,1 % et ils reculeront de 0,4 % cette année, selon les estimations en cours. En Allemagne, ils devraient passer de + 0,9 % en 2017 à + 1,7 % en 2018.

Cette évolution trop lente, dont l'OCDE s'inquiétait également la semaine dernière, s'explique en partie dans des États comme la France ou l'Italie, où les salaires suivent à peu près la progression, «faible», de la productivité, souligne Philippe Marcadent, l'un des auteurs du rapport. «C'est plus préoccupant au Japon ou en Allemagne, où le décrochage entre salaires et productivité est plus marqué», ajoute-t-il.

Surtout, cette faible progression des salaires dans les pays à revenu élevé est «déroutante» alors que le PIB est reparti à la hausse et que le chômage régresse dans divers pays, insistent les experts de l'OIT.

Au-delà du ralentissement de la hausse de la productivité, cette évolution inférieure aux attentes peut s'expliquer par «une concurrence internationale accrue et par l'incertitude qui pèse sur les entreprises et les incite à contenir leurs coûts. L'affaiblissement du pouvoir de négociation des salariés (avec une chute drastique du nombre de syndiqués dans certains pays) joue aussi», complète Philippe Marcadent.

Fortes inégalités salariales

La situation est très différente dans les émergents, en particulier la Chine (+ 5,6 % en 2017). Au cours des vingt dernières années, les salaires réels moyens ont presque triplé dans les pays en développement du G20 tandis que dans les pays avancés ils n'avaient augmenté que de 9 %, pointe l'OIT.

Autre enseignement du rapport, un peu partout dans le monde, les inégalités de salaires demeurent fortes. Globalement, les écarts les plus importants se retrouvent dans les pays les moins riches. Cependant, des États très développés comme le Royaume-Uni et les États-Unis affichent des niveaux d'inégalités salariales près de deux fois plus marqués que d'autres pays matures, comme la Suède.

La France, avec un indicateur de 26,2 selon le coefficient de Gini, contre 33,8 pour la Grande-Bretagne et 19,5 pour la Suède, figure dans les dix pays les plus égalitaires.

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