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L'aromantisme, une orientation sexuelle méconnue

logo de Terrafemina Terrafemina 07.02.2019 Pauline Machado

L'aromantisme, comme l'asexualité, est extrêmement peu représentée. Il s'agit de ne ressentir aucune attirance romantique - ou très peu - pour un·e partenaire.

On a appris il y a peu l'existence de l'aromantisme. On connaissait l'asexualité, le fait pour une personne de ne ressentir aucune attirance sexuelle pour un·e autre, ni pour elle-même, mais pas son cousin, qui se traduit par une absence - voire un ressenti extrêmement rare et faible - de sentiments romantiques tout court.

Pas de papillons dans le ventre, pas de besoin de se sentir aimer ni d'éprouver des émotions vibrantes liées à une relation de couple. Loin des sensations amoureuses que l'on a longtemps crues, à tort, universelles, l'aromantisme est une orientation reconnue comme innée, et non comme un choix personnel, au même titre que les communautés LGBTQ+.

Un·e internaute qui se déclare comme asexuelle et aromantique, explique ce spectre sur son Tumblr à ses lecteurs·trices qui auraient du mal à le contextualiser : "Imaginez qu'il y a une émission de télévision qui est très populaire. Tout le monde semble la regarder et l'aimer. Tu l'as vu une fois, et ça ne t'intéressait pas. Rien n'a attiré ton attention. Tu ne pouvais pas t'attacher à ce spectacle. Et pourtant, les gens te répètent que tu devrais l'aimer parce que c'est incroyable, drôle, réconfortant, etc."

Une représentation proche du néant

Dans une société tournée principalement vers le désir de l'autre et la recherche permanente d'attention et d'amour, l'aromantisme ressemble un peu aux irréductibles Gaulois qui résistent encore et toujours à l'envahisseur. Et ce, aux dépens de l'incompréhension d'une partie de la population, pour qui le sentiment amoureux est si fort qu'elle ne voit pas comment on peut en être dépourvu. Elle ne voit pas et surtout, on ne lui montre pas.

Car si 1 % de la population se déclare asexuelle, et 26 % de ce résultat se dit aromantique, selon un sondage de l'AVEN réalisé en 2004, la représentation médiatique ou sociétale s'approche davantage des 0 %. Les histoires relayées au cinéma ou dans les séries sont constamment composées d'intrigues amoureuses, comme s'il s'agissait de l'unique façon de retenir une audience.

Le site américain spécialisé dans la culture pop The Mary Sue explique d'ailleurs avec justesse qu'il arrive parfois qu'un personnage qui se rapprocherait de l'aromantisme ou de l'asexualité, à l'instar de Jughead dans les comics Archie et compagnie, se transforme en protagoniste romantique dans l'adaptation moderne, la série teen Riverdale. Une décision "décevante et blessante envers les fans qui aspiraient à cette représentation", affirme l'autrice de l'article.

De l'affection non-amoureuse

Ce qu'il faut savoir en revanche, c'est que l'aromantique est loin de ne rien ressentir du tout. C'est seulement dans l'intimité amoureuse que les émotions sont presque inexistantes, quand on les compare à la population romantique. Dans le cercle amical ou familial, cette communauté éprouve de la tendresse et de l'affection.

Aussi, il reste tout à fait possible de démarrer une relation de couple avec un·e aromantique, puisque le désir sexuel reste présent pour beaucoup d'entre elles et eux. Bien sûr, mieux vaut être averti·e de l'orientation de son ou sa partenaire si c'est le cas, afin d'éviter les malentendus et les attentes irrationnelles, et surtout différencier si l'absence d'affection romantique est liée à son identité ou à un simple manque de respect.

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