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Les cyclistes, trop souvent victimes des giratoires

logo de Tribune de Genève Tribune de Genève 08.10.2018 Alexandre Haederli
Les cyclistes, trop souvent victimes des giratoires © (Tribune de Genève) Les cyclistes, trop souvent victimes des giratoires

C’est l’un des arguments phares des partisans des giratoires: ce type de carrefour permet de réduire le nombre d’accidents et donc d’augmenter la sécurité.

Il y a pourtant une catégorie d’usagers de la route pour qui cela ne se vérifie pas: les cyclistes.

Alors que le nombre global d’accidents sur les routes suisses est en baisse régulière ces dernières années, les accidents impliquant des vélos dans les giratoires connaissent une hausse sensible.

Lire notre dossier consacré aux ronds-points: Le giratoire le plus dangereux se trouve à Lausanne

Notre analyse, fondée sur les chiffres de l’Office fédéral des routes, indique qu’ils sont passés de 356 en 2011 à 418 l’année dernière. Une augmentation de 17% qui peut s’expliquer en partie par la popularité croissante de la mobilité douce, mais pas seulement.

«Les études montrent que les giratoires sont globalement plus sûrs que d’autres types de carrefour, mais on sait aussi qu’ils sont particulièrement dangereux pour les vélos, confirme Patrick Eberling, expert en circulation au Bureau de prévention des accidents (BPA). L’accident le plus fréquent, c’est une voiture qui s’engage dans le giratoire sans voir qu’un cycliste s’y trouve déjà.»

Un phénomène qui est accentué lorsque le giratoire est «plat», c’est-à-dire que le conducteur peut voir de l’autre côté. Il aura alors tendance à focaliser son attention sur ce qui se passe en face de lui et à moins bien regarder à sa gauche. «Il aura alors vite fait de ne pas remarquer la silhouette discrète d’un cycliste», poursuit le spécialiste.

Autre situation fréquente: une voiture dépasse un vélo à l’intérieur du giratoire puis lui coupe la route lorsqu’il oblique à droite pour prendre une sortie. «Et c’est encore pire lorsque le giratoire compte deux voies de circulation», ajoute Juerg Haener, responsable de campagne chez Pro Vélo. Dans l’écrasante majorité des accidents, c’est l’automobiliste qui est responsable. Pour les cyclistes, les conséquences sont lourdes. Onze cyclistes ont trouvé la mort dans des giratoires entre 2011 et 2017, plus de 2700 ont été blessés, dont 470 grièvement.

Si le problème est connu, les solutions se font attendre. «À une période, les urbanistes ont tenté de mettre des pistes cyclables dans les giratoires, se souvient Patrick Eberling, du BPA. C’était une catastrophe et ils ont rapidement arrêté.»

La tendance actuelle est de séparer les cyclistes des automobilistes. «Le récent giratoire qui se trouve devant la Cité du Lignon, à Genève, est un exemple magnifique, illustre Juerg Haener. Il dispose d’un contournement cyclable.» L’enjeu, pour faire rouler les vélos en site propre, c’est évidemment la place qui, souvent, manque.

Si les infrastructures peinent à s’adapter, plusieurs acteurs de la sécurité routière ont décidé d’actionner un autre levier: le comportement des usagers de la route. Courant septembre, une campagne d’affichage a été lancée pour rappeler aux cyclistes qu’ils doivent, pour leur propre sécurité, rouler au milieu de la route dans les giratoires. Des actions de sensibilisation ont été organisées dans différentes villes. «Nous avons pu constater qu’une partie importante, peut-être la moitié, des cyclistes n’ont pas le réflexe d’occuper le milieu de la chaussée», observe Juerg Haener. La police était aussi présente et arrêtait les automobilistes. «L’idée, c’est que la responsabilité est partagée, et qu’il ne faut pas stigmatiser une catégorie d’usagers. D’autant que la même personne peut conduire une voiture un jour et être cycliste le lendemain.»

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