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Italie: Salvini dit avoir fait baisser les arrivées de migrants de 80%

logo de L'Express L'Express 16/08/2019 lexpress.fr
Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini le 14 août 2019 à Gênes en Italie. © afp.com/Alberto PIZZOLI Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini le 14 août 2019 à Gênes en Italie.

Matteo Salvini ne cache pas sa fierté. Le ministre italien de l'Intérieur a affirmé jeudi que "son obsession" pour l'immigration avait débouché sur une baisse de 80 % des arrivées de migrants dans son pays sur un an. 

"De toute évidence, mon obsession a servi à quelque chose", a commenté Matteo Salvini, qui a présidé jeudi une réunion annuelle des directions de toutes les forces de l'ordre avant de donner une conférence de presse.

"La baisse de l'immigration est de 80 % sur un an, nous avons diminué le nombre des morts et des disparus, nous avons diminué le nombre de demandes d'asile en suspens", s'est vanté Matteo Salvini, disant que les économies réalisées dans l'accueil d'étrangers serviraient à "embaucher 8000 hommes et femmes dans les forces de l'ordre".

"Content de [s]on obsession"

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a critiqué jeudi la "concentration obsessionnelle" de Matteo Salvini sur le thème de l'immigration "réduite à la formule "ports fermés"", dans une lettre ouverte très cinglante adressée au ministre.

Matteo Salvini a également affirmé avoir été félicité pour ses efforts contre "l'immigration clandestine" par les gouvernements de nombreux pays, dont Israël, les États-Unis, le Brésil et l'Allemagne.

Selon le rapport annuel du ministère de l'Intérieur rendu public jeudi, un total de 8691 migrants, dont 1119 mineurs non accompagnés, ont débarqué sur les côtes italiennes au cours des douze derniers mois (août 2018-juillet 2019), chiffre en recul de 80 % par rapport aux douze mois précédents.

Ils sont arrivés sur des embarcations de Tunisie (36,8 %), de Libye (22,3 %), de Turquie (21 %), de Grèce (10,8 %) et d'Algérie (9,1 %). Fin juillet, ces migrants étaient au total 105 142 à se trouver en Italie, soit 34 % de moins qu'un an plus tôt.

"Nous nous reverrons l'an prochain"

Leur accueil a coûté environ 500 millions d'euros au cours des douze derniers mois, contre 1,2 milliard entre août 2017 et juillet 2018. Les demandes d'asile (36 250) ont pour leur part reculé de 56 %.

"Nous nous reverrons l'an prochain", a aussi lancé Matteo Salvini à la presse, une façon de dire qu'il sera toujours au gouvernement en août 2020 alors qu'il vient de faire exploser la coalition populiste au pouvoir.

Il avait organisé cette année sa conférence annuelle à Castel Volturno, une station balnéaire notoirement aux mains de la Camorra (mafia de la région de Naples) et de la criminalité organisée nigériane, un haut lieu du trafic de drogue et de la prostitution.

L'été précédent, Matteo Salvini s'était rendu en Calabre, à San Luca, le fief de la 'Ndrangheta (mafia calabraise). l'Etat italien a saisi ou définitivement confisqué des milliers de biens des mafias pour une valeur totale de 7,5 milliards d'euros en un an.

AUSSI SUR MSN: Italie : la crise politique en lien avec l’immigration continue

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