Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Le film «Black Panther» victime d'une «Google bomb» raciste

logo de Liberation Liberation 12/02/2018 Savinien de Rivet

De nombreux internautes ont relevé durant ce week-end ce qui s'apparente à une bourde raciste dans les résultats Google de plusieurs salles de cinéma qui s'apprêtent à projeter le dernier blockbuster Marvel.

De nombreux internautes ont relevé durant ce week-end ce qui s’apparente à une bourde raciste dans les résultats Google de plusieurs salles de cinéma. Sur le moteur de recherche, l’affiche du film Black Panther, associée au site Allocine.fr, apparaissait avec le titre La Planète des singes : Suprématie, suggérant un lien mal intentionné entre le casting majoritairement afro-américain du blockbuster Marvel (en salles mercredi prochain) et les personnages simiesques du film de science-fiction sorti l’été dernier.

Interpellé sur les réseaux sociaux pour cet un amalgame douteux, le site Allociné a rejeté, à raison semble-t-il, la faute sur l’algorithme de Google.

En effet, un site n’a pas réellement la main sur les résultats affichés par les moteurs de recherche. Il peut les suggérer, et ces résultats seront la plupart du temps affichés par Google. Mais il peut arriver que l’algorithme du moteur de recherche en publie d’autres.

[mise à jour : à 21h, Google France a reconnu via Twitter des anomalies et affirme avoir fait le nécessaire : «Nous avons constaté que plusieurs titres étaient effectivement associés de façon erronée à certaines affiches de films. Nos équipes se sont mobilisées rapidement et ont corrigé cette erreur»].

Chadwick Boseman dans «Black Panther» © null Chadwick Boseman dans «Black Panther»

Des groupes d’internautes malveillants

La plupart du temps, le problème ne provient pas d’une erreur humaine chez Google, mais d’internautes qui se sont donné le mot pour tromper volontairement l’algorithme. On appelle cette pratique le Google bombing. Pour cela, les internautes en question publient massivement des commentaires sur les réseaux sociaux et les sites ouverts aux commentaires, associant l’expression qu’ils veulent que Google adopte à la page qu’ils veulent cibler. Ils effectuent également des requêtes dans les moteurs de recherche associant les deux expressions. Google associe alors peu à peu la page du site à l’expression, et suggère cette dernière comme premier résultat.

D’autres films récents ont également été la cible de canulars de mauvais goût : Cinquante Nuances plus claires est ainsi devenu Alice ça glisse au pays des merveilles.

Il se peut également, comme l’indique un expert en référencement, qu’Allociné ait jusqu’ici paramétré son moteur de recherche interne en fonction des expressions recherchées par les internautes. Ce qui a permis à des personnes malveillantes de tromper ce dernier en tapant des expressions racistes.

«Black Panther» déjà victime d’un review bombing aux US

Un groupe Facebook américain avait déjà lancé une campagne pour faire baisser la note de Black Panther sur le site Rotten Tomatoes. Cet agrégateur de critiques, le plus connu outre-Atlantique, recoupe les critiques de nombreux sites aux US et en sort une note globale en pourcentage de critiques positives ou négatives.

Ce groupe Facebook avait lancé une campagne sur le thème «donnons à Black Panther un score d’audience pourri sur le site Rotten Tomatoes». Le groupe a clairement agi avec des motivations racistes, mécontent que le casting du film soit principalement constitué de personnes de couleur. Il avait déjà sévi par le passé en tentant de faire baisser la note critique du dernier Star Wars, coupable à ses yeux de donner trop de place à des personnages féminins.

De nombreux politiques victimes de Google bomb

Par le passé, de nombreux politiques ont fait les frais des facéties de google bombers. Aussi, la requête «Miserable failure» (misérable échec) a longtemps dirigé en premier l’internaute sur la biographie de George W. Bush, puis sur celle de Barack Obama. La requête «liar» (menteur), a quant à elle été associée à la biographie de Tony Blair.

En France, l’expression «trou du cul» a longtemps renvoyé à Nicolas Sarkozy, «gros balourd» à Jean-Pierre Raffarin, «magouilleur impuni» à Jacques Chirac. La requête «Nicolas Sarkozy» a quant à elle renvoyé un certain temps à la page du film Iznogoud.



AUSSI SUR MSN : Black Panther : un super-héros noir, ce qui est rare dans l’univers des comics

Relire la vidéo

Chaque semaine, ne manquez pas le meilleur de l'info!


Publicité
Publicité

Plus d'info : Liberation.fr

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon