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"Les gens ne veulent plus rien entendre": le blues des Insoumis à l'approche des européennes

logo de BFMTV BFMTV 10/05/2019 Anne Saurat Dubois avec Jeanne Bulant

À moins de trois semaines du scrutin européen, les dirigeants de la France insoumise ne cachent plus leur inquiétude. À 9% d'intentions de vote, le parti est en difficulté dans les sondages et multiplie désespérément les appels en direction de son électorat à se rendre aux urnes.

Jean-Luc Mélenchon à Bordeaux le 29 avril 2019. © NICOLAS TUCAT / AFP Jean-Luc Mélenchon à Bordeaux le 29 avril 2019.

"Ne nous laissez pas tomber", avait lancé le chef de file des Insoumis à ses électeurs bordelais le 29 avril dernier, comme un énième appel à ne pas s'abstenir aux européennes.

Ce jeudi soir en meeting à Limoges, Jean-Luc Mélenchon a de nouveau reconnu les difficultés de son parti dans cette campagne. Micro à la main, le député des Bouches-du-Rhône a même conclu son discours en rappelant que la France insoumise était "le mouvement politique le plus touché par l'abstention". 

LFI touchée par "le dégagisme" ambiant

Depuis plusieurs semaines, les dirigeants insoumis ne cachent plus leur inquiétude alors que les sondages prédisent une mobilisation plus faible dans leur camp que dans les autres, bloquant pour l'instant les intentions de vote envers La France insoumise sous la barre des 10%, bien loin des 19% de 2017. Selon le dernier sondage Elabe pour BFMTV publié mardi, la liste de Manon Aubry n'est créditée que de 9% d'intentions de vote.

La France insoumise reconnaît qu'elle peine à mobiliser son électorat traditionnel, notamment les classes populaire. Comme si "le dégagisme" ambiant avait fini par toucher aussi le parti de Jean-Luc Mélenchon.

"La campagne pour les européennes est très difficile", reconnaît-on volontiers dans les rangs du parti. "Dans les classes populaires, notamment, les gilets jaunes mais pas seulement, le rejet est total, et il concerne tout le monde ... y compris la France insoumise."

La crise des gilets jaunes et son rejet de la chose politique dans son ensemble n'épargnent ainsi aucun parti.

"Les classes populaires sont en rejet total. Les gens ne veulent plus rien entendre, pour l’instant, ils ne veulent plus de représentation, ils disent 'allez vous faire voir, vous êtes tous des menteurs, vous les politiques'", analyse-t-on encore chez LFI.

Remédier à la stagnation des intentions de vote

Seul l'électron libre François Ruffin parvient timidement à tirer son épingle du jeu et à créer un lien avec les gilets jaunes, "notamment avec son film et sa tournée, c’est un lien ténu", murmure un proche du parti.

Pourtant, le parti ne lésine pas sur les efforts pour essayer de recréer du lien et de faire de ces élections un "référendum anti-Macron". Ce jeudi, Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin et Manon Aubry se sont rendus par exemple à Amiens dans l'espoir de remédier à la stagnation de leurs intentions de vote: ville hautement symbolique, notamment en raison de la fermeture encore fraîche de l'usine Whirlpool.

Fin avril, Jean-Luc Mélenchon avait fait un appel du pied à Benoît Hamon dans l'espoir de réussir à unir la gauche. Mais les divergences semblaient trop grandes pour que ce rassemblement puisse être effectif. Pas de regrets sur cet impossible rassemblement, confient néanmoins les Insoumis.

En attendant, le leader insoumis refuse le duel annoncé entre les listes La République en Marche et Rassemblement national. Dans l'idée, "il faudrait refuser le match annoncé mais la réalité c’est que ces deux adversaires sont des adversaires de confort et qu’ils s’arrangent bien l’un l’autre", confie-t-on chez les Insoumis.

"Et c’est imparable: celui qui se retrouve face au RN gagne forcément, parce qu’il y a l’effet 'vote-barrage'".

Si à la tribune, Manon Aubry tonne que "le RN et LaREM, c’est bonnet blanc et blanc bonnet", au fond de la salle, un gilet jaune glisse volontiers: "ça sera ni l’un ni l’autre, j’irai pas voter".

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