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Pyrénées : Avec 52 ours recensés en 2019, la population augmente mais les problèmes demeurent

logo de 20 Minutes 20 Minutes 23/04/2020 Nicolas Stival

52 ours ont été repérés en 2019 dans les Pyrénées. C’est dix fois plus qu’à la fin du siècle dernier, avant l’introduction de plantigrades slovènes à partir de 1996

La population d'ours des Pyrénées a été sauvée grâce à l'introduction depuis 1996 de plantigrades originaires de Slovénie. Illustration. © Olivier Joly / Sipa La population d'ours des Pyrénées a été sauvée grâce à l'introduction depuis 1996 de plantigrades originaires de Slovénie. Illustration.

Alors que le gouvernement catalan et l’ONG espagnole Fundación Oso Pardo ont publié le rapport dès mardi, les autorités françaises ne l’avaient toujours pas fait ce jeudi. Mais les chiffres sont là : selon ce document du groupe transfrontalier du suivi de l’ours dans les Pyrénées, 52 plantigrades ont été identifiés dans le massif en 2019, soit trois de plus qu’en 2018.

Une barre symbolique est franchie pour une espèce qui ne comptait plus que cinq représentants autochtones, isolés dans le Béarn, avant le début de la politique d’introduction d’ours slovènes, en 1996.

« Côté français, pour des associations comme Ferus et Pays de l’ours-Adet, c’est une reconnaissance du travail effectué, souligne Sabine Matraire, vice-présidente de Ferus. A l’origine, le dispositif était présenté comme une réintroduction expérimentale. Cela s’est révélé être un succès biologique. Mais ce n’est pas parce qu’on a franchi un palier que cette population doit être considérée comme sauvée, comme certains élus veulent peut-être le faire croire. »

Du côté des opposants au plantigrade, le discours est forcément tout autre. « L’augmentation ne nous étonne pas, et c’est un chiffre minimum, car certains ours peuvent ne pas être repérés une année, et réapparaître celle d’après, indique Rémi Denjean, éleveur ariégeois et coprésident de l’Association pour le développement durable de l’identité des Pyrénées (Addip). La situation est beaucoup plus difficile avec 50 ours qu’avec 20, et elle le sera encore plus avec 70 ou plus. »

Dix oursons repérés, six animaux considérés morts

Dans le détail, dix naissances ont été repérées en 2019 (un record, à égalité avec 2016 et 2017) puisque cinq femelles différentes ont eu chacune deux petits : Isil, Caramelles, Bambou, Fadeta et Sorita. Cependant, les oursons de cette dernière ont été vraisemblablement tués par un autre ours. Au total, six plantigrades étaient considérés morts en 2019, la plupart parce qu’ils n’avaient plus donné signe de vie depuis 2017. Parmi eux : les deux petits de Sorita, mais aussi la femelle Hvala et le mâle Fifonet.

Le 9 avril dernier, la découverte du cadavre de Cachou dans le Val d’Aran (Espagne), a semé la consternation chez les écologistes et fait naître un début de polémique autour de la cause de cette mort. Mais la disparition de ce mâle de cinq ans pose un autre problème pour les partisans de l’animal : le manque de diversité génétique chez les ours du massif.

« Pyros est le père de la majorité des oursons nés dans les Pyrénées », observe Sabine Matraire. Plus repéré depuis avril 2017, alors qu’il approchait les 30 ans, ce mâle dominant introduit en 1997 est sans doute mort.

Respectivement lâchés en 2006 côté français et en 2016 en Espagne, Balou et Goiat devaient prendre sa relève en tant qu’étalons. Mais le premier n’a eu qu’un seul descendant connu, le malheureux Cachou, alors que le second semble pour l’heure surtout intéressé par les grandes balades en montagne, au cours desquelles il croque parfois quelques équidés.

Emmanuel Macron hostile aux réintroductions

« Un rapport du Muséum national d’histoire naturelle en 2013 recommandait le lâcher de 6 à 17 individus, dont au minimum six femelles », rappelle Sabine Matraire. Au rayon ourses, Sorita et Claverina ont été introduites en octobre 2018 dans le Béarn, mais les associations réclament d’autres lâchers, vigoureusement combattus par les opposants, récemment confortés par le chef de l’Etat.

En janvier à Pau, Emmanuel Macron a ainsi promis à une délégation d’éleveurs qu’il n’y aurait pas de nouvelles réintroductions d’ici la fin de son mandat et qu’il envisageait de retirer du massif des ours considérés « à problèmes ». Cette visite béarnaise intervenait quelques mois après un été meurtrier pour plusieurs troupeaux d’ovins sur les estives pyrénéennes, victimes de dérochements où l’ours faisait souvent figure de suspect numéro 1.

Rémi Denjean était présent à Pau. « Le président de la République nous a aussi parlé de ramener un peu de concertation dans ce dossier, ajoute le coprésident de l’Addip. Il s’agit de réactiver des instances de gouvernance avec un rôle plus important donné aux élus locaux, moins éloignés des problèmes que le préfet de la région [le préfet d’Occitanie est également coordonnateur du massif des Pyrénées]. »

Les maires et conseillers départementaux sont souvent acquis à la cause anti-ours, notamment dans le centre de la chaîne et en Ariège, où se concentre la majeure partie de la population ursine.

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