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Une procureure adjointe du parquet de Paris mise en examen

logo de Le ParisienLe Parisien 13/02/2019 Jean-Michel Décugis et Éric Pelletier
Le Parisien: Véronique Degermann assure qu’elle n’était pas au courant de cette « manip », qui a permis à l’indic en question de bénéficier d’une chambre d’hôtel durant sa période de garde à vue. © LP/Philippe de Poulpiquet Véronique Degermann assure qu’elle n’était pas au courant de cette « manip », qui a permis à l’indic en question de bénéficier d’une chambre d’hôtel durant sa période de garde à vue.

Véronique Degermann est poursuivie après la « garde à vue fantôme » d’un indicateur de l’Office des stups en avril 2012. Policiers et magistrats se renvoient la responsabilité de cette « manip » judiciaire.

Journée très particulière au palais de justice de Lyon. Véronique Degermann, procureur adjoint au parquet de Paris, a été mise en examen ce mardi soir par un juge d’instruction pour « complicité de faux » et usage.

Durant tout l’après-midi, la magistrate a dû livrer des explications sur les conditions dans lesquelles l’un des plus importants trafiquants de drogue français - qui était en réalité un informateur de l’Office des stups - a été extrait de prison par des policiers spécialisés en avril 2012. Un habillage juridique, visant à faire croire à une garde à vue, a ainsi permis à Sofiane Hambli de séjourner plusieurs jours dans un hôtel de Nanterre (Hauts-de-Seine), le temps de passer commande à des trafiquants marocains. Il a ensuite regagné sa cellule à Nancy (Meurthe-et-Moselle).

Elle conteste avoir été avisée des coulisses de l’opération

Cette « manip » policière et judiciaire a été révélée par l’enquête, toujours en cours, sur la découverte de sept tonnes de cannabis boulevard Exelmans à Paris (16e) en octobre 2015. Depuis, deux versions s’opposent. D’une part, celle des policiers de la PJ (police judiciaire), dont l’emblématique commissaire François Thierry, qui gérait en direct l’indic. D’autre part, celle des magistrats du parquet de Paris en charge du contrôle des enquêtes, et en premier lieu Véronique Degermann, très appréciée par ses collègues.

Les policiers affirment avoir informé les magistrats des tenants et aboutissants de l’opération Hambli, bénéficiant en retour d’un « soutien actif ». Véronique Degermann, alors chargée de la lutte contre le crime organisé, estime au contraire ne pas avoir été tenue au courant de ses coulisses et notamment de la location d’une chambre d’hôtel.

Un témoin clé a été interrogé le 4 février dernier. Il s’agit de Karine Roussy-Sabourin. Placée hiérarchiquement sous les ordres de Véronique Degermann, cette ancienne magistrate du parquet de Paris a expliqué au juge d’instruction avoir eu des doutes sur le bien-fondé des demandes policières lorsqu’il s’est agi de renouveler la garde à vue au bout de 24 heures.

« Elle a initialement refusé ce prolongement, souligne son avocat Me Frédéric Monneret. Les policiers disent lui avoir donné tous les éléments d’information. Mais si elle avait été au parfum, pourquoi se serait-elle montrée si réticente ? » Karine Sabourin n’a finalement réalisé les actes nécessaires que sur instruction de sa hiérarchie.

Un autre magistrat bientôt entendu

Le juge d’instruction lyonnais chargé de faire la lumière sur cette sombre histoire considère manifestement la version de Karine Roussy-Sabourin comme plausible : alors qu’une mise en examen était envisagée, celle-ci a été placée sous le statut de « témoin assisté », moins incriminant. Lors de sa garde à vue, en octobre 2018, Véronique Degermann a assumé le fait d’avoir donné des instructions à sa collègue afin que soit poursuivie la garde à vue d’Hambli. Lors de son placement en garde à vue en octobre dernier, sa confrontation avec le commissaire François Thierry avait été tendue.

Comme l’a révélé « Le Progrès », un magistrat indépendant est à son tour convoqué à Lyon la semaine prochaine. Juge des libertés et de la détention à Paris en avril 2012, il avait donné son accord au prolongement de la garde à vue du trafiquant de drogue. Quant au commissaire François Thierry, interrogé au mois de décembre sur un autre volet du dossier, il devrait prochainement s’expliquer sur ce qu’il a lui-même qualifié de « garde à vue fantôme ».

Dans le cadre du dossier principal des sept tonnes de cannabis, François Thierry a été mis en examen en août 2017 pour « complicité de détention, transport et acquisition de stupéfiants » et pour « complicité d’exportation de stupéfiants en bande organisée ». Il conteste les faits.

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