Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

ÉDITO - "Depuis 24 heures, la France est en cessation virtuelle de paiement"

logo de Europe 1 Europe 1 13/11/2019 Nicolas Beytout
Depuis le 12 novembre, la France n’a théoriquement plus d’argent dans ses caisses, selon l’Institut Molinari. Le plus inquiétant, c’est sans doute que l’écart a continué de se creuser avec les autres pays européens, et que les Français continuent à demander toujours plus, prévient notre éditorialiste Nicolas Beytout. © PHILIPPE HUGUEN / AFP Depuis le 12 novembre, la France n’a théoriquement plus d’argent dans ses caisses, selon l’Institut Molinari. Le plus inquiétant, c’est sans doute que l’écart a continué de se creuser avec les autres pays européens, et que les Français continuent à demander toujours plus, prévient notre éditorialiste Nicolas Beytout.

Depuis le 12 novembre, la France n’a théoriquement plus d’argent dans ses caisses, selon l’Institut Molinari. Le plus inquiétant, c’est sans doute que l’écart a continué de se creuser avec les autres pays européens, et que les Français continuent à demander toujours plus, prévient notre éditorialiste Nicolas Beytout.

>>> Nous sommes aujourd’hui le 13 Novembre, et depuis 24 heures, l’Etat n’a plus d’argent. Plus d’argent pour payer les fonctionnaires, plus d’argent pour entretenir les routes, pour construire des hôpitaux ou améliorer des services publics. Plus d’argent pour augmenter les infirmières, pour mieux payer les profs, pour embaucher des policiers ou envoyer des militaires en opération extérieure.

Alors bien sûr, c’est une image, l’Etat peut toujours emprunter. Mais c’est aussi une réalité. C’est ce que démontre une étude, fantastique de clarté, qui a été réalisée par des chercheurs réunis au sein de l’Institut Molinari, un think tank français qui travaille sur le poids de l’Etat. Vous connaissez, évidemment, la fameuse règle des 3% de déficit, ce qu’on appelle généralement les 3% de Maastricht.  C’est la règle qu’Emmanuel Macron vient justement de contester dans une interview au magazine anglo-saxon The Economist.

Précisément. Le chef de l’Etat affirme que le débat autour de cette règle des 3% est "d’un autre siècle". Alors, j’ai regardé les chiffres. Et il se trouve que la France sera cette année le seul pays à dépasser les 3% de déficit public. Autrement dit, nous sommes dans la situation du mauvais élève qui explique que le barème de notation de sa copie est totalement dépassé.

Dans la même situation que… la Roumanie

Et pour mieux comprendre concrètement ce que cette posture de la France a d’incongru, voici une comparaison très instructive. Si on regarde les finances de l’Etat, de toutes les administrations centrales (on met de côté la Sécu et les collectivités locales), il n’y avait plus d’argent le 12 novembre et probablement même avant. Nous sommes dans la même situation que… la Roumanie, elle aussi en cessation virtuelle de paiement à cette date.

Et les autres pays européens, ils font mieux, beaucoup mieux. Même l’Italie, mauvais élève bien connu, ne sera à court de finances publiques que dans 3 semaines. En moyenne, les Etats européens tiennent jusqu’au 16 Décembre. Ce qui veut dire que l’impasse budgétaire de ces pays est minime. Et comme vous pouvez l’imaginer, plusieurs pays excédentaires ont assez de ressources pour boucler largement l’année. Ils sont onze dans ce cas. Dont l’Allemagne, bien sûr, qui tient jusqu’au 18 janvier. Mais aussi la Suède, avec son modèle social vertueux, très social-démocrate, qui a elle aussi des réserves jusqu’à mi-janvier.

C’est peut-être ça, le plus préoccupant : tous les pays ou presque ont amélioré leur situation depuis la crise économique. Ils ont creusé l’écart avec la France, ils ont réduit leurs dépenses, pas nous. Chaque fois qu’un Français demande plus à l’Etat, il devrait avoir ce chiffre en tête (49 jours à court d’argent), et se demander s’il accepterait, lui, de s’endetter encore plus.

Aussi sur MSN: Emmanuel Macron roi du monde, l'échec ? - 11/10

Relire la vidéo
VIDÉO SUIVANTE
1
Annuler
VIDÉO SUIVANTE
VIDÉO SUIVANTE

Publicité
Publicité

Plus de Europe 1

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon