Vous utilisez une ancienne version de votre navigateur. Veuillez utiliser une version prise en charge pour bénéficier d’une meilleure expérience MSN.

Émeutes en Guadeloupe: le gouvernement envoie Raid et GIGN après une nouvelle nuit de violences

logo de BFMTV BFMTV 21/11/2021

Relire la vidéo

Les manifestations anti-mesures sanitaires s'enveniment en Guadeloupe ces derniers jours. 200 policiers et gendarmes ainsi que le RAID et le GIGN ont été envoyés samedi soir en renfort sur l'île après une nouvelle nuit d'émeutes au cours de laquelle 16 personnes ont été interpellées.

Les blocages ont repris samedi en Guadeloupe après une nouvelle nuit de pillages et d'incendies lors de laquelle des policiers et gendarmes ont été visés par des tirs, faisant un blessé léger, malgré le couvre-feu imposé face à la dégradation de la mobilisation anti-pass sanitaire.

À l'issue d'une réunion de crise en fin de journée à Paris, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé l'envoi dans l'île d'une cinquantaine de membres des forces d'élite du GIGN et du Raid, tandis que son collègue chargé des Outre-mer, Sébastien Lecornu, annonçait qu'une réunion se tiendrait lundi soir autour du Premier ministre Jean Castex avec les parlementaires et les présidents des assemblées de la Guadeloupe, ainsi que le ministre de la Santé Olivier Véran.

"Il faut éviter le feu"

Le président de la région Guadeloupe, Ary Chalus, a pour sa part "appelé à l'apaisement". "Il faut qu'on retrouve un calme, il faut éviter le feu", a-t-il ajouté sur BFMTV.

Mais l'Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), en pointe de la contestation, a appelé "à poursuivre la mobilisation et à renforcer les piquets de revendications populaires", dans un communiqué.

Dans la nuit de vendredi à samedi, alors qu'un couvre-feu avait été instauré entre 18 heures et 5 heures, des pharmacies et des commerces de téléphonies ont notamment été visés. Selon le ministère de l'Intérieur, 31 interpellations ont été effectuées.

"La nuit a été très agitée", a confié une source policière à l'AFP, faisant état de "tirs à balles réelles sur un véhicule de police" au Gosier et "sur des gendarmes mobiles" à Pointe-à-Pitre. Au total, les forces de l'ordre déplorent, selon la même source, "l'usage d'armes à feu sur les forces de l'ordre sur quatre secteurs différents".

16 personnes interpellées, 5 incarcérées

"Un effectif a reçu une pierre au visage" et a été légèrement blessé, selon la même source. Plusieurs véhicules ont été dégradés.

Selon le parquet de Pointe-à-Pitre, seize personnes ont été interpellées et cinq d'entre elles ont été placées en détention dont une pour "violence volontaire avec arme sur une personne dépositaire de l'autorité publique".

Une centaine de policiers et 80 gendarmes étaient sur le terrain cette nuit dans l'île. Les policiers ont notamment fait face à une tentative d'intrusion à la résidence universitaire de Pointe-à-Pitre, ainsi qu'à "une vingtaine de pillages ou tentatives de vols" dans des commerces de Pointe-à-Pitre et du Gosier: bijouterie, PMU, banques, centre commercial...

Les forces de l'ordre cibles des projectiles

Durant la nuit à Saint-François, "des gendarmes sortant de la brigade ont été menacés par des jets de projectiles enflammés", sans qu'il y ait de blessé à déplorer.

Les pompiers sont intervenus pour des feux à Petit-Bourg dans deux commerces de téléphonie, par ailleurs pillés. Dans le même secteur, "une armurerie a été cambriolée", selon une source au sein de la gendarmerie.

Dans le sud de la Basse-Terre, selon une autre source, la situation a été plus calme sur les routes malgré quelques barrages: "Des gens, notamment des entrepreneurs, commencent à s'organiser et enlèvent des barrages, des riverains ont aidé les gendarmes". Cependant, les principaux axes restaient bloqués samedi matin, et de nouveaux barrages s'installaient.

Une situation "incompréhensible"

La mobilisation lancée il y a cinq jours par un collectif d'organisations syndicales et citoyennes contre le pass sanitaire et l'obligation vaccinale des soignants contre le Covid-19 se double désormais de violences commises par des émeutiers.

Après une nuit de jeudi à vendredi particulièrement violente, les écoles étaient restées fermées vendredi et, en raison de très nombreux barrages routiers, l'activité tourne au ralenti. Au CHU, les seuls véhicules autorisés à entrer restent les ambulances.

En fin de journée, l'Union régionale des médecins de Guadeloupe a lancé un appel à la population, rappelant "la fragilité du système de santé", et condamnant "les individus qui auraient empêché les malades d'accéder à leurs soins ou à des soignants d'accéder à leurs lieux d'exercice". Au 16 novembre, 46,4% des personnes de plus de 18 ans avaient reçu au moins une injection en Guadeloupe, selon l'ARS.

Alors que Gérald Darmanin et Sébatien Lecornu ont "condamné les violences" et "apporté tout leur soutien aux forces de l'ordre", la candidate socialiste à la présidentielle, Anne Hidalgo, a jugé samedi sur TF1 les violences "insupportables" et appelé au "dialogue".

"Rétablissons l'ordre mais écoutons la colère de nos compatriotes guadeloupéens", a pour sa part fait valoir Marine Le Pen, quand Jean-Luc Mélenchon a accusé Emmanuel Macron "de laisser la situation dégénérer" dans une "logique de pourrissement et de diabolisation", en demandant au gouvernement l'ouverture de "négociations".

Publicité
Publicité

Plus de BFMTV

Publicité
image beaconimage beaconimage beacon