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80 km/h sur les routes : le débat rebondit au Sénat

logo de Le Figaro Le Figaro 24/01/2018 Angélique Négroni

La mesure qui a été adoptée le 9 janvier dernier ne convainc pas les sénateurs. Ils entament, ce mercredi, une série d'auditions qui démarre avec celle du délégué interministériel à la sécurité routière. Ils remettront un rapport dans deux mois. Le sénateur de l'Eure, Hervé Maurey, explique sa démarche.

Adopté le 9 janvier dernier et faisant couler beaucoup d'encre, le 80 km/h sur 400.000 km du réseau secondaire en France, continue à faire débat. Les sénateurs s'emparent du sujet et souhaitent des explications sur l'adoption de cette mesure accueillie parmi eux avec grande réserve. Ils entament, à compter de ce mercredi, une série d'auditions qui démarre avec celle d'Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière. Ce dernier devrait être entendu dès 9 heures. Au terme de ces rendez-vous, le Sénat remettra dans deux mois environ un rapport dans lequel il rendra sa position sur cette mesure. Cette dernière entrera en vigueur en juillet prochain et concernera les routes secondaires à deux voies et à double sens sans séparateurs. Sénateur de l'Eure (Normandie) et président de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable, Hervé Maurey, qui va auditionner plusieurs acteurs, de la sécurité routière explique pourquoi il n'est pas convaincu par ce 80 km/h qui remplacera le 90 km/h.

figarofr: Manifestation contre la limitation de la vitesse à 80 km/h à Agen, le 20 janvier 2019. © MEHDI FEDOUACH/AFP Manifestation contre la limitation de la vitesse à 80 km/h à Agen, le 20 janvier 2019.

LE FIGARO. - Pourquoi ces auditions?

Hervé MAUREY.- Nous estimons que nous n'avons pas eu les éléments permettant d'apprécier la pertinence de cette mesure. Auprès du délégué interministériel à la sécurité routière, on espère obtenir un retour plus complet de l'expérimentation qui a été menée en France durant un an sur quelques tronçons de route où le 80 km/h avait été testé. Nous ne savons toujours pas si cette mesure contraignante est proportionnée par rapport aux effets attendus comme la baisse de la mortalité.

Pourquoi cette mesure vous inspire-t-elle une grande réserve?

Il y a peu de pays qui s'orientent vers ce choix et il y a en même qui, après avoir généralisé le 80km/h, font machine arrière. C'est le cas du Danemark. C'est bien la preuve que les choses ne sont pas si évidentes. Nous avons le sentiment que le travail réalisé avant l'annonce de cette mesure a été bâclé. Le dossier de presse contient des informations non fiables. Celles relatives à la baisse de la pollution nous renvoient au site d'un particulier dont les données n'ont pas été réactualisées depuis 2009. Ce n'est pas sérieux et encore moins quand il s'agit d'imposer une mesure attentatoire aux libertés.

Trouvez-vous que cette mesure crée une France à double vitesse entre le monde rural et urbain?

C'est indéniable. Elle pénalise la population du monde rural qui, pour circuler, est obligée de prendre sa voiture et qui utilise ces routes sur lesquelles la vitesse va être réduite. Tout ce qui augmente la durée du trajet -comme ce sera le cas avec le 80 km/h - inquiète ces usagers. Ces derniers s'inquiètent aussi de la hausse prévisible de la verbalisation. Il est déjà difficile de respecter le 90 km/h sur certains axes. Alors le 80 km/h risque d'être parfois dépassé.

Auriez-vous souhaité une autre mesure?

Nous voudrions savoir pourquoi le gouvernement ne s'est pas orienté vers une autre solution: imposer le 80 km/h quand c'est nécessaire. C'est le cas lorsque la route est dangereuse en raison de son état ou de sa configuration.

Avec le rapport que vous allez rendre, comptez-vous faire pression sur le gouvernement?

Pour commencer, les auditions vont être menées par des membres issus de deux commissions: celle de l'aménagement du territoire et du développement durable que je préside et celle des lois présidée par Philippe Bas. En parallèle, les sénateurs vont monter un groupe de travail et rendront leur rapport dans deux mois environ pour faire connaître leur position. Si nous ne sommes pas convaincus par cette mesure, nous le ferons savoir au gouvernement. Nous ferons pression auprès de lui pour qu'il tienne compte de nos conclusions. Nous avons un peu de temps pour cela car le 80 km/h doit entrer en vigueur en juillet prochain.

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