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A Villepinte, Zemmour pilonne violemment Macron "mannequin", "automate", "masque sans visage"

logo de Challenges Challenges 05/12/2021 Rémi Clément
Zemmour : une démonstration de force émaillée de nombreux incidents © AFP - JULIEN DE ROSA Zemmour : une démonstration de force émaillée de nombreux incidents

Le polémiste réunissait ses soutiens dimanche au Parc des expositions de Villepinte. Une démonstration de force émaillée de nombreux incidents, qui ont terni le succès politique de l'opération.

Il a réussi son pari. En réunissant plusieurs milliers de personnes – 15.000 selon ses équipes, probablement autour de 10.000 personnes – dimanche 5 décembre au Parc des expositions de Villepinte, Eric Zemmour a fait étalage de sa capacité de mobilisation. Une démonstration de force alors que l'ancien éditorialiste, en perte de vitesse dans les sondages après une série de polémiques, se devait de redonner un élan à sa campagne. Même si le rassemblement, émaillé de nombreux incidents dont un début de bagarre à l'intérieur même de la salle, ne manquera pas d'alimenter les critiques de ceux qui voient dans la candidature du polémiste un terreau de divisions pour le pays. Par trois fois au moins, l'événement a manqué de déraper : en début d'après-midi lorsqu'une journaliste de Quotidien, huée par les militants, a été exfiltrée par le service d'ordre pour "sa sécurité", au moment de l'arrivée d'Eric Zemmour quand une personne l'a empoignée par le cou avant d'être rapidement stoppée par la sécurité, et en plein discours de l'ancien journaliste, lorsque l'irruption de militants de SOS Racisme a conduit à de brefs mais violents affrontements en fond de salle.

Macron pris pour cible

Dans une atmosphère électrique, porté par une foule acquise à sa cause, le tout récent candidat à l'élection présidentielle, qui a dévoilé le nom de sa nouvelle formation politique – "Reconquête" – a ciblé ses "adversaires", au premier rang desquels Emmanuel Macron, les médias, et la nouvelle candidate des Républicains, Valérie Pécresse. "La meute est désormais à mes trousses. Mes adversaires veulent ma mort politique, les journalistes veulent ma mort sociale et les djihadistes veulent ma mort tout court", a-t-il dramatisé. Avant de se livrer à une série d'attaques d'une rare violence contre Emmanuel Macron, tour à tour "mannequin en plastique", "masque sans visage", "automate dans un labyrinthe sans fin" et "adolescent qui se cherche éternellement". "Nous allons remplacer le petit Macron par la grande nation", a-t-il promis tout en raillant le chef de l'Etat : "Trouvez-moi un seul Français qui puisse expliquer la pensée d'Emmanuel Macron. Un seul ! Il n'y en a aucun, pas même lui. Personne ne sait qui il est parce qu'il est personne."


Vidéo: Zemmour est "l'ennemi du genre humain" dit Mélenchon à son meeting (AFP)

   

Devant une marée de drapeaux tricolores, et sous les acclamations d'un public plutôt jeune mais absent de toute diversité, l'éditorialiste a labouré le terrain de ses obsessions : le "grand remplacement", le déclin de la France, la trahison des élites... "Alors que la France devait tranquillement continuer à sortir de l'Histoire, un petit grain de sable est venu gripper la machine. Ce petit grain de sable, ce n'est pas moi, c'est nous. S'ils me détestent, c'est parce qu'il vous détestent. S'ils me méprisent, c'est parce qu'ils vous méprisent", a lancé l'éditorialiste vantant le "peuple français", "qui est là depuis mille ans et qui veut rester maître chez lui encore mille ans". Au delà de ces déclarations un peu attendues, Eric Zemmour a pour la première fois dévoilé quelques propositions de son programme économique : une réduction des cotisations sociales pour "rendre un 13e mois aux salariés touchant le SMIC", la fin des droits de succession et un plan de "réindustrialisation", sans rentrer tout à fait dans les détails.

Peu de nouveaux soutiens

La rencontre devait être l'occasion pour l'éditorialiste de montrer un élargissement de sa base. Le signe qu'il parvenait à séduire au-delà de ses soutiens. De ce point de vue là, le succès est en demi-teinte. Certes, Eric Zemmour est parvenu à obtenir le ralliement du Mouvement conservateur (ex-Sens Commun), l'émanation politique de la Manif pour Tous, et du Parti Chrétien démocrate de Jean-Frédéric Poisson et Christine Boutin ; et il a vu deux figures des "gilets jaunes" le rejoindre, Jacline Mouraud et Benjamin Cauchy. Mais il n'est parvenu à décrocher le soutien d'aucun élu notable du RN ou de LR. Signe qu'il peine toujours à convaincre de sa crédibilité, au sein des forces concurrentes à droite. Le meeting du 5 décembre devait être selon ses soutiens une affirmation de sa force, "nous sommes les seuls capables de réunir 15.000 personnes comme ça", s'enorgueillissait le président des Amis d'Eric Zemmour, Antoine Diers. Le signe que son mouvement n'était pas uniquement "gazeux". Mais les débordements en marge du rassemblement montrent qu'il est encore loin de s'être normalisé.

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