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Allègement du confinement : la situation sanitaire est-elle vraiment meilleure qu'il y a un mois?

logo de leJDD leJDD 24/11/2020 Arnaud Focraud
Emmanuel Macron a détaillé mardi l'assouplissement des restrictions, à un moment où certains indicateurs sur l'épidémie ne sont pas encore revenus à la situation observée au début du confinement. Voici où nous en sommes par rapport au 30 octobre. © Reuters

Emmanuel Macron a détaillé mardi l'assouplissement des restrictions, à un moment où certains indicateurs sur l'épidémie ne sont pas encore revenus à la situation observée au début du confinement. Voici où nous en sommes par rapport au 30 octobre.

Les Français vont vivre un drôle de début de mois de décembre, pas vraiment confinés ni tout à fait déconfinés. L'allègement que leur a annoncé Emmanuel Macron mardi soir doit permettre de relâcher un peu la pression, notamment face aux colères exprimées de plus en plus vivement, en essayant de garder le contrôle sur l'épidémie de Covid-19, qui est actuellement en train de refluer. Mais où en est-on exactement depuis le reconfinement intervenu le 30 octobre? Voici quelques repères.

Dans les hôpitaux, le pic est passé mais la pression est aussi forte qu'il y a deux semaines 

Le pays compte mardi soir 30.622 personnes hospitalisées pour cause de Covid-19, un chiffre en baisse depuis une semaine mais qui est presque au niveau du pic observé lors de la première vague, au mois d'avril. Si la tendance est à la décrue, celle-ci ne fait donc que commencer puisque ce nombre de patients correspond à la situation du 9 novembre. Lors de l'entrée en vigueur du confinement, le 30 octobre, il y avait un peu moins de 22.200 patients hospitalisés. 

Dans les services de réanimation, le pic de la première vague (7.148 patients) n'a jamais été atteint, le maximum enregistré le 16 novembre faisant état de 4.919 personnes admises en même temps. Cette évolution a d'ailleurs fait démentir la projection la plus "optimiste" du gouvernement, qui estimait en début de mois à 6.000 personnes le nombre maximum de personnes en réanimation, en cas de confinement bien "respecté".

Pour autant, on compte encore près d'un millier de patients supplémentaires pris en charge par rapport au 30 octobre (3.377 personnes étaient comptabilisées à cette date). La pression hospitalière, qui est l'élément déterminant des autorités dans la gestion de cette crise, reste donc très élevée, avec un taux d'occupation des lits de 84,6% par rapport à la capacité initiale des hôpitaux français.

La mortalité commence à peine à décroître


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La courbe des décès, elle, ressemble encore pour l'heure davantage à un plateau qu'à une décrue significative. La France enregistre chaque jour en moyenne environ 400 décès dans les services hospitaliers, la situation à ce jour étant celle observée au 8 novembre, plus d'une semaine après le reconfinement. Lors de la première vague, il avait fallu attendre la toute fin du confinement, au début du mois de mai, pour voir cette courbe descendre sous les 200 morts par jour. Là aussi, la décrue pourrait être lente.

Surtout, en y ajoutant les décès observés ailleurs, le pays vient de franchir mardi la barre symbolique des 50.000 morts du Covid-19 ce qui en fait, rapporté à sa population, le cinquième Etat le plus touché d'Europe (derrière la Belgique, l'Espagne, l'Italie et le Royaume-Uni). 

Le nombre de contaminations est au même niveau que lorsque Macron a annoncé un couvre-feu dans les grandes villes françaises

Le nombre de malades confirmés du Covid-19 a fortement chuté ce mois-ci, sous l'effet des restrictions. Il atteint en moyenne sur 7 jours près de 17.000 cas par jour, nettement inférieur au niveau du 30 octobre (plus de 41.000) à un moment où la tendance était encore en forte hausse. Mais c'est presque le même niveau que lorsqu'Emmanuel Macron s'était exprimé le 14 octobre, lors d'une interview dans laquelle il annonçait l'instauration d'un couvre-feu en Ile-de-France et les principales métropoles du pays. "Notre objectif, de manière très concrète, c'est faire que ces 20.000 nouveaux cas par jour, on va devoir les ramener à 3 à 5.000 cas par jour parce que là, on peut maîtriser", expliquait à ce moment-là le chef de l'Etat. Six semaines plus tard, cet objectif reste le même. La France n'a plus connu un tel niveau de contaminations depuis… fin août. 

Le taux d'incidence est trois fois plus élevé que le seuil d'alerte initialement fixé 

Evolution du taux d'incidence en France, au 24 novembre. (Geodes/Santé publique France) © Arnaud Focraud (Geodes/Santé publique France) Evolution du taux d'incidence en France, au 24 novembre. (Geodes/Santé publique France)

La chute du taux d'incidence, qui correspond au nombre de nouveaux cas pour 100.000 habitants, est plus nette encore que celle des contaminations journalières. Il est sur le point de repasser sous le seuil des 150 cas, contre 500 début novembre. Mais cela reste au-dessus de ce qui a été constaté jusqu'à l'emballement de l'épidémie en octobre, et surtout du seuil d'alerte fixé par les autorités, qui est de 50 cas pour 100.000 habitants. En fait, ce seuil correspondait au niveau "d'alerte renforcée" instaurée dans un second temps. A l'heure actuelle, près de la moitié des départements sont encore au-delà de ce critère, à commencer par les deux les plus touchés, la Haute-Savoie (426) et la Savoie (337).

Evolution du taux de positivité en France, au 24 novembre. (Geodes/Santé publique France) © Arnaud Focraud (Geodes/Santé publique France) Evolution du taux de positivité en France, au 24 novembre. (Geodes/Santé publique France)

A noter que le taux de positivité des tests décroît lui aussi, puisqu'il est passé en trois semaines de 21,2% à 13,3%, mais reste supérieur au seuil d'alerte fixé à 10%. Seuls 20 départements de métropole sont actuellement sous ce niveau.

Le R effectif à 0,65, la vraie bonne nouvelle du confinement 

Evolution du R effectif (Gouvernement.fr) © Arnaud Focraud (Gouvernement.fr) Evolution du R effectif (Gouvernement.fr)

Ce dernier indicateur est, lui, revenu à un niveau jamais observé depuis le premier confinement : le R effectif, qui mesure la dynamique de l'épidémie, était au 14 novembre tombé à 0,65 (lorsqu'il est calculé à partir des tests PCR). Cela signifie que 100 personnes malades n'en contaminaient à leur tour plus que 65, et donc que l'épidémie refluait. L'enjeu de cette nouvelle période qui s'ouvre, avec l'assouplissement du confinement, sera donc de maintenir le R effectif sous la barre fatidique de 1, sans quoi toutes les autres données (contaminations, hospitalisations, entrées en réanimation...) repartiraient à la hausse.

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