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Biélorussie. Lourdes condamnations d’étudiants, les perquisitions continuent contre les journalistes

logo de Ouest-France Ouest-France 16/07/2021 avec AFP.
Des soldats devant des manifestants dénonçant la condamnation d’étudiants ce vendredi à Minsk en Biélorussie. © AFP Des soldats devant des manifestants dénonçant la condamnation d’étudiants ce vendredi à Minsk en Biélorussie.

Le régime d’Alexandre Loukachenko continue sa répression massive. Vendredi des peines de deux ans et demi de prison ont été attribuées à des étudiants qui avaient manifesté dans leur université. Les perquisitions dans les locaux de médias indépendants se multiplient.

La justice biélorusse a condamné vendredi 16 juillet 2021 à de lourdes peines de prison 11 étudiants et un professeur pour avoir manifesté contre le président Alexandre Loukachenko, la répression qui vise le mouvement de contestation historique de 2020 s’amplifiant et touchant également médias et ONG.

Les services de sécurité ont parallèlement mené dans la journée une nouvelle vague de perquisitions chez au moins 18 journalistes indépendants, dont au moins trois ont été arrêtés, selon l’association biélorusse des journalistes.

Depuis des mois, le régime d’Alexandre Loukachenko emprisonne à tout va opposants, journalistes et militants pour mater définitivement la contestation née de sa réélection – jugée frauduleuse – à un cinquième mandat en août 2020.

Plus de deux ans de prison pour avoir manifesté

Selon l’ONG de défense des droits humains Viana, 10 étudiants et un professeur jugés depuis mai pour avoir participé à des événements violant gravement l’ordre public dans leurs universités de Minsk ont été condamnés à deux ans et demi de prison, un onzième étudiant écopant de deux ans.

Expulsés de leurs universités respectives, tous ont été qualifiés de prisonniers politiques par Viana.

L’accusation a soutenu que les protestations dans les universités visaient à une révision des résultats de l’élection présidentielle pour qu’elle ne soit pas reconnue par l’Union européenne et les États-Unis.

Je n’ai pas manifesté contre les autorités mais contre la violence. Nous sommes la future génération de la tolérance et de la liberté, nous sommes l’avenir de ce pays​, a affirmé dans sa dernière déclaration une des condamnées, Anastassia Boulibenko, citée par une chaîne Telegram de soutien aux étudiants.

Ces huit mois de prison n’ont pas pu me faire changer d’avis, mon dernier mot sera liberté​, a déclaré une autre, Iana Orobeïko.

Les étudiants ont souvent été à l’avant-garde des manifestations de 2020. Amnesty International a indiqué dans un rapport que plusieurs centaines d’entre eux ont été arrêtées et condamnés à des amendes, et plus de 150 expulsés de leurs établissements.

Perquisitions en série contre les médias indépendants

Le média Radio Svoboda a de son côté affirmé vendredi sur Telegram que des policiers étaient au domicile de son directeur, Valentin Jdanko, et que deux de ses reporters avaient été interpellés après une fouille.

Filiale de l’organisation Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL) financée par les États-Unis, Radio Svoboda a couvert activement le mouvement de contestation de 2020.

Ces raids et arrestations témoignent du désespoir despotique du régime de Loukachenko, qui s’accroche au pouvoir à tout prix, a indiqué le président de RFE/RL, Jamie Fly, dénonçant la criminalisation du journalisme indépendant et une tentative d’obtenir le contrôle absolu sur ce que les Biélorusses voient et entendent.

Des perquisitions ont aussi été signalées chez au moins huit journalistes du média d’opposition Belsat, les domiciles des parents de deux autres reporters ayant été perquisitionnés à Brest (ouest). D’autres ont visé la fondation allemande Friedrich-Ebert et les domiciles de certains militants.

Un par un, le régime détruit chaque média qui ose dire la vérité sur ce qui se passe en Biélorussie​, a réagi la figure de l’opposition Svetlana Tikhanovskaïa, qui se rendra aux États-Unis à partir de dimanche.

Les ONG de défense des droits humains aussi inquiétées

L’un des responsables du Comité d’enquête, Vladimir Chichko, a pour sa part assuré à la télévision que les ONG et médias visés sont accusés d'évasion fiscale, d’avoir reçu des moyens financiers importants de l’étranger et d’avoir financé des actions de protestation.

La semaine dernière, les autorités avaient bloqué l’accès à Nacha Niva, un des principaux médias d’opposition, et effectué des perquisitions chez des médias indépendants et régionaux.

Mercredi et jeudi, elles ont perquisitionné une quinzaine d’organisations, dont les principaux groupes de défense des droits humains basés dans le pays. 10 employés de ces structures sont désormais détenus, dont le directeur de l’ONG Viana.

La Haute Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a dénoncé une répression inacceptable. L’Union européenne s’est insurgée contre une nouvelle vague de pressions visant à faire taire toutes les voix dissidentes restantes.

Alexandre Loukachenko avait appelé mardi à traduire en justice les sales ONG cultivant, selon lui, la terreur, lors d’une rencontre en Russie avec son principal allié, le président russe Vladimir Poutine.

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