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Bordeaux : cinq interpellations après la fusillade aux Aubiers

logo de Le Point Le Point 04/01/2021 Aziz Zemouri
aubiers, fusillade © Fournis par Le Point aubiers, fusillade

Après la fusillade à l'arme automatique survenue dans la soirée du samedi 2 janvier, cité des Aubiers à Bordeaux (Gironde), la police a interpellé cinq individus dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet de Bordeaux pour assassinat. Ces faits ont causé la mort du jeune Lionel, un lycéen qui avait eu 16 ans le 30 décembre, et blessé quatre personnes, dont trois adolescents.

Pour faire progresser l'enquête, la procureure de la République de Bordeaux, Frédérique Porterie, a lancé un appel « à briser la loi du silence ». Le maire de Bordeaux, l'écologiste Pierre Hurmic, a décrit « une escalade dans ce qu'on peut appeler un banditisme assez organisé et qui ressemble fort à des rixes interquartiers, avec une escalade autour de trafics d'armes lourdes et automatiques, et c'est un cap qui a été franchi. »

Pour le moment, les enquêteurs évoquent une expédition punitive liée à des bagarres précédentes entre quartiers, notamment la cité de « Chantecrit ». Le 25 décembre, en plein après-midi, des coups de feu avaient été tirés en direction d'un groupe de jeunes, faisant un blessé dans cet autre quartier populaire de Bordeaux ; avec d'ailleurs le même mode opératoire que lors de la fusillade de samedi soir aux Aubiers. Les jeunes, âgés de 18 à 21 ans, ont été placés en garde à vue entre dimanche soir 22 heures et lundi matin 6 heures, a précisé un communiqué du parquet et ont été mis en examen pour pour meurtre et tentatives de meurtre en bande organisée.

« Des secours tardifs »

Les témoins ont décrit des tirs par un homme armé sortant d'un véhicule en tirant sur un groupe de jeunes. Les victimes sont des ados de 16, 15 et 13 ans, dont le jeune garçon décédé, qui formaient un groupe d'amis du quartier. Ils vendaient des boissons sur un stand improvisé lorsque le tireur a surgi. Ils sont tous scolarisés. Un adulte d'une trentaine d'années a également essuyé un coup de feu et a été blessé au mollet. Selon leurs proches, joints par Le Point hier soir et ce matin, le pronostic vital des blessés n'est plus engagé.

Des familles comme des témoins mettent en cause les retards pris, selon eux, dans la prise en charge des victimes, notamment par les pompiers et police secours. Un témoin qui a recueilli deux blessés par balle dans son appartement affirme s'être entendu répondre : « Vous encombrez la ligne. » « J'étais en panique. On essayait de maintenir ces enfants éveillés. J'ai appelé à plusieurs reprises, constatant que les secours n'arrivaient pas. » La mère d'une victime a confié au Point sa volonté de déposer une plainte pour faire la lumière sur les retards constatés. « Le fait qu'ils aient été caillassés le 31 décembre n'est pas une raison suffisante. On est 5 000 à vivre aux Aubiers. On n'est pas tous responsables des agissements de quelques-uns ! On est délaissés par tout le monde, les pompiers, la police et la mairie ! »

Lundi 4 janvier en fin d'après-midi, près de 200 personnes, selon la police, se sont rassemblées aux Aubiers. 

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