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Ce que va changer le label "vert" pour le gaz et le nucléaire en Europe

logo de L'Express L'Express 06/07/2022 lexpress.fr

Les députés européens ont approuvé ce mercredi ce label "vert" accordé par la Commission européenne. Ces deux sources d'énergie sont ainsi reconnues comme nécessaires pour lutter contre le changement climatique.

Les députés européens ont approuvé le 6 juillet 2022 le label © afp.com/JEAN-PHILIPPE KSIAZEK Les députés européens ont approuvé le 6 juillet 2022 le label

C'est un texte controversé, présenté en janvier par la Commission européenne. Il classifie comme "durables" certains investissements pour la production d'électricité dans des centrales nucléaires - qui n'émettent pas de CO2 - ou des centrales au gaz, à condition qu'elles mobilisent les technologies les plus avancées. Et, pour ces dernières, qu'elles permettent de fermer des centrales à charbon bien plus polluantes.

Les députés européens ont approuvé ce mercredi 6 juillet le label "vert" accordé par la Commission européenne au gaz et au nucléaire. Réunis en session plénière à Strasbourg, les eurodéputés ont rejeté une proposition de veto contre ce projet, à une majorité de 328 voix. L'objection a recueilli seulement 278 voix. Le feu vert des Etats membres étant déjà acquis, les opposants ont annoncé qu'ils lanceraient une procédure en justice, seul moyen désormais disponible pour bloquer l'initiative.

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"Je vous demande de ne pas rejeter ce fragile compromis négocié avec précaution", avait demandé ce mercredi matin le Premier ministre tchèque Petr Fiala, dont le pays vient de reprendre à la France la présidence tournante de l'UE. "L'énergie nucléaire et le gaz provenant de pays sûrs seront les seuls moyens pour certains Etats membres d'atteindre nos objectifs climatiques communs dans les années à venir", a-t-il plaidé.

Militants pro et anti-nucléaire manifestent face-à-face

Cette classification, dite taxonomie, doit aider à mobiliser des fonds privés dans ces projets. Elle s'inscrit dans l'objectif de neutralité carbone de l'UE en 2050. La taxonomie est une classification des activités économiques durables, à destination de la finance privée. L'idée étant, comme le précise Bruxelles, de créer un "langage commun que les investisseurs pourront utiliser partout lorsqu'ils investissent dans des projets et des activités économiques qui ont un impact positif important sur le climat et l'environnement."


Vidéo: Le Parlement européen ne s’oppose pas au label "vert" pour le nucléaire et le gaz (Dailymotion)

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En labellisant les secteurs "verts" et donc, en creux, ceux qui ne le sont pas, cette taxonomie aura également un impact énorme sur l'orientation des capitaux privés et publics. L'inclusion du nucléaire et du gaz permettra par ailleurs aux deux énergies de bénéficier des initiatives publiques européennes, comme les plans de relance.

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La reconnaissance de la contribution du gaz et du nucléaire à la lutte contre le changement climatique, en s'appuyant sur la base de rapports d'experts, a suscité la colère d'organisations écologistes qui dénoncent une opération de "greenwashing". Le label "vert" était jusqu'ici réservé aux énergies renouvelables.

Après de premières manifestations d'organisations de défense de l'environnement mardi, quelques dizaines de militants pro et anti-nucléaire ont manifesté face-à-face ce mercredi matin pour interpeller les députés européens à leur arrivée au Parlement européen. Dans l'hémicycle, les anti-gaz avaient également donné de la voix lors d'un débat mardi 5 juillet. "Comment pouvons-nous demander aux autres pays de réduire leur utilisation des énergies fossiles si nous les classifions comme vertes ?", avait lancé le Néerlandais Bas Eickhout (Verts).

Les eurodéputés se prononçaient sur une proposition d'objection, adoptée le 14 juin par les commissions parlementaires Affaires économiques et Environnement, synonyme de veto contre le texte de l'exécutif européen. Une majorité absolue de 353 voix était requise pour bloquer le texte de la Commission. "Personne ne dit que le gaz et le nucléaire sont des énergies vertes, mais elles sont temporairement indispensables à la transition. Nous devons utiliser tous les outils pour nous passer en priorité du pétrole et du charbon", avait plaidé l'eurodéputé français Gilles Boyer (Renew).

Un label "vert" qui a déjà reçu l'aval des Etats membres

Dès janvier, l'ONG Greenpeace avait de son côté dénoncé la trajectoire que prenait la taxonomie. "Cette version de la taxonomie est un permis de greenwasher. Les entreprises polluantes seront ravies d'avoir le sceau d'approbation de l'UE pour attirer des investissements afin de continuer à détruire la planète en brûlant du gaz fossile et en produisant des déchets radioactifs", estimait l'organisation.

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La taxonomie de l'UE "donne la priorité aux renouvelables et à l'efficacité énergétique", a rappelé la commissaire aux Services financiers Mairead McGuinness, venue défendre son texte à Strasbourg. Mais l'exécutif européen estime que les énergies renouvelables ne pourront pas à elles seules répondre à la demande croissante d'électricité en raison de leur production intermittente. D'où le besoin, au moins à titre transitoire, de favoriser aussi l'investissement dans des moyens stables et pilotables comme le gaz et le nucléaire.

Le label "vert" à ces deux sources d'énergie a déjà reçu l'aval des Etats membres. Seuls huit pays, dont l'Allemagne, l'Autriche et le Luxembourg, ont exprimé leur opposition, lors de consultations menées par la présidence française du Conseil de l'UE, loin de la "super-majorité" de vingt pays nécessaire pour bloquer le projet. La France, qui veut relancer sa filière nucléaire, et des pays d'Europe centrale comme la Pologne, qui doivent remplacer leurs centrales à charbon, sont derrière la Commission.

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