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CentraleSupélec: des violences sexistes et sexuelles en baisse en 2022

logo de Challenges Challenges 05/10/2022 AEF info
Locaux de CentraleSupelec, école d'ingénieur faisant partie de l'université Paris-Saclay, 16e au classement de Shanghai 2022. © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP Locaux de CentraleSupelec, école d'ingénieur faisant partie de l'université Paris-Saclay, 16e au classement de Shanghai 2022.

Sept viols, 76 "contacts physiques ou agressions", 42 harcèlements sexuels, 136 propos sexistes... Les résultats de la deuxième enquête sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) de CentraleSupélec montrent une "baisse sensible du nombre de VSS". Malgré cette évolution encourageante, CentraleSupélec rappelle son objectif de "zéro VSS".

La première enquête sur sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) à CentraleSupélec avait eu l'effet d'une bombe. La seconde était attendue avec impatience. Une synthèse des résultats publiée le 26 septembre 2022, montre "une baisse significative, encourageante pour poursuivre les efforts entrepris", fait valoir l’établissement dans un communiqué, en comparaison à la première enquête réalisée à la rentrée 2021.

Réalisée en juillet, cette deuxième enquête fait état de 83 cas de viols ou d’agressions sexuelles, contre 176 en 2020-2021. Sept étudiantes déclarent avoir été victimes d’au moins un viol, soit 13 de moins qu’en 2021, et aucun homme n’affirme avoir subi un viol, contre 8 l’année précédente. Hommes et femmes compris, l’enquête relate 76 "contacts physiques et agressions" (contre 148 en 2021), 42 cas de harcèlement sexuel (contre 74) et 136 propos sexistes (contre 135). Dans cet établissement peu féminisé – 974 femmes sur 4.400 étudiants - les victimes sont très majoritairement des femmes.

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Cette année, une nouvelle catégorie de réponses a été ajoutée, permettant aux étudiants de signaler les cas où ils ne sont "pas sûrs" d’avoir été victimes de viol, d’agression sexuelle, de harcèlement etc. Sans que l’on puisse comparer ces données à l’enquête précédente dépourvue de ce type de réponses, on apprend que trois étudiantes et deux étudiants ne sont "pas sûrs" d’avoir été victimes de viol, en 2021-2022. En ce qui concerne le harcèlement sexuel, les femmes sont 13 et les hommes sont 5 à ne pas être certains d’en avoir fait l’objet.

Les auteurs sont majoritairement des élèves

Pour l’ensemble des actes mentionnées dans l’étude, les auteurs sont majoritairement des élèves. Sur les 12 cas de viols ou de soupçons de viol signalés, 11 auraient été commis par un élève de l’école, et un par une personne extérieure. Dans trois cas, ils ont eu lieu dans le cadre associatif ou d’une soirée "officielle", dans deux cas dans une résidence étudiante ou lors d’une soirée "privée". De plus, sur les 136 étudiants relatant des propos sexistes, 28 indiquent que l’auteur est un enseignant ou enseignant-chercheur. Un cas de harcèlement sexuel par un enseignant est également recensé.

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L’enquête 2022 diffère sur plusieurs points de la précédente. Le nombre de répondants est notamment passé de 659 en 2021 à 1.587, soit une augmentation d’environ 140%. CentraleSupélec y voit "une appropriation en net progrès de ce sujet par la communauté étudiante". Par ailleurs, cette hausse rend difficile la comparaison des violences sexistes et sexuelles d’une année sur l’autre. Comme pour l’édition précédente, c’est l’association "Çapèse" qui a réalisé l’enquête mais il a été fait appel, cette fois-ci à un "collège d’experts extérieurs" afin de "valider la méthodologie et les questions, et veiller à l’absence de biais".

L’établissement remarque une "baisse sensible du nombre de VSS" et souligne "une chute des signalements d’actes répétés", ce qui d’après lui "pourrait traduire la fin du sentiment d’impunité de leurs auteurs". "Si ces indicateurs sont positifs, la direction a cependant tenu à rappeler que l’objectif restait 'zéro VSS' et que les efforts devaient être poursuivis et intensifiés", réagit l’école. Elle ajoute que "les propos sexistes restent le creuset de l’escalade vers les VSS les plus graves, et doivent absolument être bannis". Rendez-vous est déjà pris l'an prochain.

Alice Bouviala (en partenariat avec AEF info)

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