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Chloroquine: comment la droite s'empare de la polémique autour du professeur Raoult

logo de BFMTV BFMTV 25/03/2020 Jules Pecnard

Ardemment défendu par la droite marseillaise, l'infectiologue de renommée mondiale a symboliquement acté sa prise de distance avec l'exécutif en se mettant en retrait du conseil scientifique chargé d'épauler ce dernier.

Le professeur Didier Raoult. © AFP Le professeur Didier Raoult.

Il a de nouveau défendu la cause de celui qu'il considère comme un confrère. Mardi, le président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, médecin de profession, a publié une série de messages sur Twitter louant le travail de Didier Raoult. L'infectiologue iconoclaste de l'IHU de Marseille, qui teste actuellement les effets de la chloroquine sur des patients atteints de Covid-19, fait désormais l'objet d'un bras de fer politique. 

"Le professeur Raoult a écrit plus de 350 articles internationaux et déposé 50 brevets scientifiques. Notre pays a de la chance d'avoir un chercheur de son calibre, de dimension mondiale - il est Nobelisable !", a tweeté l'ancien premier adjoint à la mairie de Marseille.

Plusieurs élus Les Républicains ont d'ores et déjà choisi leur camp, sûrs de leur fait, en particulier dans la Région Paca. La candidate officielle de la droite aux élections municipales à Marseille, Martine Vassal, elle-même positive au coronavirus, a pris la défense de Didier Raoult sur notre antenne. "Nous n'avons pas affaire à un charlatan mais un homme de science", a-t-elle plaidé.

Estrosi le défend "politiquement"

Même si le professeur Raoult faisait partie du Comité scientifique mis en place par Emmanuel Macron, beaucoup en profitent pour tacler au passage le gouvernement, accusé de ne pas assez s'appuyer sur les recherches de l'infectiologue pour tenter de freiner plus efficacement la progression de la pandémie. Et en n'hésitant pas à brandir les grands mots. Sur Public Sénat dimanche, le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau arguait que le traitement à base de chloroquine pourrait "sauver des vies". 

Si le spécialiste des maladies infectieuses a conduit à Marseille une première étude, elle portait sur un échantillon de 24 patients seulement, ce qui conduit certains scientifiques à appeler à la prudence, notamment en raison de possibles effets secondaires - un essai clinique plus large est en cours. Pour autant l'élu vendéen a plaidé pour "qu'on n'attende pas ce que les milieux académiques peuvent attendre, c'est-à-dire des règles standards, académiques, de la recherche de risques".

"Peut-être faut-il simplement le prescrire en milieu hospitalier (...) De toutes façons qu'est-ce qu'on risque? Les gens meurent", a-t-il également insisté sur France Inter.

Le maire de Nice Christian Estrosi, qui lui aussi a contracté la maladie, est allé jusqu'à déclarer se sentir "guéri" après avoir suivi le traitement. L'édile LR a enjambé le gouvernement en cherchant à doter le CHU de sa ville de chloroquine pour qu'il applique le protocole de Didier Raoult. 

"Il ne serait pas acceptable que la population de Nice ne puisse bénéficier de ce traitement. Je défends politiquement que l'on fasse confiance au professeur Raoult", a-t-il déclaré dans une interview accordée au Point

"Je ne comprends pas la position du gouvernement"

Elle-même soignée avec de la chloroquine, la députée LR des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a émis le même son de cloche, soulevant "le privilège qui est le nôtre d'avoir des grands médecins et des grands chercheurs comme Didier Raoult". Et l'élue de reprendre quasiment mot-à-mot le phrasé de Martine Vassal sur les "charlatans" et les "hommes de science".

Son collègue du Vaucluse Julien Aubert s'est ému à plusieurs reprises des choix de l'exécutif en la matière. Lorsque le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran, prudent sur ce sujet, a repoussé mardi l'idée d'utiliser l'hydroxychloroquine pour soigner les malades atteints par le coronavirus, sauf pour les patients souffrant de "formes graves" du Covid-19, le député LR a vite réagi. 

"Je ne comprends pas la position du gouvernement. Soit la (chloroquine) est dangereuse, et l’autoriser comme le propose (Olivier Véran) pour les stades les plus graves interroge, soit elle ne l’est pas et ce docteur a raison", a-t-il écrit sur Twitter.

L'élu gaulliste fait partie des six parlementaires à avoir signé un courrier envoyé à l'Elysée, dans lequel il est demandé "un déploiement rapide" du traitement dans les régions "sous tension". Julien Aubert a par ailleurs souligné le "désaveu" que revêt d'après lui le choix de Didier Raoult de se mettre en retrait du Conseil scientifique qui épaule Emmanuel Macron. Quand bien même le professeur de l'IHU de Marseille n'assistait plus aux réunions du Conseil pour éviter d'être "juge et partie", comme l'a indiqué L'Opinion

La gauche plus prudente?

Pour éviter d'être happé par la polémique, véritable symptôme français, le chef de l'État entend rester à l'écoute du clivant homme de médecine. "Nous avons besoin de tous les experts autour de la table", affirme un proche d'Emmanuel Macron à L'Opinion

À gauche, les avis se font plus mesurés sur le sujet de Didier Raoult et de son protocole. Interrogé sur France 2, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a estimé que c'était à tout un chacun de décider. 

"Comme les experts ne sont pas capables d'être d'accord entre eux, qu'on dise aux gens: 'Évaluez vous-mêmes si oui ou non, vous voulez prendre ce médicament. C'est votre responsabilité.' Et alors vous verrez que les gens se renseigneront, feront ce qu'il faut et prendront des décisions dont on peut espérer que ce soient les meilleures", a lancé le député des Bouches-du-Rhône mardi. 

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